Municipales : « L’enjeu pour Emmanuel Macron, c’est les grandes villes »
En cette période d’investitures LREM pour les municipales, Emmanuel Macron s’intéresse de près aux candidatures dans les grandes villes. Rien d’extraordinaire jusque-là pour un président en exercice. Sauf que cette pratique se heurte à sa promesse « de faire de la politique autrement ». Plusieurs voix se font, d’ailleurs, entendre pour critiquer le fonctionnement « trop vertical » du parti.

Municipales : « L’enjeu pour Emmanuel Macron, c’est les grandes villes »

En cette période d’investitures LREM pour les municipales, Emmanuel Macron s’intéresse de près aux candidatures dans les grandes villes. Rien d’extraordinaire jusque-là pour un président en exercice. Sauf que cette pratique se heurte à sa promesse « de faire de la politique autrement ». Plusieurs voix se font, d’ailleurs, entendre pour critiquer le fonctionnement « trop vertical » du parti.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

« À Paris, le choix est ouvert », c’est ce qu’aurait dit ce week-end Emmanuel Macron à Alain Richard, sénateur LREM et coprésident de la commission national d’investiture (CNI), rapporte le Parisien. Depuis quelques semaines, LREM distille au compte-goutte le nom de ses candidats investis dans des petites et moyennes communes selon une procédure bien définie. (La liste complète des investitures pourrait s’étaler jusqu’en décembre).

À l’image des dernières législatives, les candidats à l’investiture doivent se conformer à un certain nombre d’engagements, comme l’obligation de présenter une liste paritaire même dans les communes de moins de 1 000 habitants ou encore se désister pour faire barrage au Rassemblement national, en cas de position défavorable le soir du premier tour. Une fois ces règles de bonne conduite respectée, à la CNI fait un choix, validé par la suite par le bureau exécutif.

Selon Guerini, « en aucun cas » le Président ne décide

Après les déplacements d’Emmanuel Macron à Marseille, à Lyon et en attendant le choix de la CNI pour Paris, cette semaine, où l’ancien ministre Benjamin Griveaux fait figure de favori, difficile de prendre pour argent comptant ces propos du délégué général de la République en Marche, Stanislas Guerini sur Public Sénat, la semaine dernière qui affirmait qu’ « en aucun cas » le Président de la République ne décidait.

« La CNI a agi en toute indépendance mais elle a écouté aussi ce qu’a dit l’Élysée »

Le président du groupe LREM du Sénat, François Patriat opère, de son côté, une distinction entre les communes. « L’enjeu pour Emmanuel Macron, c’est les grandes villes : Paris, Marseille, Lyon, Bordeaux… Si on perd les grandes villes, qu’est-ce qu’on dira ? On dira qu’Emmanuel Macron a perdu les municipales. Le Président est sur le terrain en ce moment pour éviter les guerres fratricides par la suite ». En ce qui concerne Bordeaux où LREM a décidé de donner son investiture à Thomas Cazenave, délégué interministériel à la transformation publique face au maire LR sortant Nicolas Florian, pourtant soutenu par le MoDem, François Patriat indique : « La CNI a agi en toute indépendance mais elle a écouté aussi ce qu’a dit l’Élysée ».

« Je sais qu’in fine, les arbitrages se font toujours au plus haut niveau »

Autre preuve dans son implication dans le prochain scrutin, c’est aux côtés des deux prétendants LREM à présidence de la Métropole lyonnaise, que le chef de l’État a enjoint, ce lundi, le maire de Lyon, Gérard Collomb et le président de la Métropole, David Kimelfeld à « agir ensemble ».

« Le président de la République, je le connais un peu, a une trop bonne connaissance de la carte électorale, pour ne pas donner, à un moment, son avis (…) J’étais dans la commission, qui s’occupait des législatives. Donc, je sais qu’in fine, les arbitrages se font toujours au plus haut niveau » a confié l’ancien ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb.

Chez LREM, le changement c’est maintenant ?

Un Président en exercice qui s’implique dans les municipales, jusque-là rien de nouveau. À la différence qu’Emmanuel Macron a été élu en promettant d’en finir avec l’ancien monde. « Nous sommes un mouvement de citoyens » avait d’ailleurs rappelé Stanislas Guerini, le 17 juin dernier lors de la présentation des premières investitures. Pourtant, en interne, on pointe une trop grande « verticalité » voire le « centralisme démocratique absolu » du mouvement. Dans une interview au Monde, le délégué général d’En Marche promet des changements dans les futurs statuts de LREM, comme la décentralisation des moyens financiers, le renforcement du rôle des comités politiques départementaux, ou encore l’ouverture de nouvelles permanences ». François Patriat confirme que « souvent des marcheurs, qui travaillent beaucoup sur le terrain, se plaignent de n’avoir aucun retour »

« C’est vrai que c’est un peu la pagaille »

« La République en Marche n’a pas encore trouvé son fonctionnement normal. C’est vrai que c’est un peu la pagaille » reconnaît le sénateur LREM, Richard Yung. « Nous avons besoin de nous structurer. Est-ce que ce sera par département ? Par région ? Il nous faut aussi plus de débats d’idées » souligne cet ancien socialiste qui relève que le poids des fédérations locales avait son importance dans la démocratie interne au PS. François Patriat résume : « Il faut que le parti devienne un vrai parti ».

Partager cet article

Dans la même thématique

Blois: Political figure at summer convention campusPS.
9min

Politique

« Elle est capable de tout, de balancer un scud » : la présence de Ségolène Royal dans la primaire PS va-t-elle rebattre les cartes pour Raphaël Glucksmann ?

Candidate à la primaire PS/Place Publique, Ségolène Royal va-t-elle bousculer le scénario où Raphaël Glucksmann serait désigné ? « Il y a deux lignes politiques différentes dans la primaire : celle de l’union de la gauche », défendue par Ségolène Royal, et celle « d’union avec le centre droit » de Raphaël Glucksmann, pointe le directeur de campagne de la candidate, Luc Carvounas. Un point commun avec Olivier Faure, qui pourrait faire sens en cas de second tour face au candidat Place Publique…

Le

Paris : Rassemblement Loi Intégrale et Lyhanna
5min

Politique

Loi intégrale : les 1,5 milliard d’euros annoncés par le gouvernement sont-ils à la hauteur des besoins revendiqués par les associations ?

Dans une tribune publiée mardi 15 septembre dans Le Monde, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé près de 1,5 milliard d’euros pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles en 2027, auxquels s’ajouteraient 2,6 milliards d’euros pour la protection de l’enfance. Des montants que les associations jugent insuffisants pour financer l’ensemble des mesures prévues par la « loi intégrale ».

Le

Paris: Conference de presse Bruno Retailleau pouvoir d achat
4min

Politique

Budget : Bruno Retailleau demande au gouvernement le retour de la réforme des retraites

Sur franceinfo, le candidat LR à la présidentielle, Bruno Retailleau a développé un peu plus la ligne de responsabilité qu'il entend incarner en indiquant que sa famille politique allait demander le retour de la réforme des retraites dans le prochain budget. Une réforme que le gouvernement avait suspendue l'année dernière, dans le cadre d'un compromis avec les socialistes.

Le

Rachida Dati and Carlos Ghosn Face Corruption Trial in Paris
5min

Politique

Ouverture du procès pour corruption de Rachida Dati : retour sur l’affaire

Rachida Dati a-t-elle touché 900 000 euros pour soutenir les intérêts de Renault au Parlement européen ? L'ex-ministre de la Justice comparaît à partir de ce mercredi 16 septembre devant le tribunal correctionnel de Paris dans un retentissant procès pour corruption et trafic d'influence, jugée avec l'ex-PDG de Renault-Nissan CV (RNCV), Carlos Ghosn, absent à son procès aujourd’hui, pour avoir perçu de l'argent du constructeur lorsqu'elle était eurodéputée.

Le