Un déplacement de sénateurs prévu à Taïwan a provoqué l’outrance de l’ambassadeur de Chine en France qui s’en est pris au chercheur français, Antoine Bondaz, le qualifiant notamment de « petite frappe ». Le président du groupe d’amitié du Sénat France-Taïwan, Alain Richard, déplore « des insultes grossières. Sur Public Sénat, Antoine Bondaz invite l’ambassadeur à revenir « dans le débat public ».
Taïwan : « L’ambassadeur de Chine s’est emballé dans des insultes grossières », déplore Alain Richard
Un déplacement de sénateurs prévu à Taïwan a provoqué l’outrance de l’ambassadeur de Chine en France qui s’en est pris au chercheur français, Antoine Bondaz, le qualifiant notamment de « petite frappe ». Le président du groupe d’amitié du Sénat France-Taïwan, Alain Richard, déplore « des insultes grossières. Sur Public Sénat, Antoine Bondaz invite l’ambassadeur à revenir « dans le débat public ».
« Nous allons faire ce déplacement quand ça conviendra du point de vue protocolaire aux autorités de Taïwan ». Le président LREM du groupe d’amitié France -Taiwan, Alain Richard a confirmé à Public Sénat que sa délégation était bien déterminée à se rendre à Taïwan et ce malgré la pression exercée depuis plusieurs jours par l’ambassade de Chine.
Ce voyage prévu de longue date par le groupe d’amitié parlementaire, enflamme les relations diplomatiques entre la France et la Chine. Pour mémoire, la République populaire de Chine considère Taïwan comme une de ses provinces et menace de recourir à la force en cas de proclamation formelle d’indépendance sur l’île.
Dans une série de tweets, vendredi, l’ambassade de Chine indique s’opposer à « toute forme de contact officiel entre les pays ayant des relations diplomatiques avec la Chine et les autorités taïwanaises ». « Les personnes concernées peuvent décider librement de leurs projets de déplacement et de leurs contacts. Le gouvernement chinois prendra les mesures en conséquence » met-elle en garde.
Comme Hong Kong, Taïwan est un sujet sensible pour la Chine. Avant l’ouverture d’une relation diplomatique, la République populaire de Chine exige des Etats qu’ils reconnaissent le « principe d’une seule Chine » et donc la non-reconnaissance de Taïwan qui dispose pourtant d’un gouvernement démocratiquement élu.
« Cette visite n’a pas de caractère contradictoire avec la reconnaissance de Pékin par la France »
« Taïwan est une entité avec laquelle nous entretenons des relations parlementaires mais qui n’est pas considéré comme un Etat au sens plein des Nations Unies […] Notre déplacement a comme intérêt […] d’écouter les autorités de Taïwan sur leur développement au plan national et sur leurs relations avec Pékin en particulier sur les pressions qu’elle veut exercer sur Taïwan en tout cas pour maintenir le statu quo » expose, Alain Richard. Le sénateur indique avoir répondu à l’ambassadeur de Chine Lu Shaye « que cette visite n’avait pas de caractère contradictoire avec la reconnaissance de Pékin par la France en lui faisant remarquer que de multiples pays démocratiques ont le même type de relations avec Taïwan », explique le sénateur.
L’histoire aurait pu en rester là sans l’escalade verbale de l’ambassadeur chinois suite au soutien adressé aux sénateurs du chercheur Antoine Bondaz, membre de la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), qualifié de « petite frappe » sur Twitter, puis de « hyène folle », de « troll idéologique » ou encore de « vilain » dans un communiqué de presse publié sur le site de l’ambassade dimanche. « Il faut souligner que l’ambassade de Chine en France se singularise et notamment son ambassadeur Lu Shaye puisque ses attaques contre les journalistes, les élus et les chercheurs sont fréquentes au point de franchir quelques lignes rouges et c’est ce qui a eu lieu la semaine dernière », relève Antoine Bondaz interrogé par Public Sénat. « L’objectif de l’ambassade de Chine est de museler le débat et d’imposer une sorte de tabou sur Taïwan […] Ce qui est clair c’est que l’ambassade a décidé d’injurier et non pas d’entrer dans le débat public » ajoute-t-il.
« M. Bondaz, qui est parmi les spécialistes reconnus, a ajouté sa propre observation qui porte sur la relation hostile de la Chine envers le principe de la démocratie pluraliste. C’est à ce moment-là que cet ambassadeur, qui exerce ses fonctions selon la conception qui est la sienne, s’est emballé dans des insultes grossières à l’encontre de M.Bondaz » retrace Alain Richard.
Dans son communiqué l’ambassadeur chinois fait aussi référence au traitement par la France des exactions commises sur les Ouïghours par les autorités chinoises. « Les gouvernements, médias et chercheurs de certains pays occidentaux ont lancé toutes sortes d’accusations mensongères et diffamatoires contre le gouvernement chinois : « Génocide », « travail forcé », « stérilisation forcée », « viols systématiques », « surveillance massive ». Ça, ce sont de vraies insultes ! » s’emporte-t-il.
« Ces ambassadeurs sont d’autant plus agressifs que la Chine subit un déficit d’image depuis un an »
« Il fait partie de ces nouveaux diplomates qu’on appelle les loups guerriers qui n’ont pas de limites dans leurs propos. Ils nient le principe de séparations des pouvoirs en France. Mais aussi le principe de réciprocité tel que défini dans la charte des Nations Unis. Par exemple, les émissaires chinois ne se gênent pas pour se rendre en Nouvelle-Calédonie. Ces ambassadeurs sont d’autant plus agressifs que la Chine subit un déficit d’image depuis un an avec la crise du covid. Les investissements chinois sont freinés en Europe. Et l’Amérique de Joe Biden est bien plus réticente à son égard », souligne André Gattolin sénateur LREM membre du groupe d’amitié France-Taiwan et de l’Alliance parlementaire sur la Chine (IPAC).
Le Quai d’Orsay qui a déjà rappelé aux autorités chinoises que les parlementaires français étaient libres d’aller où ils voulaient, devrait de nouveau réagir au communiqué incendiaire publié dimanche. « C’est extrêmement important de rappeler à l’ambassadeur qu’il ne peut pas avoir un sentiment d’impunité […] Ce que fait aujourd’hui l’ambassadeur est à même de détériorer les relations bilatérales alors même que la coopération entre les deux pays est indispensable sur de nombreux sujets », rappelle Antoine Bondaz.
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