Gérald Darmanin : « Il faut adapter notre organisation aux formes de crises globales et durables »
Auditionné par la commission d’enquête du Sénat chargée de l’évaluation des politiques publiques face aux pandémies, le ministre de l’Intérieur est revenu sur le rôle « pivot » de son ministère, et a également été questionné sur des sujets plus polémiques par les membres de la Haute chambre.

Gérald Darmanin : « Il faut adapter notre organisation aux formes de crises globales et durables »

Auditionné par la commission d’enquête du Sénat chargée de l’évaluation des politiques publiques face aux pandémies, le ministre de l’Intérieur est revenu sur le rôle « pivot » de son ministère, et a également été questionné sur des sujets plus polémiques par les membres de la Haute chambre.
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Les échanges ont été vifs, ce jeudi, dans la salle Médicis du Sénat. Auditionné par la commission d’enquête chargée de l’évaluation des politiques publiques face aux pandémies, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a été questionné, parfois vivement, par les sénateurs, sur les différents rôles du ministère de l’Intérieur dans la gestion de crise. L’échange a débuté de façon singulière, avec Gérald Darmanin, s’apprêtant à prendre la parole, sans masque, pour ses propos liminaires, rappelé à l’ordre par René-Paul Savary, qui présidait la commission. Reprenant la parole, le locataire de la place Beauvau est revenu sur le rôle de « pivot » qu’avait eu le ministère de l’Intérieur pendant la crise sanitaire.

« Au niveau opérationnel, les forces de l’ordre ont en charge le contrôle des normes sanitaires, notamment sur le port du masque, avec plus de 45 000 verbalisations depuis mai », a détaillé le ministre. Et, pour Gérald Darmanin, la survenance de l’épidémie de Covid-19, et « la multiplication des crises dans notre société » doit donner lieu à une réflexion « sur les moyens de renforcer notre organisation, et de l’adapter aux formes de crises globales et durables. » Répondant à une question du rapporteur Bernard Jomier, le ministre de l’Intérieur est revenu sur l’articulation des rôles entre les maires et les préfets, sur l’échange d’informations au début de la crise. « Le nouveau couple maire-préfet a été extrêmement efficace pour l’échange d’informations au début de la crise, au moment du confinement puis du déconfinement, avec les services municipaux que géraient les maires, en lien avec les préfets de département », analyse-t-il.

« Juger avec les yeux d’aujourd’hui ce qui est arrivé il y a quelques mois n’est pas la meilleure des choses »

 

« La réponse du gouvernement à la crise doit être plus unifiée », intervient le sénateur Roger Karoutchi, rebondissant sur le rôle des préfets dans la gestion de crise et la décentralisation des décisions. « Il faut qu’il y ait une unité politique, et surtout une unité de la parole publique sur la gestion de la crise, qui manque cruellement ». « Je m’étonne que le Sénat souhaite que l’Etat soit encore plus jacobin », s’amuse Gérald Darmanin. « La circulation du virus n’est pas identique sur tout le territoire, et les Français ne comprendraient justement pas que ces différences ne soient pas appréciées par le terrain. C’est une crise qui dure depuis 9 mois, sans équivalent, sauf guerre. Elle est inédite, mondiale, et c’est un virus que nous ne connaissions pas. Juger avec les yeux d’aujourd’hui ce qui est arrivé il y a quelques mois n’est pas la meilleure des choses pour pouvoir comprendre l’action de l’Etat et des responsables qui ont essayé de le servir », tacle le ministre de l’Intérieur.

 

Revenant sur la polémique de l’interdiction de distribution de repas aux migrants dans le centre-ville de Calais, la sénatrice socialiste Marie-Pierre de la Gontrie interpelle Gérald Darmanin. « Comment concevez-vous de concilier votre rôle de défenseur du respect de l’ordre public, et celui de défenseur des droits humains ? », interroge la sénatrice.  « L’arrêté est circonscrit dans le temps et sur un endroit spécifique afin qu’il n’y ait pas d’utilisation générale abusive et il nous parait pondéré, mesuré, répondant non pas à une question politique mais bien parce que nous sommes dans une période particulière » ou 1500 migrants sont présents dans Calais et ses environs. Vous évoquez les droits humains, j’y suis évidemment comme tous les humanistes et comme tous les républicains extrêmement sensible, je m’intéresse évidemment aux droits humains des migrants que nous accompagnons (…) et ces droits humains sont aussi ceux de la population calaisienne qui vit des situations délicates ou l’accumulation du nombre de migrants (…) fait que les choses n’étaient plus possibles pour les riverains de Calais », conclut le ministre de l’Intérieur, précisant que des distributions de repas avaient toujours lieu en dehors du centre-ville. Et d’ajouter : « Je me ferais plaisir de passer une passer une soirée, une nuit, une journée avec madame la sénatrice à Calais, à la rencontre des habitants… ». Une déclaration peu appréciée par Marie-Pierre de la Gontrie qui a réagi, sur Twitter, en postant l’extrait : « Voilà comment le ministre Darmanin répond à une parlementaire ..femme ...en pleine commission d’enquête ...avec un petit sourire satisfait ».

 

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