Une nouvelle perquisition a eu lieu lundi au siège du Front national à Nanterre, à deux mois de la présidentielle, dans le cadre de l'affaire des soupçons d'emplois fictifs d'assistants au Parlement européen, a annoncé le parti.
En déplacement au Liban, la présidente du parti d'extrême droite et candidate à la présidentielle Marine Le Pen a refusé de répondre aux questions sur le sujet devant la presse à Beyrouth.
"Pour la seconde fois a lieu une perquisition des mêmes bureaux, s'agissant des mêmes faits présumés, ce qui confirme que la première perquisition a été infructueuse", a commenté le FN dans son communiqué.
Le siège du FN à Nanterre, le 14 décembre 2008
AFP/Archives
Le parti dénonce "une opération médiatique" visant à "perturber le bon déroulement de la campagne électorale présidentielle" et à "tenter de nuire à Marine Le Pen au moment même où sa candidature effectue une importante percée dans les intentions de vote, notamment pour le second tour".
Lors de cette perquisition, dans l'enquête conduite par des juges d'instruction du pôle financier de Paris, les policiers ont procédé à "la copie des disques durs des ordinateurs de deux assistantes de Marine Le Pen, dont celui de Catherine Griset", a précisé à l'AFP un avocat de la dirigeante frontiste, Marcel Ceccaldi.
"Il y a l'agenda de Marine Le Pen, ses contacts, ses rendez-vous, son activité politique", a-t-il détaillé en dénonçant dans cette opération "une instrumentalisation politique de la justice".
Marine Le Pen au Parlement européen le 26 octobre 2016 à Strasbourg
AFP/Archives
"Cette perquisition est un moyen de contourner l'immunité parlementaire de Mme Le Pen et, par ailleurs, constitue une atteinte au libre exercice de sa fonction de présidente de formation politique concourant librement à l'élection présidentielle", a estimé Me Ceccaldi.
Les policiers de l'office anticorruption de la police judiciaire (OCLCIFF) avaient déjà mené une perquisition au siège du FN, en février 2016, dans le cadre de l'enquête préliminaire du parquet de Paris.
- Vers un deuxième cas de salaire injustifié -
Marine Le Pen suivie de son garde du corps Thierry Légier le 13 février 2017 à Menton
AFP
Vendredi, Mme Le Pen a démenti avoir reconnu l'emploi fictif de son garde du corps, Thierry Légier, comme assistant parlementaire, d'octobre à décembre 2011, contredisant un rapport de l'organisme antifraude de l'Union européenne (Olaf) dont des extraits ont été publiés jeudi par Mediapart et Marianne.
Le rapport de l'Olaf épingle un deuxième cas de salaire injustifié, celui de Catherine Griset, collaboratrice parlementaire de Marine Le Pen "accréditée" au Parlement européen de décembre 2010 à février 2016 alors qu'elle est son assistante au siège du FN à Nanterre (Hauts-de-Seine) depuis de nombreuses années.
L'Olaf avait été saisi en janvier 2014 sur dénonciation anonyme.
A cette époque, les soupçons portaient sur les conditions dans lesquelles étaient employés et payés 20 assistants d'élus frontistes au Parlement européen car leurs noms apparaissaient aussi sur l'organigramme du parti en France.
Marine Le Pen entre son garde du corps Thierry Legier et sa collaboratrice Catherine Griset le 4 février 2017 à Lyon
AFP/Archives
Comme Marine Le Pen ne s'est pas acquittée avant le 31 janvier des 339.946 euros réclamés par le Parlement, correspondant aux salaires versés à M. Légier et à Mme Griset, l'assemblée européenne devait commencer mi-février à recouvrer effectivement les sommes versées en amputant de moitié l'indemnité de l'eurodéputée frontiste. Me Ceccaldi a annoncé avoir déposé un recours devant le tribunal du Luxembourg pour demander l'annulation de ce recouvrement.
Après deux ans d'investigations, l'Olaf a transmis cet été son rapport à la justice française qui enquête en parallèle sur cette affaire d'emplois fictifs présumés.
Le parquet de Paris, saisi par le Parlement européen, avait ouvert en mars 2015 une enquête préliminaire qui a débouché mi-décembre dernier sur l'ouverture d'une information judiciaire confiée à des juges d'instruction. L'enquête est ouverte pour abus de confiance et recel, escroqueries en bande organisée, faux et usage de faux et travail dissimulé.
Le FN a déjà été renvoyé en procès, ainsi que deux de ses cadres, dans l'affaire du financement de ses législatives en 2012. Le procès n'a pas encore eu lieu.
Dans une note destinée à nourrir le débat public, la Cour des comptes préconise une légère hausse de la fiscalité du patrimoine via la création d'un nouvel impôt sur la fortune personnelle, une taxe sur les holdings ou encore la révision du Pacte Dutreil. Ces pistes sont destinées à répondre « au sentiment d'injustice, qui altère le consentement à l'impôt », mais vont à rebours de la position de la majorité sénatoriale pour qui le redressement de l'économie passe au contraire par un allégement de charges et la facilitation des transmissions des biens professionnels.
Invité de la matinale de Public Sénat, le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Boris Vallaud dénonce les orientations budgétaires présentées par Sébastien Lecornu. Ce dernier considère que ce projet « abîme le pays » et presse Matignon de se rapprocher des positions socialistes.
Invité de la matinale de Public Sénat, le président du groupe PS à l’Assemblée nationale, Boris Vallaud a regretté les propos de Ségolène Royal concernant Raphaël Glucksmann. En attendant le premier tour le 9 octobre, le dialogue pourrait encore se tendre entre les cinq candidats, parmi lesquels figurent Ségolène Royal et Raphaël Glucksmann.
Reportage. Dans le département, les équilibres politiques issus des élections municipales laissent présager un net recul des Républicains au profit du parti d’Éric Ciotti allié du Rassemblement National. Sur le terrain, les candidats vont de villes en villages pour convaincre les grands électeurs.