Présidentielle : les LR se risquent à nouveau au débat sur la primaire
Après le retrait de Laurent Wauquiez et de Bruno Retailleau de la course à la candidature à droite, le débat sur l’opportunité de la primaire refait surface chez LR. Avec l’impression que les choses n’ont finalement pas beaucoup bougé depuis des mois. Un grand sondage et un congrès doivent permettre de clarifier la situation.

Présidentielle : les LR se risquent à nouveau au débat sur la primaire

Après le retrait de Laurent Wauquiez et de Bruno Retailleau de la course à la candidature à droite, le débat sur l’opportunité de la primaire refait surface chez LR. Avec l’impression que les choses n’ont finalement pas beaucoup bougé depuis des mois. Un grand sondage et un congrès doivent permettre de clarifier la situation.
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Avant la pause estivale, les LR avaient donné l’impression d’avancer sur le principe de la primaire. Mais depuis quelques jours, après le retrait de Bruno Retailleau et de Laurent Wauquiez, la petite musique anti-primaire a repris du galon. « Même les socialos n’en veulent plus de ce bidule ! » lâche dans les colonnes du Parisien Aurélien Pradié, secrétaire général du parti. Les anciens prennent la parole aussi. Jean-François Copé, sur Sud Radio : « La primaire est une très mauvaise réponse ». Rachida Dati, toujours dans Le Parisien : « J’appelle à fermer l’hypothèse de la primaire à droite ».

« On est vacciné de la primaire », dit Agnès Evren, porte-parole des LR

Au parti, on explique que tout est encore ouvert, à l’heure qu’il est. « C’est vrai que le contexte d’avant l’été était un peu plus porté sur ce sujet, c’est certain. Mais il faut avoir certaines précautions. Il a été très clairement décidé lors de notre dernier bureau politique, en juillet, que la question du départage entre les candidats serait tranchée par le congrès du parti, le 25 septembre, avec un vote des militants », explique à publicsenat.fr Gilles Platret, porte-parole de LR. Le maire de Chalon-sur-Saône ajoute :

C’est vrai que la question des primaires a été beaucoup agitée mais elle n’a jamais été en tant que tel décidée.

« Au moment où je vous parle, je ne sais pas s’il y aura primaire ou pas primaire », insiste Gilles Platret, qui reconnaît que « la primaire demeure toujours dans nos statuts. Donc soit elle est validée par le congrès, soit le congrès décide d’imaginer un autre mode de désignation que la primaire ».

« On est vacciné de la primaire. C’est pour ça qu’il y a un débat au sein de notre famille. On craint que les mêmes causes produisent les mêmes effets », soutient de son côté Agnès Evren, l’autre porte-parole LR, qui ajoute qu’« on comprend que les quatre candidats souhaitent la primaire. On est dans un parti démocratique où on souhaite que les candidats aient la parole. Mais il est difficile de dire oui ou non à la primaire, d’avoir une réponse péremptoire. C’est un peu tôt, on est au début du processus ». La députée européenne reconnaît que la droite « n’a aucun candidat qui s’est imposé naturellement et personne ne tue le match ». Mais « la primaire, ça peut être dangereux, ça peut être le poison de la division car ça obligerait à caricaturer les positions idéologiques. Mais si on ne peut pas faire autrement… » On a connu plus fort enthousiasme.

« Si on ne fait pas de primaire, on fait quoi ? Comment on choisit ? A la Courtepaille ? »

Pour les soutiens de Valérie Pécresse, il n’y a plus débat : il faut en passer par la case primaire. « Je ne vois pas d’autre procédure possible ni d’autre solution qu’une primaire pour départager les candidatures. Je n’entends d’ailleurs personne dans ceux qui y sont opposés nous proposer une autre méthode », affirme au Figaro Gérard Larcher, président LR du Sénat.

« Si on ne fait pas de primaire, on fait quoi ? Comment on choisit ? A la Courtepaille, au tirage au sort, les sondages ? », demande le sénateur LR des Hauts-de-Seine, Roger Karoutchi. Ce soutien de la présidente d’Ile-de-France rappelle que « quinze jours avant les régionales, selon les sondages, trois régions allaient être gouvernées par le RN… » Il récuse l’idée que la primaire manquerait de candidats de poids : « Pécresse et Barnier ont tous deux occupé des postes éminents, ont été ministres. Ciotti a été président de département, député, président de la CNI de LR. Ce n’est pas de la petite bière ! »

Et la primaire, machine à perdre ? Roger Karoutchi balaie la formule d’un revers de main. « Non, ce n’est pas la primaire de 2016 qui a fait perdre. François Fillon devait gagner la présidentielle haut la main. Ensuite, les affaires et leur utilisation ont fait perdre le candidat. Ce n’est pas la primaire ».

Le député LR du Vaucluse, Julien Aubert, soutient aussi la démarche. « J’invite les candidats à la primaire pour la rentrée d’Oser la France (son mouvement, ndlr), le 18 septembre. J’acte donc le fait qu’il y en ait une. Si on devait la supprimer, c’est le meilleur moyen d’avoir deux candidats au premier tour, voire trois », craint le député.

« Il faut qu’en janvier, il n’y ait qu’un seul candidat. Il y aura forcément une discussion pour arriver à un binôme »

Ces atermoiements sur la primaire font le jeu de Xavier Bertrand. « La primaire avait pu être pensée à un moment comme un outil anti-Bertrand. Cela a échoué », analyse un soutien. Le président des Hauts-de-France garde donc plus que jamais son cap. « Il n’y aura pas de changement. Il s’affirme contre la primaire depuis le début. Notre question, ce n’est pas la primaire, c’est la présidentielle », affirme le sénateur LR Jean-François Rapin, l’un des principaux soutiens de Xavier Bertrand chez les parlementaires. Il pointe le flou qui plane sur le système de départage, alors que Jean Leonetti doit bientôt rendre sa copie à la direction de LR. « Il n’y a pas de règles fixées d’entrée… On a fixé les personnes avant de choisir les moyens », note le sénateur.

Malgré la situation, qui semble quelque peu confuse, les responsables de la droite veulent rester confiants sur l’issue. « Je connais la position de Xavier Bertrand mais je garde en tête ce qu’il a redit cet été : il faut un seul candidat ou une seule candidate de droite à la présidentielle », affirme Gérard Larcher. « Il faut qu’en janvier, il n’y ait qu’un seul candidat. Si Bertrand ne s’est pas intégré à la primaire, il y aura forcément une discussion pour arriver à un binôme – dans quel sens, je n’en sais rien, ça dépendra du rapport de force – et n’avoir plus qu’un candidat en janvier », lâche Roger Karoutchi, « prêt à regarder toutes les formules ». Mais il « pense que le fait que Xavier Bertrand ne participe pas à la primaire est une erreur, car elle apporte une légitimité », dont devrait bénéficier Valérie Pécresse, le jour où il faudra se mettre autour de la table et discuter.

Jean-François Rapin pense aussi que l’un des deux se retirera. Mais pas le même. « C’est la bonne intelligence. La vraie question, c’est qui est le mieux placé pour battre Macron au second tour, Marine Le Pen ayant perdu de sa vigueur », dit le sénateur du Pas-de-Calais. Il ajoute : « Ils ont échangé probablement avant. Ils échangeront après. Et bien sûr que le bon sens l’emportera pour qu’ils puissent créer une équipe de France capable de gagner ». Pour l’heure, chacun pense être le meilleur pour mener la droite à la victoire. Comme dit un parlementaire, les choses doivent encore « décanter ».

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