Vie démocratique : le groupe écologiste du Sénat dépose une proposition de loi rédigée par des citoyens
Abaisser le seuil du référendum d’initiative partagée (RIP), instaurer le non-cumul des mandats dans le temps, fixer la majorité électorale à 16 ans… Sous l’impulsion du président du groupe écologiste du Sénat, Guillaume Gontard, une proposition de loi rédigée par un collège de citoyens de l’Isère appelle « à un nouveau souffle démocratique ». Le texte sera déposé prochainement sur le Bureau du Sénat.

Vie démocratique : le groupe écologiste du Sénat dépose une proposition de loi rédigée par des citoyens

Abaisser le seuil du référendum d’initiative partagée (RIP), instaurer le non-cumul des mandats dans le temps, fixer la majorité électorale à 16 ans… Sous l’impulsion du président du groupe écologiste du Sénat, Guillaume Gontard, une proposition de loi rédigée par un collège de citoyens de l’Isère appelle « à un nouveau souffle démocratique ». Le texte sera déposé prochainement sur le Bureau du Sénat.
Simon Barbarit

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Comment rapprocher les citoyens de la prise de décision politique ? C’est la question que s’est posée le patron du groupe écologiste du Sénat, Guillaume Gontard. Après la crise des gilets jaunes et les taux d’abstention records aux dernières élections, « il y a eu la Convention citoyenne pour le climat. C’était une expérience démocratique intéressante. Mais le résultat a été décevant voire dangereux car on a pris des engagements qui n’ont pas été tenus », a relevé, ce vendredi, l’élu de l’Isère lors de la présentation des travaux d’un collège de citoyens de son département, le fruit d’un travail de 10 mois.

Le sénateur a néanmoins décidé de reproduire l’exercice au niveau local en recrutant, sur la base du volontariat, une cinquantaine de citoyens répartis sur l’ensemble du département, dans le respect de la parité et des critères d’âge, et avec pour mission de contribuer au travail parlementaire sur trois thèmes imposés : l’habitat, le revenu universel et les monnaies locales, et la démocratie directe. « Nous les avons accompagnés, parce que ce travail demande de l’accompagnement. On a fait intervenir des personnes spécialisées pour les aider. Mais la consigne qu’on leur avait donnée, c’était : on veut un rendu. Peu importe la forme », précise le sénateur.

« Ce n’est vraiment pas un travail pour rien »

Les travaux les plus aboutis ont donné lieu à la rédaction d’une proposition de loi « tendant à un nouveau souffle démocratique ». Un texte étoffé de 22 articles. On y trouve une disposition d’ordre constitutionnelle qui propose d’abaisser « à un million d’électeurs » le nombre de signatures nécessaires pour mettre en œuvre un « référendum d’initiative partagée », contre 10 % du corps électoral actuellement. « Ce qui correspond à la promesse du chef de l’Etat lors du grand débat national en 2019 », rappelle la proposition de loi dans ses motifs. Le texte instaure aussi le non-cumul des mandats dans le temps, limité à trois mandats consécutifs identiques. Les articles proposent, entre autres, l’instauration de la proportionnelle aux législatives, ou encore l’abaissement de l’âge de la majorité électorale de 18 à 16 ans « pour permettre à environ 1,5 million de jeunes de participer à la vie électorale de notre pays ». On relève aussi un article portant sur « une réelle reconnaissance du vote blanc ». Un nouveau scrutin serait obligatoire si le pourcentage des votes blancs dépasse 50 %.

Guillaume Gontard reste prudent sur les chances d’aboutissement de cette proposition de loi qui sera, déposée sur le bureau de la Haute assemblée la semaine prochaine. « Quand on est un petit groupe parlementaire, on a peu d’espace pour déposer un texte de loi. Nos niches parlementaires laissent quatre heures pour examiner une proposition de loi, ça ne peut être que de petits textes. Nous reprendrons un ou deux éléments de ce texte. On pourra réutiliser ces propositions sous forme d’amendements au fil des débats législatifs. Ce n’est vraiment pas un travail pour rien », assure-t-il.

« Ça a été une expérience très stimulante et énergisante »

Sur les 47 personnes sélectionnées à l’origine, la moitié a quitté l’aventure en cours de route. « Certains se sont rendu compte que c’était compliqué de tenir la distance avec le travail, la famille… Ça se passe aussi lors d’un mandat électoral, parfois on ne va pas au bout », relativise Guillaume Gontard. La délégation de citoyens présente au Sénat ce vendredi garde, elle, un souvenir très positif de leur contribution. « Ça a été une expérience très stimulante et énergisante. Mais elle pose la question de l’accompagnement. Quand les moyens sont là, il y a moins de perte en cours de route. A tous les étages de la démocratie, les élus devraient avoir des enveloppes pour favoriser ces processus de concertation et coopération avec les citoyens », insiste Philippe, la soixantaine.

Mais tous se sont présentés comme engagés dans la vie publique locale, de quoi remettre en cause la diversité du panel. « Evidement comme c’est un travail volontaire, les personnes qui nous ont contactés sont déjà intéressées par ces questions-là », reconnaît Guillaume Gontard qui précise ne pas avoir eu les moyens de mettre en place un véritable tirage au sort.

La quinzaine de citoyens présents semblait également avoir la même orientation politique. On ose alors une question. Auriez-vous participé à cette contribution si le sénateur à l’initiative avait été de droite ? « Le problème, c’est que la droite en Isère n’aime pas beaucoup la participation citoyenne. Pourquoi pas, mais est-ce que la droite française considère que les citoyens ont voix au chapitre après l’élection ? », répond un homme d’un certain âge au fond de la salle. On a eu notre réponse.

 

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Vie démocratique : le groupe écologiste du Sénat dépose une proposition de loi rédigée par des citoyens
6min

Politique

« Nous n’avons pas le moindre objectif en ce qui concerne les élections », assure le directeur de Périclès, l’organe d’influence de Pierre-Édouard Stérin

Entendu par la commission d'enquête sénatoriale sur le financement privé des politiques publiques, Arnaud Rérolle, le directeur général de Périclès, un organe de financement abondé par le milliardaire ultraconservateur Pierre-Edouard Stérin, s’est défendu de toute entreprise politique. S’il assume la volonté de défendre des projets portés par une ligne « de droite, d’inspiration libérale-conservatrice », il assure ne pas chercher à construire « une majorité politique » en vue de 2027.

Le

Paris : parliamentary groups speak to medias after a meeting of the bill to combat antisemitism
2min

Politique

Enquête pour corruption : le Sénat lève l’immunité parlementaire de Francis Szpiner, « afin de permettre son placement en garde à vue »

Le sénateur Les Républicains Francis Szpiner, ancien maire du XVIe arrondissement, est visé depuis octobre 2024 par une enquête du parquet de Paris. L’élu est suspecté d’avoir monnayé les faveurs sexuelles d’une jeune femme contre l’attribution d’un logement social. Des faits contestés par l’intéressé, qui devrait être prochainement placé en garde à vue.

Le

TAHITI SWIMRUN 2024
6min

Politique

« Mettre les Outre-mer au centre du jeu » : les sénateurs appellent à renforcer la stratégie française et européenne dans le bassin pacifique

Après deux volets sur l’océan Indien et l’océan Atlantique, la délégation sénatoriale aux Outre-mer s’est penchée sur l’intégration régionale de la Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna et la Polynésie française, jugée insuffisante. Les sénateurs appellent la France et l’Union européenne à prioriser ces territoires, notamment via un ministère dédié, dans une région clé de la géopolitique mondiale.

Le

Declaration des impots sur le revenu en ligne
4min

Politique

Transparence de la vie publique : record du nombre de contrôles exercés par la Haute autorité en 2025

Dans son rapport annuel, la Haute autorité de la transparence de la vie publique (HATVP) indique avoir réalisé un contrôle de 5 795 déclarations patrimoniales et d’intérêts des responsables publics et a rendu 641 avis sur des projets de mobilité professionnelle entre les secteurs public et privé. 57 dossiers ont été transmis au parquet pour défaut de déclaration. Des chiffres record. La Haute autorité formule également des propositions pour rationaliser ses contrôles.

Le