Primaire de gauche : quelles sont les propositions des candidats pour lutter contre la pauvreté ?
Alors que le nombre de personnes vivants sous le seuil de pauvreté en France augmente (elles sont entre 8 et 14 millions selon les indicateurs), quelles sont les propositions des 7 candidats à la primaire de gauche pour lutter contre la précarité ?

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Alors que le nombre de personnes vivants sous le seuil de pauvreté en France augmente (elles sont entre 8 et 14 millions selon les indicateurs), quelles sont les propositions des 7 candidats à la primaire de gauche pour lutter contre la précarité ?
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A quelques jours du premier tour, le premier débat de la primaire de gauche aura mis en l’accent sur l’une des mesures phares de Benoît Hamon mais aussi de Jean-Luc Bennahamias : le revenu universel.

Imbroglio autour du revenu universel de Benoit Hamon

Jusqu’à hier, Benoît Hamon prévoyait son développement en trois temps. Dès 2017, le RSA serait augmenté de 10% soit 600 euros par mois. Puis, versé à tous les bénéficiaires ainsi qu’aux jeunes de 18 à 25 ans quelque soit leur niveau de ressources. Enfin, ce revenu serait « étendu à l’ensemble de la population ». « A terme, il atteindra la somme de 750 euros » indiquait-il sur son site de campagne. Les critiques sur le financement de cette réforme et sa portée idéologique, (mise en place d’une société du « farniente » selon Manuel Valls, auraient-elles poussé Benoît Hamon à corriger le tir ? Comme l’a remarqué le journal Le Monde, l’ancien ministre de l’Education a modifié, hier, sur son site Internet deux points essentiels de cette proposition. Le seuil de 750 euros n’y figure plus comme son extension à « l’ensemble de la population ». En revanche, une autre étape apparait : celle d’« une grande conférence citoyenne » destinée à « fixer le périmètre du revenu universel (montant, financement, articulation avec les autres allocations sociales, calendrier de mise en œuvre) ». ). Contacté par franceinfo, son directeur de campagne, le député Mathieu Hanotin, justifie cette modification par « la main un peu lourde » d’un membre de l’équipe. Cet après-midi,  les deux points cités plus hauts sont réapparus sur le site de campagne du candidat.

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Reste un autre problème pour Benoît Hamon qui chiffre lui-même cette mesure « autour de 300 milliards par an ». Un coût qu’il compte financer par une réforme de la fiscalité ou encore la lutte contre l’évasion fiscale. Jean-Luc Bennahmias, président du Front Démocrate, propose aussi la mise en place d’un revenu universel mais reste flou sur son montant et son financement. Interrogé par les Echos, l’ancien député européen fixe son seuil entre 500 à 700 euros ». Un revenu pas uniquement destiné à lutter contre la pauvreté, car  il servirait également « d’aide à l’emploi ». « En France, 35% à 40% des agriculteurs touchent 350 euros par mois de revenu. Ils ne cherchent pas un travail, ils en ont un. [Si ] on [verse] le revenu universel en même temps, à 500, 600, 700 euros : ils ne ferment plus leurs fermes » a-t-il pris comme exemple le 11 janvier dernier.

Un minimum décent pour Manuel Valls

Du côté de Manuel Valls, il s’agit de créer un «  minimum décent » entre « 800 et 850 euros » mensuels (…) attribué à tous les adultes de plus de 18 ans (...), résidant sur le territoire national depuis au moins quatre ans et, bien sûr, sous seules conditions de ressources, parce que le lien avec le travail est indispensable » insiste-t-il. La mesure fusionnerait l’ensemble des prestations existantes et couterait 30 milliards d’euros. « Pas un revenu universel idéaliste pour tout le monde qui couperait tout lien avec le travail (...) et (...) ruinerait les finances publiques » a-t-il affirmé, ce matin, sur France Inter. Sylvia Pinel, la candidate PRG, « étudie » également « la faisabilité d’une fusion des minimas sociaux» et « la mise en place d’un guichet unique ».

Hamon et Montebourg misent sur les aides financières pour les jeunes

Dans la lignée de son souverainisme économique, Arnaud Montebourg souhaite lui généraliser « les contrats d’activité à l’attention des chômeurs de longue durée. Les emplois jugés non solvable dans le secteur associatif ou l’économie sociale et solidaire seraient ainsi financés par l’argent des minima sociaux. L’ancien ministre du redressement productif propose également de relever le seuil des minimas sociaux et de mettre en place une allocation  pour l’autonomie des jeunes, de 450 euros, « versée sous conditions de ressources aux jeunes étudiants et en formation ».

Grace au numérique et à la généralisation des demandes effectuées en ligne des prestations sociales, Vincent Peillon se fixe comme objectif d’étendre « la Garantie jeunes à 200 000 bénéficiaires à l’horizon 2020 ». Selon le gouvernement, ils sont entre 100 000 et 150 000  à en bénéficier actuellement. L’ancien député européen propose aussi « la création d’un service public de maisons de retraite », destinée à « offrir aux personnes qui en ont besoin un séjour gratuit ou à contribution extrêmement faible, sous conditions de revenus et de patrimoine ».

Parmi les 66 propositions qui composent le programme du député écologiste François de Rugy, il n’est pas fait mention d’une réforme des prestations sociales.

Alors que Jean-Luc Mélenchon fait la promesse de « créer un monde où zéro personne dorme dans la rue ». Seul Benoit Hamon fait une proposition dans ce sens avec, dès 2017 « une grande conférence contre l’exclusion ».  Les projets de Manuel Valls de Vincent Peillon et d’Arnaud Montebourg s’articulent essentiellement autour de la valeur « travail ». A noter, enfin, que les mots « pauvreté », « exclusion, ou « précarité » ne figurent  pas dans le projet de 71 pages de François de Rugy.

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