Macron et les « fainéants »: provocation ou mépris, la presse s’interroge
Goût pour la transgression ou "mépris de classe": la sortie d'Emmanuel Macron contre les "fainéants" qui s'opposent à sa...

Macron et les « fainéants »: provocation ou mépris, la presse s’interroge

Goût pour la transgression ou "mépris de classe": la sortie d'Emmanuel Macron contre les "fainéants" qui s'opposent à sa...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Goût pour la transgression ou "mépris de classe": la sortie d'Emmanuel Macron contre les "fainéants" qui s'opposent à sa politique fait réagir les commentateurs dans la presse de lundi.

Vendredi à Athènes, quelques jours avant la journée d'action prévue mardi contre les ordonnances réformant le code du travail, le chef de l'Etat a affirmé qu'il "serait d'une détermination absolue et ne céderait rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes".

Le genre de petite phrase à même de mobiliser les opposants à la loi travail, s'accordent à penser nombre d'éditorialistes lundi.

Adversaires numéro un des ordonnances, "(Jean-Luc) Mélenchon et (Philippe) Martinez y ont immédiatement vu la signature d’un président +arrogant+ et loin de son peuple. A défaut d’argument de fond, voilà l’argument de forme qu’ils attendaient : que les +fainéants+ descendent dans la rue, ont-ils lancé !", note Cécile Cornudet dans le quotidien économique Les Echos.

"Dans un pays qui sort tout juste d’une campagne électorale clivante et brutale, on ne gouverne pas en injuriant une partie de la population", commente Alexandra Schwartzbrod dans Libération.

"Emmanuel Macron a été élu parce qu’il incarnait l’espoir d’une autre façon de faire de la politique, moins excluante. Et voilà qu’il se comporte comme un maître d’école sous la IIIe République, distribuant coups de règle et coups de trique à chaque cours magistral", enchaîne l'éditorialiste de Libé.

Dans L'Humanité, Jean-Emmanuel Ducoin dénonce "l’insulte facile".

"Nous savons désormais qu’Emmanuel Macron, usant et abusant d’un tel degré d’implication verbale pour exprimer sa haine du bas-peuple et des Français qui ne pensent pas comme lui, dirige les affaires de l’État avec toutes les formes inspirées par le mépris. À commencer par le principal, le pire, celui qui détermine le sens de son action : le mépris de classe", assène l'éditorialiste du journal communiste.

- Nervosité -

"Une erreur en début de mandat se paye cash pendant cinq ans", met en garde Monique Raux dans L'Est républicain, estimant qu'avec sa déclaration, "Emmanuel Macron a électrisé tous ceux qui réprouvent sa politique et coalisé les mécontents".

Dans La Nouvelle République du Centre Ouest, Olivier Pirot se demande d'ailleurs "s’il n’y a pas une part de provocation volontaire".

"Le président aurait voulu mettre du monde dans la rue qu’il ne s’y serait pas pris autrement", confirme Bruno Dive de Sud-Ouest. "Mais il paraît qu’il visait en fait ses prédécesseurs – ce qui ne rend pas le propos plus élégant."

Pour Dominique Garraud (La Charente libre), "cet épisode inutile des +fainéants+ pourrait passer par pertes et profits de la jeune présidence Macron s’il ne s’inscrivait déjà dans une série de formules choc sur la +France irréformable+, reflétant un autoritarisme teinté d’un mépris et d’une brutalité à l’exact opposé de l’étendard de la +bienveillance+ brandi tout le long de la campagne électorale".

"Ce n’est pas en manifestant sa nervosité que le chef de l’État remontera dans les sondages. Ni, surtout, qu’il rassemblera les Français", conclut Christine Clerc dans Le Télégramme.

Partager cet article

Dans la même thématique

FRA – BOOK – CONSENTEMENT
2min

Politique

Crise chez Grasset : la sénatrice Sylvie Robert (PS) propose de créer une clause de conscience pour les auteurs

Alors que plus de 150 écrivains annoncent quitter la maison d’édition Grasset pour protester contre le renvoi du PDG Olivier Nora, la sénatrice socialiste Sylvie Robert propose une « loi d’urgence » pour « protéger les auteurs ». Le but : permettre aux auteurs d’activer une clause de conscience en cas de changement radical de la ligne éditoriale de leur éditeur.

Le

FRA – ELECTIONS MUNICIPALES – LR RETAILLEAU
10min

Politique

« Il faut qu’il abatte son jeu et rentre sur le terrain » : Bruno Retailleau pourrait être candidat officiel des LR pour 2027 dès dimanche

Les militants LR sont appelés à choisir le mode de désignation de leur candidat ce week-end. Mais entre primaire fermée, primaire semi-ouverte et président du parti propulsé candidat, c’est la troisième option qui tient la corde. De quoi permettre au président des LR de lancer le second étage de la fusée et dévoiler son programme « de rupture ». Un meeting est en préparation avant l’été. Il pourrait se faire au Parc floral de Paris, le 20 juin.

Le

Macron et les « fainéants »: provocation ou mépris, la presse s’interroge
4min

Politique

Loi-cadre sur les transports : « Nous allons donner des moyens supplémentaires pour investir dans les transports », promet le ministre Philippe Tabarot

Alors que le projet de loi-cadre sur les transports est examiné en séance au Sénat, Philippe Tabarot a égrené les grandes lignes de « son » texte, jeudi 16 avril, au micro de Public Sénat. Le ministre des transports veut assurer la pérennité des financements du secteur, notamment via les recettes des péages autoroutiers et un nouveau contrat avec SNCF Réseau.

Le

Marine Le Pen and Jordan Bardella Hold Campaign Rally in Chalons-en-Champagne
6min

Politique

Présidentielle : « Une inclinaison libérale plus prononcée au RN, incarnée par Jordan Bardella, ne sera pas forcément de nature à rebuter son électorat »

Jeudi et vendredi, les cadres du RN se retrouvent dans un lieu secret pour « un séminaire présidentiel ». Le parti, qui est toujours suspendu à la décision de la Cour d’appel sur l’inéligibilité de Marine Le Pen, n’est pas encore tout à fait en ordre de marche. Au fil des mois, Jordan Bardella semble s’éloigner de la ligne souverainiste et étatiste prônée lors des précédentes campagnes présidentielles. Faut-il y voir un antagonisme ou une manière d'accéder à un dernier territoire de conquête électorale ?

Le