Retraites : au Sénat, « les conditions ne sont pas réunies pour discuter sereinement de la réforme »
Lundi soir, Emmanuel Macron a confirmé que la réforme des retraites serait engagée « dès que les conditions sanitaires seront réunies ». Mais pour les sénateurs, cette réforme est renvoyée au prochain quinquennat.

Retraites : au Sénat, « les conditions ne sont pas réunies pour discuter sereinement de la réforme »

Lundi soir, Emmanuel Macron a confirmé que la réforme des retraites serait engagée « dès que les conditions sanitaires seront réunies ». Mais pour les sénateurs, cette réforme est renvoyée au prochain quinquennat.
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Le chef de l’Etat a tranché. Une réforme des retraites est toujours à l’ordre du jour d’ici la fin du quinquennat. « Pour protéger les retraites actuelles et celles de nos enfants sans augmenter les impôts, il est juste et efficace de changer notre système de retraites », a-t-il justifié lors de son allocution télévisée, lundi soir, non sans préciser que cette réforme ne serait pas lancée « tant que l’épidémie ne sera pas sous contrôle et la reprise bien assurée ».

« Je crois que c’est très clair […] Le Premier ministre puisqu’il est chargé de la concertation avec les partenaires sociaux, a les clés pour essayer de faire avancer ce dossier qui est à mes yeux et aux yeux du Président essentiel », s’est félicité le sénateur Modem, Jean-Marie Vanlerenberghe.

Mais dans l’hypothèse où la situation épidémique serait stabilisée à l’automne, les négociations seraient extrêmement délicates. Pour mémoire, en mars 2020, après plusieurs mois de mobilisation sociale, le gouvernement avait dû recourir à la procédure du 49-3 pour faire adopter sa réforme d’un système de retraite par points à l’Assemblée nationale. Le texte n’avait pas passé l’étape du Sénat du fait de la crise sanitaire.

La semaine dernière à l’Elysée, l’ensemble des partenaires sociaux, représentants notamment du Medef, de la CFDT et de la CGT avaient tous tenu à attirer l’attention du Président sur la conjoncture économique du pays, jugée non propice à une réforme du système de pensions. Ces critiques sur le calendrier ont d’ailleurs été réitérées par les syndicats après l’annonce du chef de l’Etat.

« Il ne pourra pas faire cette réforme avant la Présidentielle »

« Le seul enseignement que je retiens, c’est qu’il n’y aura pas de réforme paramétrique dès le mois d’octobre. Il n’y aura pas de mesures de report de l’âge de départ dès le mois d’octobre à l’occasion du projet de loi de financement de la sécurité sociale, comme certains de ses ministres lui demandaient de le faire. Il n’y aura pas de réforme paramétrique mais il y aura bien une réforme des retraites. Quand ? Sous quelle forme ? De quelle ampleur ? On ne sait pas » relève Monique Lubin, sénatrice socialiste, membre du Conseil d’orientation des retraites.

« Il ne pourra pas faire cette réforme avant la Présidentielle. Ce ne sera pas possible de mettre cette réforme en chantier en janvier. Je ne pense pas. Je le souhaiterais mais ça me paraît peu probable. A mon avis, c’est pour le prochain mandat », reconnaît Jean-Marie Vanlerenberghe.

« Les conditions ne sont pas réunies pour que l’on puisse discuter sereinement du système de retraite »

René-Paul Savary, le « monsieur retraites » du groupe LR au Sénat s’agace de ce calendrier intenable. « C’est toujours la même approche. C’est le en même temps. On dit il faut faire une réforme et puis après on dit pourquoi on ne l’a fait pas. Les conditions ne sont pas réunies pour que l’on puisse discuter sereinement du système de retraites donc on reporte à plus tard ».

Hier soir, Emmanuel Macron a qualifié le système actuel « d’injuste avec 42 régimes différents ». « Il entretient des inégalités majeures et il faudra aller vers plus de simplicité pour plus de justice et donc les régimes spéciaux devront être supprimés pour les nouveaux employés dans ces secteurs […] a-t-il développé précisant que les Français devront travailler plus longtemps en prenant en compte la difficulté des métiers.

« Il parle de différentiation, en disant que ça dépendra des métiers, de la pénibilité… Pourquoi faire une réforme des retraites alors ? Puisque la réforme Touraine prévoit déjà tout ça. Est-ce qu’on va annuler totalement la réforme qui était prévue ? On n’en sait rien […] C’est très anxiogène pour les Français. Ce n’était vraiment pas le moment. Il a fait de la politique hier soir. Il a lancé quelques sujets de son programme. Un programme de droite. Le ‘en même temps’ a complètement disparu », observe Monique Lubin.

Retraites : Emmanuel Macron "a lancé son programme de droite", note Monique Lubin
00:38

Co-auteur avec Monique Lubin, d’un récent rapport sur l’utilité des réserves des régimes de retraite, René-Paul Savary rappelle que « plus on attend pour prendre une décision, plus le déficit continue à se creuser » […] « C’est incontournable, il faudra travailler plus longtemps […] Il y a un nouvel équilibre à trouver mais cela doit se faire dans la concertation, la sérénité et des mesures accompagnatrices notamment en ce qui concerne la prise en charge de la pénibilité », insiste le sénateur LR.

 

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