Réforme de la justice : « Le statu quo n’est pas acceptable » pour Nicole Belloubet
Pendant plusieurs jours, le Sénat va examiner la réforme de la justice. Ce mardi, lors de la discussion générale, Nicole Belloubet a défendu son texte face à des sénateurs qui souhaitent sensiblement le réécrire.

Réforme de la justice : « Le statu quo n’est pas acceptable » pour Nicole Belloubet

Pendant plusieurs jours, le Sénat va examiner la réforme de la justice. Ce mardi, lors de la discussion générale, Nicole Belloubet a défendu son texte face à des sénateurs qui souhaitent sensiblement le réécrire.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

« Cher Philippe Bas, vous vous étiez fixé comme objectif de redresser la justice. Je ne sais pas s’il faut la redresser car elle me semble droite en dépit de ses faiblesses. Ce dont je suis certaine, c’est qu’il faut la soutenir et la réformer ». La conclusion de Nicole Belloubet est assez symptomatique des différences entre le Sénat et l’exécutif sur la réforme de la Justice. En effet, en commission des lois, les sénateurs ont sensiblement réécrit le texte du gouvernement s’appuyant sur une proposition de loi de son président LR, Philippe Bas, adoptée l’année dernière par la Haute assemblée et intitulée « pour le redressement de la justice ».

Lors de la discussion générale, la garde des Sceaux a déroulé les « six axes »  du projet de loi de programmation et de réforme de la justice et du projet de loi organique qui l’accompagne.

Une première opposition entre la chancellerie et les sénateurs concerne les moyens. Une augmentation de 1,6 milliard d’euros en 5 ans pour le budget de la justice, représentant une création de 6 500 emplois a loué Nicole Belloubet. Pas assez pour les sénateurs qui proposent 1,9 milliard et la création de 13 700 emplois. Le Sénat regrette également la création de 7 000 places de prison sur le quinquennat alors qu’Emmanuel Macron avait promis 15 000.

Le 1er axe de la réforme concerne la procédure civile « la justice de tous les jours ». La garde des Sceaux la souhaite humaine mais plus simple « grâce notamment à la dématérialisation des petits litiges du quotidien ». « Cela implique que nous prenions en compte de nouveaux outils comme les plateformes juridiques mais en les encadrant avec un haut niveau de garantie ». De nouveaux outils numériques qui inquiètent les sénateurs. « Je ne partage pas vos préventions. Le statu quo n’est pas acceptable » a appuyé la ministre de la Justice lors de la discussion générale.

Le deuxième axe a pour sujet la procédure pénale. Là encore, les sénateurs s’alarment des pouvoirs renforcés du parquet que prévoit la réforme. « Je rappelle que les magistrats du parquet sont avant tout des magistrats indépendants et garants des libertés individuelles. Quant au juge des libertés et de la détention, je ne crois pas que les contrôles qu’il exerce soient de nature formelle ».

En ce qui concerne le sens et l’efficacité de la peine, le troisième axe de la réforme, Nicole Belloubet a défendu « la nouvelle échelle des peines qui prévoit l’interdiction des peines de prison en dessous d’un mois et en dessous de 6 mois en dehors d’un centre de détention ». La commission des lois du Sénat rejette « ces effets de seuil » et souhaite que le juge conserve la liberté d’aménagement de peine.

4e axe de la réforme : l’évolution de l’organisation judiciaire qui passe par la fusion des tribunaux d’instance et des tribunaux de grande instance. « Il n’y aura aucune fermeture de lieu de justice » a tenu à rassurer la ministre.

Enfin, Nicole Belloubet a brièvement évoqué les deux derniers axes, la prise en charge des mineurs délinquants et la procédure administrative.

 

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris : Session of questions to the government at the Senate
8min

Politique

Loi Yadan contre l’antisémitisme : les sénateurs dubitatifs à l’annonce de la reprise en main du gouvernement

Après le retrait à l’Assemblée nationale de la proposition de loi portée par la députée Renaissance Caroline Yadan, le gouvernement va reprendre la main et présentera un projet de loi sur la lutte contre l’antisémitisme devant le Sénat avant l’été. L’exécutif compte sur un accueil plus favorable à la chambre haute où la droite et le centre sont majoritaires. Mais les relations entre la majorité sénatoriale se sont tendues ces derniers temps.

Le

Paris: French Government Weekly Cabinet Meeting
3min

Politique

1er mai : boulangeries et fleuristes « indépendants » pourront faire travailler leurs salariés dès cette année, annonce Sébastien Lecornu

Le Premier ministre a mis sur la table, vendredi, un nouveau projet de loi d’élargissement du travail le 1er mai, uniquement ouvert aux boulangeries et fleuristes « indépendants et artisanaux ». En attendant son adoption formelle, il a assuré que des consignes seront données pour qu’aucun contrôle ne vienne entraver le travail de leurs salariés cette année.

Le

Festival Du Livre 2025
2min

Politique

Crise chez Grasset : au Festival du livre, Emmanuel Macron affiche sa volonté de défendre le « pluralisme éditorial »

En visite ce vendredi au Festival du livre, bousculé par la crise ouverte chez l’éditeur Grasset, Emmanuel Macron a voulu afficher sa défense du « pluralisme éditorial » et de « la liberté des auteurs ». Concernant la création d’une clause de conscience pour les auteurs, le Président a estimé que cela « doit se réfléchir ».

Le

FRA – BOOK – CONSENTEMENT
2min

Politique

Crise chez Grasset : la sénatrice Sylvie Robert (PS) propose de créer une clause de conscience pour les auteurs

Alors que plus de 150 écrivains annoncent quitter la maison d’édition Grasset pour protester contre le renvoi du PDG Olivier Nora, la sénatrice socialiste Sylvie Robert propose une « loi d’urgence » pour « protéger les auteurs ». Le but : permettre aux auteurs d’activer une clause de conscience en cas de changement radical de la ligne éditoriale de leur éditeur.

Le