Macron et les « fainéants »: provocation ou mépris, la presse s’interroge
Goût pour la transgression ou "mépris de classe": la sortie d'Emmanuel Macron contre les "fainéants" qui s'opposent à sa...

Macron et les « fainéants »: provocation ou mépris, la presse s’interroge

Goût pour la transgression ou "mépris de classe": la sortie d'Emmanuel Macron contre les "fainéants" qui s'opposent à sa...
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Goût pour la transgression ou "mépris de classe": la sortie d'Emmanuel Macron contre les "fainéants" qui s'opposent à sa politique fait réagir les commentateurs dans la presse de lundi.

Vendredi à Athènes, quelques jours avant la journée d'action prévue mardi contre les ordonnances réformant le code du travail, le chef de l'Etat a affirmé qu'il "serait d'une détermination absolue et ne céderait rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes".

Le genre de petite phrase à même de mobiliser les opposants à la loi travail, s'accordent à penser nombre d'éditorialistes lundi.

Adversaires numéro un des ordonnances, "(Jean-Luc) Mélenchon et (Philippe) Martinez y ont immédiatement vu la signature d’un président +arrogant+ et loin de son peuple. A défaut d’argument de fond, voilà l’argument de forme qu’ils attendaient : que les +fainéants+ descendent dans la rue, ont-ils lancé !", note Cécile Cornudet dans le quotidien économique Les Echos.

"Dans un pays qui sort tout juste d’une campagne électorale clivante et brutale, on ne gouverne pas en injuriant une partie de la population", commente Alexandra Schwartzbrod dans Libération.

"Emmanuel Macron a été élu parce qu’il incarnait l’espoir d’une autre façon de faire de la politique, moins excluante. Et voilà qu’il se comporte comme un maître d’école sous la IIIe République, distribuant coups de règle et coups de trique à chaque cours magistral", enchaîne l'éditorialiste de Libé.

Dans L'Humanité, Jean-Emmanuel Ducoin dénonce "l’insulte facile".

"Nous savons désormais qu’Emmanuel Macron, usant et abusant d’un tel degré d’implication verbale pour exprimer sa haine du bas-peuple et des Français qui ne pensent pas comme lui, dirige les affaires de l’État avec toutes les formes inspirées par le mépris. À commencer par le principal, le pire, celui qui détermine le sens de son action : le mépris de classe", assène l'éditorialiste du journal communiste.

- Nervosité -

"Une erreur en début de mandat se paye cash pendant cinq ans", met en garde Monique Raux dans L'Est républicain, estimant qu'avec sa déclaration, "Emmanuel Macron a électrisé tous ceux qui réprouvent sa politique et coalisé les mécontents".

Dans La Nouvelle République du Centre Ouest, Olivier Pirot se demande d'ailleurs "s’il n’y a pas une part de provocation volontaire".

"Le président aurait voulu mettre du monde dans la rue qu’il ne s’y serait pas pris autrement", confirme Bruno Dive de Sud-Ouest. "Mais il paraît qu’il visait en fait ses prédécesseurs – ce qui ne rend pas le propos plus élégant."

Pour Dominique Garraud (La Charente libre), "cet épisode inutile des +fainéants+ pourrait passer par pertes et profits de la jeune présidence Macron s’il ne s’inscrivait déjà dans une série de formules choc sur la +France irréformable+, reflétant un autoritarisme teinté d’un mépris et d’une brutalité à l’exact opposé de l’étendard de la +bienveillance+ brandi tout le long de la campagne électorale".

"Ce n’est pas en manifestant sa nervosité que le chef de l’État remontera dans les sondages. Ni, surtout, qu’il rassemblera les Français", conclut Christine Clerc dans Le Télégramme.

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