Reconnaissance faciale : « La Chine est l’anti-modèle », souligne Cédric O
Auditionné par la mission d’information sur la reconnaissance faciale, Cédric O renvoie le débat à la prochaine législature, faute d’avoir mené les expérimentations durant le quinquennat. « C’est un sujet hautement inflammable », rappelle-t-il.

Reconnaissance faciale : « La Chine est l’anti-modèle », souligne Cédric O

Auditionné par la mission d’information sur la reconnaissance faciale, Cédric O renvoie le débat à la prochaine législature, faute d’avoir mené les expérimentations durant le quinquennat. « C’est un sujet hautement inflammable », rappelle-t-il.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

« C’est un sujet hautement politique », a reconnu Cedric O, ministre de la Transition numérique auditionné par la mission d’information du Sénat sur la reconnaissance faciale.

En 2019, le gouvernement avait lancé une phase d’expérimentation sur cette technologie, capable d’identifier en temps réel les citoyens via la vidéosurveillance. Une pratique interdite en France et dans l’Union européenne conformément au Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) qui interdit le recueil de données personnelles sans consentement express. Le gouvernement avait, à ce titre, vu plusieurs projets d’expérimentation retoqués par la CNIL.

Trois ans plus tard, le Covid est passé par là et comme l'a reconnu le ministre, « la priorité a été mise sur d’autres sujets et la plupart des expérimentations n’ont pas pu être menées ». « Ce débat est encore devant nous, quel que soit le choix que les Français feront à la présidentielle ».

Le débat se fera sans Cédric O, qui a annoncé récemment son choix de quitter la vie politique, le mois prochain. Pour, peut-être, sa dernière audition devant le Sénat, il reconnaît que l’utilisation trop extensive de cette technologie peut entraîner de graves conséquences sur les libertés publiques. Mais, « le débat est surdéterminé par l’exemple chinois et l’utilisation qui est faite de cette technologie par des pays non démocratiques. C’est un absolu contre-exemple », selon lui.

« Il faut différencier la technologie d’authentification et la technologie d’identification »

Pour l’avenir, le ministre souhaite que le débat « soit moins passionné ». « Il faut différencier la technologie d’authentification et la technologie d’identification », a-t-il insisté prenant l’exemple de la reconnaissance des visages pour le déverrouillage de smartphone. « Il faut s’intéresser au traitement de l’information plutôt qu’au traitement de la donnée parce qu’une application maximaliste du RGPD pourrait conduire à interdire les caméras de reconnaissance de schémas comportementaux sur les véhicules autonomes », prévient-il.

« On ne fera pas deux fois le débat devant le Parlement »

Co-rapporteur de la mission, Marc-Philippe Daubresse souhaite savoir si un texte législatif est nécessaire pour mener les expérimentations en vue d’une deuxième loi-cadre. La mission se rendra d’ailleurs à Nice pour examiner une expérimentation menée lors du carnaval de Nice. Le président de la commission des lois, François-Noël Buffet l’interroge sur la sécurité des JO 2024. A l’origine, la proposition de loi sur la Sécurité globale comportait un volet sur la reconnaissance faciale notamment en vue d’assurer des Jeux Olympiques.

« On ne fera pas deux fois le débat devant le Parlement. C’est un sujet hautement inflammable. Je ne pense pas qu’on puisse faire un premier débat sur les expérimentations et un autre sur le droit commun […] Mon avis personnel est qu’il faut des expérimentations », a-t-il affirmé.

JO 2024 : « il faudra trouver des moyens pour assurer la sécurité sans la reconnaissance faciale »

Quant au JO 2024, Cédric O note « que le gouvernement n’a pas pris la décision « compte tenu du contexte et de la sensibilité du sujet ». « De toute évidence, il faudra trouver des moyens pour assurer la sécurité sans l’utilisation de ces mécanismes d’identification en temps réel. Des dizaines de Jeux Olympiques ont été organisées sans la reconnaissance faciale. Aurait-on pu dans le cadre d’une élection présidentielle, avec le surmoi politique qui nous habite les uns et les autres, avoir un débat apaisé sur le fait de déployer de la reconnaissance faciale dans le cadre des JO ? Je ne suis pas sûr. Je suis même certain du contraire ».

 

 

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Reconnaissance faciale : « La Chine est l’anti-modèle », souligne Cédric O
8min

Politique

François-Xavier Bellamy : "Rétablir [des relations normales] avec le régime de Poutine serait une forme de trahison"

Au sortir d'un été marqué notamment par une intensification du conflit entre la Russie et l'Ukraine, et une crise migratoire dans l'enclave espagnole de Ceuta, François-Xavier Bellamy, vice-président des Républicains et du groupe du PPE au Parlement européen, est l'invité de Caroline de Camaret dans Ici l’Europe sur France24, LCP et Public Sénat.

Le

« On est déjà dans le vide, sans parachute » : la grande inquiétude de la majorité sénatoriale sur le budget 2027
7min

Politique

« On est déjà dans le vide, sans parachute » : la grande inquiétude de la majorité sénatoriale sur le budget 2027

Les groupes engagés dans l’ancien socle commun attendent que le gouvernement sorte du bois, s’agissant des pistes pour les prochains textes budgétaires. Cette année, ils n’ont pas adressé de propositions précises au gouvernement mais des grandes orientations, laissant à Matignon le point de départ des discussions. Alors que l’équation budgétaire se complique avec le ralentissement de la croissance, les rapporteurs généraux craignent le pire dans les prochains mois.

Le

Illustration in India.
2min

Politique

Cabinet de conseils : le parquet national financier annonce une saisie de 65 millions d’euros dans l’enquête pour fraude fiscale autour de McKinsey

Le parquet national financier a annoncé vendredi la saisie, avec la justice belge, d’une somme de 65 millions d’euros dans le cadre de l’enquête pour blanchiment aggravé de fraude fiscale autour du cabinet de conseil McKinsey. L’enquête avait été ouverte en mars 2022 dans le prolongement de la commission d’enquête du Sénat sur l’influence des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron en 2017.

Le

FRA – GARCHES – HOPITAL RAYMOND-POINCARRE – PMR
6min

Politique

Fauteuils roulants, prestations sociales, école inclusive, accessibilité : quel est le bilan d’Emmanuel Macron en matière de handicap ?

Après deux quinquennats, la situation pour les personnes handicapées est mitigée. Des progrès sont là, avec le remboursement des fauteuils roulants, une hausse des aides sociales ou une présence accrue des élèves en situation de handicap à l’école. Mais les difficultés d’emploi, le manque de places dans le secteur médico-social ou des problèmes d’accessibilité rendent encore la vie des personnes handicapées difficile.

Le