Affaire Benalla : Hervé Marseille dénonce « une alliance de circonstance entre LR et PS »
Le président du groupe centriste du Sénat, Hervé Marseille, « regrette » la décision du bureau du Sénat de transmettre les cas de trois proches d’Emmanuel Macron, suite à la commission d’enquête sur l’affaire Benalla. Il dénonce une décision qui aura « des conséquences politiques ».

Affaire Benalla : Hervé Marseille dénonce « une alliance de circonstance entre LR et PS »

Le président du groupe centriste du Sénat, Hervé Marseille, « regrette » la décision du bureau du Sénat de transmettre les cas de trois proches d’Emmanuel Macron, suite à la commission d’enquête sur l’affaire Benalla. Il dénonce une décision qui aura « des conséquences politiques ».
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le président du groupe Union centriste du Sénat, Hervé Marseille, « regrette » la décision du bureau du Sénat de transmettre les cas de trois proches d’Emmanuel Macron, suite à la commission d’enquête sur l’affaire Benalla. « Quand on veut faire de la politique, on le fait devant les électeurs et pas au prétoire » affirme à publicsenat.fr le sénateur UDI des Hauts-de-Seine, qui avait milité contre une transmission au parquet des cas d’Alexis Kohler, Patrick Strzoda et du général Lavergne. Hervé Marseille dénonce une décision qui aura « des conséquences politiques ». Entretien.

Quelle est votre réaction après la décision du bureau du Sénat de transmettre à la justice les cas d’Alexis Kohler, Patrick Strzoda et celui du général Lavergne ?
Je prends acte de la décision du bureau, que je respecte. Il a pris une décision. J’ai toujours soutenu l’action de la commission d’enquête et le travail fait par le président Bas et les rapporteurs sur leurs conclusions relatives à Alexandre Benalla et Vincent Crase. En revanche, je continue de penser que la mise en responsabilité d’un certain nombre d’autres responsables n’était pas indispensable, ni justifiée. Je regrette un peu qu’on ait été jusque-là.

Pensez-vous que cette décision va mette à mal les relations entre le Sénat et l’Elysée ?
Je n’en sais rien, mais j’espère que non. En tout état de cause, mes amis ont voté contre cette décision, contrairement à une alliance de circonstance entre les LR et les socialistes.

Cela va-t-il compliquer les discussions sur la réforme constitutionnelle ?
Je ne le souhaite pas. C’est l’intérêt du pays de trouver les solutions aux problèmes institutionnels. Les institutions sont indépendantes des humeurs et des sentiments des uns et des autres. La responsabilité institutionnelle des deux chambres du Parlement, et au sommet de l’Etat, c’est de contribuer à faire naître des solutions aux problèmes du pays. C’est ce qu’on attend de nous et pas des chicayas entre les uns et les autres.

Le président du groupe LR, Bruno Retailleau, a poussé pour la transmission, alors que vous vous y êtes opposé. Les votes au sein du bureau montrent que les LR ont voté pour. Cette décision aura-t-elle des conséquences pour la majorité sénatoriale ?
Ce n’est pas notre volonté. Mais le président de la commission d’enquête pouvait saisir directement le parquet sur ses convictions, concernant la responsabilité des uns et des autres. Je regrette qu’on ait entraîné le bureau du Sénat dans une démarche comme celle-là.

Etes-vous surpris de la décision des sénateurs LR du bureau, ou vous y attendiez-vous ?

Nous, on est indépendant, on est libre et on a manifesté notre liberté de penser. Quand on veut faire de la politique, on le fait devant les électeurs et pas au prétoire.

La décision du bureau est-elle juridique ou politique à vos yeux ?
Je ne suis pas membre du bureau. Je veux croire que la décision avait un fondement juridique. Dans tous les cas, elle aura des conséquences politiques.

En transmettant l’ensemble des cas à la justice, le Sénat ne renforce-t-il pas son rôle de contre-pouvoir ?
Le Sénat a montré qu’il était en situation de faire les choses de façon indépendante, de contrôler l’exécutif. C’est tout à son honneur et celui de la commission d’enquête. Ce qui est superfétatoire, c’est d’être allé jusqu’à un certain nombre de mises en cause.

Partager cet article

Dans la même thématique

Affaire Benalla : Hervé Marseille dénonce « une alliance de circonstance entre LR et PS »
2min

Politique

Universités : « Ce gouvernement n'augmentera pas les droits d'inscription », assure Philippe Baptiste

Un rapport remis au gouvernement la semaine dernière suggérait plusieurs pistes pour éviter « l'appauvrissement » des universités, comme multiplier par cinq les frais d'inscription pour les étudiants français. Une mesure que le ministre de l'Enseignement supérieur a écartée ce mardi matin devant le Sénat tout en renvoyant le débat à la prochaine présidentielle.

Le

Presidential candidate Jean-Luc Melenchon attends the debate on the bill to nationalize ArcelorMittal
4min

Politique

Sondage présidentielle 2027 : Jean-Luc Mélenchon reprend le leadership à gauche mais reste rejeté par l’ensemble des Français

Longtemps présenté comme fragilisé par la montée de Raphaël Glucksmann, Jean-Luc Mélenchon semble avoir inversé la tendance. Le dernier baromètre Odoxa-Mascaret montre que le leader de La France insoumise est désormais la personnalité politique la plus appréciée des sympathisants de gauche, confirmant une dynamique engagée depuis l’annonce de sa candidature. Une progression qui intervient alors que les perspectives d’une primaire de la gauche s’éloignent de plus en plus.

Le

NEWS : Fete du Rassemblement National – Macon – 01/05/2026
5min

Politique

Procès du FN : en cas d’empêchement de Marine Le Pen, Jordan Bardella s’installe comme une alternative crédible aux yeux des Français

Selon le dernier baromètre Odoxa-Mascaret pour Public Sénat et la presse quotidienne régionale, près de six Français sur dix estiment que Marine Le Pen est traitée comme n’importe quel justiciable. Alors que la cour d’appel rendra son verdict le 7 juillet, l’hypothèse d’une inéligibilité de la dirigeante du Rassemblement national ne semble ni délégitimer la justice aux yeux de l’opinion ni fragiliser durablement son parti, où Jordan Bardella apparaît désormais comme une alternative pleinement crédible.

Le

ORSAY: Hopital Paris Saclay, services des   urgences adultes et pediatriques, service de neonatalogie pendant la canicule
10min

Politique

Canicule : « Ça va être terrible, on va atteindre les 10.000 morts, l’équivalent d’une guerre et on ne réagit pas », dénonce le sénateur écologiste Guillaume Gontard

Alors que le bilan de la canicule historique n’est pas connu, les attaques contre le gouvernement, venant de la gauche, du RN, mais même du bloc central, se multiplient. « La chaîne de prévision » et « la chaîne de réaction » ont « tenu », rétorque le premier ministre, Sébastien Lecornu. Mais il reconnaît une fragilité sur « la capacité de rafraîchissement des établissements de santé ». Les premières clim' devraient arriver « en fin de semaine ou début de semaine prochaine ».

Le