Présidentielle : en cas de duel Macron/Le Pen, le front républicain tient-il à gauche ?
Si les candidats de gauche sont tous éliminés du premier tour, Anne Hidalgo, Yannick Jadot et Fabien Roussel devraient appeler à faire barrage à l’extrême droite, si Marine Le Pen est qualifiée. Comme en 2017, Jean-Luc Mélenchon veut consulter ses soutiens, sans proposer l’option du vote RN. Mais ce matin, il prévient : « Les consignes n’ont plus de sens ».

Présidentielle : en cas de duel Macron/Le Pen, le front républicain tient-il à gauche ?

Si les candidats de gauche sont tous éliminés du premier tour, Anne Hidalgo, Yannick Jadot et Fabien Roussel devraient appeler à faire barrage à l’extrême droite, si Marine Le Pen est qualifiée. Comme en 2017, Jean-Luc Mélenchon veut consulter ses soutiens, sans proposer l’option du vote RN. Mais ce matin, il prévient : « Les consignes n’ont plus de sens ».
Public Sénat

Temps de lecture :

6 min

Publié le

En cas de second tour Macron/Le Pen, les LR seront regardés de près. On les sait partagés sur la ligne à tenir, alors que Valérie Pécresse a expliqué ce matin qu’elle ne donnera « pas de consigne », tout en comptant dire « pour qui (elle) vote ». Qu’en est-il à gauche ? S’il faut bien sûr attendre de voir les résultats du premier tour – des surprises sont toujours possibles – la situation devrait être un peu plus simple à gauche.

« J’appellerai de toute façon à faire barrage à l’extrême droite, c’est ma boussole », assure Anne Hidalgo

Pour le PS, les choses sont claires. « Je suis sûr qu’Anne Hidalgo appellera à voter Macron, à faire barrage. Moi, j’appellerai à voter Macron, en cas de second tour Macron/Le Pen », soutient le directeur adjoint de campagne, Patrick Kanner. Position confirmée mercredi soir sur France 2 par la candidate elle-même. « J’appellerai de toute façon à faire barrage à l’extrême droite, c’est ma boussole », a assuré Anne Hidalgo.

Des appels d’autant plus nécessaires pour le Président sortant, que les voix de gauche seront indispensables pour faire la différence, en cas de second tour qui s’annonce serré. Le président du groupe PS du Sénat va jusqu’à dire que « c’est nous, la gauche de gouvernement, qui avons la clef. Finalement, la réserve de voix d’Emmanuel Macron, c’est nous, avec une partie de la droite ». Mais Patrick Kanner sait bien que les appels ne seront pas forcément suivis, même au sein de l’électorat PS. « Je sens une lassitude, y compris chez les socialistes, qui ont toujours été responsables. Donc attention danger », lâche Patrick Kanner. Dans l’hypothèse, beaucoup moins probable, selon les sondages, d’un second tour Mélenchon/Le Pen, les choses risquent d’être moins évidentes pour le PS. On évoque dans ce cas « un débat collectif ». Car les griefs contre le leader insoumis sont multiples, de « sa conception de la laïcité » à « sa politique étrangère », dit-on au PS.

Lire aussi » Présidentielle : pourquoi l’hypothèse d’une victoire de Marine Le Pen devient crédible

« Les écologistes n’ont jamais hésité à construire des fronts républicains contre l’extrême droite » rappelle Yannick Jadot

Chez les écolos, pas de doute n’ont plus en cas de second tour Macron/Le Pen. « Les écologistes ont toujours appelé à battre l’extrême droite dans toutes les élections, que ce soit aux municipales, aux régionales ou aux scrutins nationaux », rappelle une élue EELV, membre de l’équipe de campagne. Le candidat Yannick Jadot l’avait dit lui-même, lors d’un déplacement le 31 mars dernier : « Les écologistes n’ont jamais hésité à construire des fronts républicains contre l’extrême droite ».

Vision partagée par la sénatrice Sophie Taillé-Polian, coordinatrice nationale du parti Génération. s et responsable du projet présidentiel de Yannick Jadot. « Il sera indispensable pour moi de faire barrage à Marine Le Pen, ce qui signifie voter Emmanuel Macron et créer les conditions pour que les législatives soient le troisième tour et ne pas laisser penser une seule seconde que nous donnons quitus à Emmanuel Macron, et que nous ne soutenons ni son bilan, ni son projet », soutient la sénatrice du Val-de-Marne, qui précise ne pas parler ici « au nom du candidat. Mais la cohérence qui est la nôtre ne laisse pas beaucoup de suspens ».

Mais les consignes seront-elles suivies ? Chez EELV, là aussi, ont craint que « qu’une grosse partie de notre électorat, et l’électorat de gauche en général, va s’abstenir ou voter blanc », en cas de second tour Macron/Le Pen.

« J’appellerai à faire barrage à l’extrême droite », prévient le communiste Fabien Roussel

Le candidat du Parti communiste, Fabien Roussel, s’est aussi montré très explicite, dès le 21 mars. « Pour moi, c’est clair, je ne laisserai jamais l’extrême droite mettre la main sur la République. Je ne laisserai jamais les propos racistes et antisémites prendre le pouvoir, jamais. Je l’ai toujours dit. J’appellerai à faire barrage à l’extrême droite » en cas de second tour Macron/Le Pen, a-t-il affirmé, dans un entretien au Parisien.

« Pas de consigne » pour Mélenchon et consultation des 310.000 soutiens de sa candidature

Il n’y a que chez Jean-Luc Mélenchon, où on observe une différence. Le candidat de La France insoumise a déjà annoncé la couleur, le 30 mars dernier : s’il n’est pas au second tour, ce qu’il pense toujours possible, il consultera ses soutiens pour décider de la ligne à tenir. « Trois cent dix mille personnes parrainent ma candidature. Donc le soir du premier tour, on leur demandera ce que l’on fait pour le deuxième tour », a expliqué le candidat. Son directeur de campagne, Manuel Bompard, a rappelé qu’en 2017, et en 2022 le cas échéant, « l’option de vote pour Marine Le Pen n’existait [et n’existerait] pas dans la consultation ».

En 2017, Jean-Luc Mélenchon n’avait donné ni consigné, ni sa voix « en aucun cas à l’extrême droite ». « Ce que je vais voter, je ne vais pas vous le dire, il n’y a pas besoin d’être grand clerc pour deviner ce que je vais faire, mais je ne le dis pas pour que vous puissiez rester regroupés », avait-il déclaré à ses militants, qui avait été déjà consultés. 36,1 % s’étaient alors prononcés pour un vote blanc ou nul, 34,8 % pour un vote en faveur d’Emmanuel Macron et 29 % pour l’abstention.

Interrogé ce vendredi matin sur BFMTV sur l’éventualité d’une consigne de vote, Jean-Luc Mélenchon répond que « les consignes n’ont plus de sens. Pourquoi j’irais fracasser ça en donnant une consigne de vote. Je ne me donne pas un droit que je n’ai pas. Ce n’est pas vraiment une bonne idée pour moi d’appeler à voter pour des gens que je combats continuellement », assure-t-il, sans dire s’il compte encore consulter ses soutiens. A suivre dimanche soir.

Partager cet article

Dans la même thématique

Présidentielle : en cas de duel Macron/Le Pen, le front républicain tient-il à gauche ?
3min

Politique

Candidature de Gabriel Attal pour 2027 : « On s’y prépare, il s’y prépare depuis des années », explique Franck Riester

Invité de la matinale de Public Sénat, Franck Riester détaille les raisons de son soutien à Gabriel Attal et considère qu’il est le mieux placé pour être le candidat du bloc central pour l’élection présidentielle de 2027. L’ancien ministre de la Culture estime par ailleurs qu’une candidature commune pour le bloc central pour 2027 pourrait être actée “en début d’année prochaine”.

Le

Présidentielle : en cas de duel Macron/Le Pen, le front républicain tient-il à gauche ?
5min

Politique

Elections provinciales en Nouvelle-Calédonie : Naïma Moutchou propose l’entrée de 1 500 à 1800 personnes dans le corps électoral en tant que conjoints de natifs 

Alors que se tiendra le 28 juin, les élections provinciales en Nouvelle-Calédonie, le gouvernement s’appuie sur une proposition de loi du Sénat pour parvenir à un consensus sur l’élargissement du corps électoral aux natifs de l’Archipel. Mais l’exécutif compte aller plus loin en y intégrant également leurs conjoints. Auditionnée mercredi par la commission des lois du Sénat, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou s’est vu opposer une fin de recevoir par les élus. 

Le

Paris: Examens projets de loi Senat
8min

Politique

Gérald Darmanin recule sur le plaider-coupable : « Un mauvais service rendu aux victimes », dénonce la rapporteure du texte au Sénat

Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin a, largement, revu à la baisse la portée du dispositif de plaider-coupable, la réforme phare et controversée de son projet de loi sur la justice criminelle, adopté au Sénat le mois dernier. Face à la pression des avocats, le ministre propose désormais d’exclure du dispositif tous les crimes sexuels et l’ensemble des crimes passibles de la cour d’assises. « Certains se servent des victimes contre l’intérêt », dénonce Dominique Vérien, présidente de la délégation aux droits des femmes du Sénat et co-rapporteure du texte.

Le