Benoît Hamon, la disparition du « je »

Benoît Hamon, la disparition du « je »

Le 29 janvier dernier, Benoît Hamon remportait la primaire de la Belle Alliance face à l'ancien premier ministre Manuel Valls. Avec le revenu de base universel ou le 49.3 citoyen, l’ancien frondeur a voulu imprimer sa marque dans cette campagne. Les invités de Déshabillons-les décryptent le style et les mots du candidat socialiste.
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La cohérence rationnelle et émotionnelle.

Président du Mouvement des Jeunes Socialiste dans les années 90, porte-parole du PS de 2008 à 2012, ministre et député, Benoît Hamon fait de la politique depuis longtemps, une force dont il a su tirer parti selon Gilles Masson, président de M&C Saatchi Gad.

Pour le communicant, « c’est [donc] l’homme le mieux préparé de la campagne en terme de communication ». Grâce à cela il a su développer une cohérence rationnelle, en se positionnant à la gauche du PS depuis de nombreuses années, mais également une cohérence émotionnelle par ses gestes, ses mots « ce qui est très rare en politique ».

 

La main sur le cœur pour réveiller le Parti Socialiste.

Un regard expressif exprimant parfois le rejet de certains sujets, des mains agitées pour accompagner un message pédagogue, des doigts formant des mouvements précis pour ponctuer le discours… La gestuelle de Benoît Hamon est sans conteste l’une des plus variées et expressives de cette campagne.

Lors des meetings, au soir de sa victoire à la primaire de la Belle Alliance ou lors de son investiture, Benoît Hamon met à de nombreuses reprises la main sur le cœur. Un geste symbolique en écho au slogan de sa campagne mais également un geste spontané pour le synergologue Stephen Bunard. Mais plus que ce mouvement, ce qui intéresse le spécialiste de la gestuelle c’est le « tapoti tapota » effectué par le socialiste sur son cœur « comme si le PS était en réanimation ».

Déshabillons-les La gestuelle de Benoit Hamon
01:26

L’individuel intégré dans le collectif.     

Le 5 février dernier à l’occasion de la convention d’investiture à la Maison de la Mutualité, Denis Bertrand, sémiologue et enseignant à l’université Paris 8, revient quant à lui sur l’usage du pronom  je dans les discours du candidat PS.

Il y a chez Benoît Hamon comme un « effacement relatif du mot je ». Sa manière d’inclure ses camarades socialistes lors de remerciements au début de son discours en est un des exemples. Un moyen aussi pour détruire l’image de l’homme providentiel souvent si cher aux politiques.

 

Elargir son discours pour convaincre l’ensemble des électeurs de gauche.

Gestuelle expressive, rationalité du discours et appel au rassemblement, au lendemain de sa victoire à la primaire, le candidat PS pose les bases du « style Hamon ». 

Pour l’historien spécialiste du PS, Alain Bergounioux « sa force est d’avoir remis sur le devant de la scène un certains nombres de thèmes économiques et sociaux », souvent investis par le Front National. Ne pas laisser ces thématiques au Front National serait donc une bonne stratégie.

Pour convaincre le vainqueur de la primaire devra donc « expliciter d’avantage les choses », notamment sur la laïcité et « élargir son discours ».

Retrouvez Déshabillons-les samedi 11 février à 15h et 0h15 ainsi que dimanche 12 février à 11h15.

Déshabillons-les Le décryptage de Denis Bertrand
01:14

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