Hollande alerte sur les politiques fiscales juste avant l’examen du budget Macron
François Hollande a mis en garde lundi, depuis Séoul, contre "une fiscalité allégée pour les riches et alourdie pour les plus...

Hollande alerte sur les politiques fiscales juste avant l’examen du budget Macron

François Hollande a mis en garde lundi, depuis Séoul, contre "une fiscalité allégée pour les riches et alourdie pour les plus...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

François Hollande a mis en garde lundi, depuis Séoul, contre "une fiscalité allégée pour les riches et alourdie pour les plus modestes ou les classes moyennes", alors que l'examen du premier budget du quinquennat Macron, qui comprend notamment une réforme de l'ISF, débute mardi à l'Assemblée.

"Si dans un pays l'idée s'installe qu'il y a une fiscalité allégée pour les riches et alourdie pour les plus modestes ou les classes moyennes, alors c'est la capacité qu'il a à se mobiliser pour son avenir qui se trouve mise en cause", a déclaré l'ancien président en réponse à une question, après son discours lors du "World Knowledge Forum", selon des propos transmis par son entourage.

"La politique fiscale doit favoriser l'investissement, pas la rente. Je ne suis pas contre la réussite, mais elle ne doit pas être celle de ceux qui s'enrichissent en dormant. Ceux qui travaillent doivent avoir le bénéfice de leurs efforts et je ne vois pas pourquoi il faudrait consentir des largesses aux contribuables qui savent placer très opportunément leur argent", a également déclaré M. Hollande.

Une phrase qui fait écho à la citation de François Mitterrand déclarant en 1990: "Aujourd'hui, on peut s'enrichir en dormant, il suffit d'être propriétaire de bonnes valeurs mobilières ou propriétaire de bons terrains, ou de bons locaux et il suffit de regarder le temps passer".

Dimanche sur TF1, Emmanuel Macron a défendu son projet de supprimer la part non immobilière de l'ISF, fustigeant la "jalousie" française envers les riches et critiquant sans le nommer son "prédécesseur", François Hollande.

"Quand il s'est agi pour la France, à un moment particulièrement difficile avec la crise des subprimes, des déficits qui s'étaient alourdis, de réduire les déficits, j'ai fait appel à la fiscalité. Mais quand il y a eu le retour à la croissance, j'ai fait baisser les impôts des catégories moyennes, qui sont les plus importantes, et j'ai maintenu une fiscalité relativement élevée pour les grandes fortunes", a également déclaré M. Hollande.

"Je pense que c'est un facteur qui permet de faire le consensus et d'éviter qu'il y ait une contestation du modèle même que nous voulons promouvoir, celui d'une économie ouverte. J'insiste beaucoup sur le fait que si le chantage est de partir de son pays pour les plus riches, quel exemple donné à la jeunesse, quel exemple donné aux classes laborieuses! Il y a une nécessité de prendre sa part à l'effort national, c'est pourquoi je dissuade bien sûr d'avoir des prélèvements confiscatoires, mais je pense qu'il est utile d'avoir une fiscalité juste dans un pays", a-t-il développé.

La mondialisation, a relevé l'ancien président français, "a incontestablement augmenté les inégalités à mesure que la croissance elle même progressait. Nous avons donc une croissance qui est inégalitaire avec une concentration de la richesse sur un nombre limité de personnes. Il faut donc avoir une politique de redistribution par la fiscalité".

"Le dilemme, c'est que chaque fois qu'on peut taxer la richesse, elle peut maintenant se délocaliser. Il faut prendre en compte ces risques et en même temps ne pas renoncer à réduire les inégalités parce que la fiscalité est un facteur de cohésion nationale et sociale".

Partager cet article

Dans la même thématique

Hollande alerte sur les politiques fiscales juste avant l’examen du budget Macron
7min

Politique

Présidentielle 2027 : pourquoi l’élection française inquiète déjà les Européens

À huit mois de la présidentielle française, Bruxelles scrute déjà avec inquiétude les propositions des principaux candidats. Budget européen, primauté du droit de l’UE, dette, soutien à l’Ukraine... l’éventualité d’une victoire du RN ou de Jean-Luc Mélenchon alimente les craintes. Au point de transformer la France en maillon faible de l'UE ? Ici l'Europe ouvre le débat, avec les eurodéputés Daniel Freund (Allemagne, Les Verts), Charles Goerens (Luxembourg, Renew Europe) et Andras Laszlo (Hongrie, Patriotes pour l’Europe).

Le

Paris : Francois Bayrou recoit l l UDI
7min

Politique

« Pas à la hauteur » : le coup de gueule d’Hervé Marseille, après le soutien de Bruno Retailleau à Valérie Boyer pour les sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône

Ça chauffe dans les Bouches-du-Rhône, où le soutien du président de LR, Bruno Retailleau, à la liste de la sénatrice LR Valérie Boyer, reste au travers de la gorge de son homologue de l’UDI, le sénateur Hervé Marseille. Car les LR ont apporté leur investiture à une autre liste, celle de la sénatrice UDI Brigitte Devésa et de Renaud Muselier, membre de Renaissance. Gérard Larcher devrait se rendre sur place la semaine prochaine pour soutenir cette liste. Un imbroglio qui divise un peu plus la droite sur place. Explications.

Le

NANTES:Franco-German summit in Nantes
8min

Politique

« Une épouvantable tragédie » : le tandem Chirac-Jospin face au 11 septembre 2001

Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.

Le