Pompiers et numéros d’urgence : le compromis sur la proposition de loi adopté par le Sénat
Les sénateurs ont adopté mardi le texte établi en commission mixte paritaire, qui a réuni sénateurs et députés, sur la proposition de loi de Fabien Matras. Elle prévoit plusieurs dispositions sur la sécurité civile, le volontariat des sapeurs-pompiers ou encore les sapeurs-pompiers professionnels.

Pompiers et numéros d’urgence : le compromis sur la proposition de loi adopté par le Sénat

Les sénateurs ont adopté mardi le texte établi en commission mixte paritaire, qui a réuni sénateurs et députés, sur la proposition de loi de Fabien Matras. Elle prévoit plusieurs dispositions sur la sécurité civile, le volontariat des sapeurs-pompiers ou encore les sapeurs-pompiers professionnels.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le Sénat a adopté en séance ce mardi 26 septembre les conclusions de la commission mixte paritaire (CMP) sur la proposition de loi « visant à consolider notre modèle de sécurité civile et valoriser le volontariat des sapeurs-pompiers et les sapeurs-pompiers professionnels ». « Les discussions ont été importantes, parfois nourries », a reconnu Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur, en ouverture de la discussion. « Les contradictions entre les deux chambres ont su être surmontées dans un esprit de concorde démocratique et d’intérêt général qui fait honneur à ce travail parlementaire », a-t-il salué.

Le 11 octobre, les sept députés et les sept sénateurs désignés pour participer à la CMP sont parvenus à une version commune sur cette proposition de loi. Le 23 septembre, le Sénat avait adopté avec modifications le texte porté à l’origine par le député Fabien Matras (LREM), saluant plusieurs avancées. Deux heures et quart de « discussions poussées » et d’échanges ont été nécessaires pour venir à bout de la soixantaine d’articles, selon l’un des rapporteurs, le centriste Loïc Hervé.

Le Sénat a notamment eu gain de cause sur les modalités de la mise en place du numéro unique d’urgence. Il a été entendu sur la durée de l’expérimentation, ramenée de trois à deux années. Le texte adopté en commission mixte paritaire (CMP) prévoit différents cas de figures pour les plateformes départementales, qu’elles soient physiques ou dématérialisée : l’ensemble des services (15, 17 et 18), ou un regroupement du Samu et des pompiers, ou encore un regroupement du Samu et des services de soins, en « interconnexion » avec les autres services d’urgence. Le projet de numéro unique ne fait pas l’unanimité chez les professionnels concernés : le 6 octobre, des membres du Samu ont manifesté devant l’Assemblée nationale pour dénoncer une disposition qui pourrait entraîner selon eux une perte de chance pour les patients.

Les services départementaux d’incendie et de secours auront leur mot à dire dans la mise en place des expérimentations du numéro unique

Le compromis trouvé conserve un rôle important pour les SDIS (services départementaux d’incendie et de secours). Les présidents de leurs conseils d’administration pourront fixer, avec les présidents des conseils de surveillance des établissements de santé, et aux côtés du préfet et de l’agence régionale de santé, les conditions de l’expérimentation, les interventions que lui attribue le Samu, en cas d’indisponibilité des ambulances privées.

La CMP prévoit aussi la création d’une commission de conciliation paritaire pour gérer les désaccords sur la définition des « carences ambulancières », autrement dit les missions non urgentes qu’attribue le Samu aux pompiers en cas d’indisponibilité des ambulances privées.

« Ces deux points sont une véritable satisfaction, car ils confortent l’idée que notre modèle de sécurité civile ne peut se passer des territoires », a salué le président de la commission des lois du Sénat, François-Noël Buffet (LR). Il s’agissait de deux points sur lequel le Sénat avait insisté dès l’examen en commission.

Rappelons également que le texte prévoit une série d’avantages sociaux pour les pompiers (amélioration de la retraite, accès facilité au logement social), la possibilité de mettre en place des promotions exceptionnelles pour récompenser des actes de bravoure. Le texte prévoit aussi la création d’une mention « mort pour le service de la République » et le statut de « pupille de la République », pour les orphelins de pompiers décédés en service. 

Partager cet article

Dans la même thématique

Pompiers et numéros d’urgence : le compromis sur la proposition de loi adopté par le Sénat
3min

Politique

Charlélie Couture : « Je suis revenu en France car j’avais le sentiment de ne plus comprendre l’Amérique qui venait d’élire Donald Trump »

Si la liberté artistique avait un visage, ce serait le sien. Charlélie Couture ne s’est jamais contenté de pratiquer un seul art, cela ne lui aurait pas suffi. Alors il chante, sculpte, dessine et même photographie. Pour lui, la création est une nécessité, si bien qu’il était parti vivre cette aventure en Amérique, la tête remplie de rêves mais qui se sont peu à peu dissipés en raison du contexte politique. Son dernier livre, Manhattan Gallery (éd. Calmann-Lévy) retrace cette histoire à travers le portrait de 50 personnes rencontrées dans sa galerie new-yorkaise. Invité de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, il revient sur sa carrière, ses engagements et ses innombrables projets.

Le

Pompiers et numéros d’urgence : le compromis sur la proposition de loi adopté par le Sénat
3min

Politique

Industrie musicale : « il n’y a plus de coup de cœur, on regarde le nombre de followers », La Grande Sophie

Trente ans de carrière, artiste inclassable, la Grande Sophie se tourne aujourd’hui vers la comédie musicale avec un nouveau spectacle inspiré de son premier livre « Tous les jours Suzanne ». Une nouvelle aventure qui caractérise à merveille son envie insatiable de créer. Invitée de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard, elle se livre sur son passé, son rapport à l’industrie musicale et sa relation particulière avec Françoise Hardy.

Le

Pompiers et numéros d’urgence : le compromis sur la proposition de loi adopté par le Sénat
2min

Politique

PMA : « pour un projet on ne peut plus intime on ne devrait pas avoir à traverser des frontières », déplore cette lyonnaise après neuf tentatives

C’est historique. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances en 2025. Mais à rebours de cette tendance démographique, certains couples se battent pour avoir des enfants. C’est le cas d’Eugénie, originaire de Lyon, qui a été contrainte de partir à l’étranger pour bénéficier d’un parcours de PMA plus rapide. Interrogée par Quentin Calmet, elle témoignage de ses obstacles et difficultés dans l’émission Dialogue Citoyen.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
8min

Politique

[Série 4/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : du « Sénat bashing » à « une forme d’aura » retrouvée

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Dix ans de macronisme auront finalement permis au Sénat, souvent critiqué, de redorer son blason. Rôle de contre-pouvoir renforcé avec les commissions d’enquête, travail législatif mis en lumière, hémicycle apaisé et constructif par rapport à l’Assemblée : c’est la recette qui a permis à la Haute assemblée de réaffirmer son rôle institutionnel.

Le