Blanquer critique la FCPE après la diffusion d’une affiche avec une mère voilée
"Une erreur regrettable": Jean-Michel Blanquer a fustigé mardi une affiche de campagne de la FCPE qui défend le droit de mères...

Blanquer critique la FCPE après la diffusion d’une affiche avec une mère voilée

"Une erreur regrettable": Jean-Michel Blanquer a fustigé mardi une affiche de campagne de la FCPE qui défend le droit de mères...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

"Une erreur regrettable": Jean-Michel Blanquer a fustigé mardi une affiche de campagne de la FCPE qui défend le droit de mères voilées de faire des sorties scolaires, s'attirant en retour les critiques de la première fédération de parents d'élèves.

"Nous avons été nombreux, je pense, à avoir de la tristesse en voyant une fédération de parents d'élèves connue dans notre pays faire une campagne d'affichage autour des mamans voilées à l'école", a lancé le ministre de l'Education nationale en ouverture d'un séminaire au lycée Louis-le-Grand à Paris.

"Sur le plan juridique, c'est tout à fait possible pour une mère d'être voilée, en revanche, nous n'avons jamais dit que c'était à encourager", a-t-il martelé.

Très critique de la politique de M. Blanquer, la FCPE a diffusé, en interne, une affiche de campagne pour les élections des représentants de parents d'élèves sur laquelle on voit une mère voilée et sa fille à côté de l'inscription "Oui, je vais en sortie scolaire, et alors?".

"Cette fédération de parents d'élèves a été fondée sur la laïcité donc c'est extrêmement paradoxal, je pense que c'est une erreur", avait condamné plus tôt le ministre.

En colère, Rodrigo Arenas, coprésident de la FCPE, a déploré que cette affiche soit "instrumentalisée par des réseaux d'extrême droite" et par Laurent Bouvet, fondateur controversé du Printemps républicain et tenant d'une laïcité stricte.

"Le ministre, lui, a créé un précédent: il s'est clairement immiscé dans une élection de parents d'élèves", a dénoncé Rodrigo Arenas, qui a par ailleurs annoncé son intention de porter plainte contre M. Bouvet pour "incitation à la haine" contre les parents musulmans.

Certains politiques ont réagi. "Je peux vous dire très simplement que si demain on interdit aux femmes qui portent le foulard de faire les sorties scolaires (en Seine-Saint-Denis, NDLR), il n'y aura tout simplement plus de sorties scolaires", a déclaré la députée LFI Clémentine Autain.

L'eurodéputé et vice-président du Rassemblement national Jordan Bardella, a, lui, estimé qu'"il n'y a pas de petite capitulation face à l'islamisme : elles sont toutes graves, dangereuses et inexcusables".

La loi du 17 mars 2004 interdit les signes religieux ostensibles (foulard, kippa etc.) à l'école publique. Le débat s'est ensuite déplacé sur le sujet des mères accompagnatrices des sorties scolaires, une circulaire du ministre de l'Education Luc Chatel en 2012 leur demandant de ne pas porter de signe religieux ostentatoire.

En 2013, le Conseil d'Etat a estimé que les mères voilées accompagnant les sorties scolaires ne sont pas soumises aux "exigences de neutralité religieuse".

Les opposants à l'interdiction estiment qu'elle aurait pour unique conséquence d'éloigner de l'école ces mères, alors que l'un des facteurs de réussite scolaire est justement l'implication des parents.

Mardi, Jean-Michel Blanquer a aussi fait un point sur les atteintes à la laïcité à l'école. Quelque 900 faits ont été signalés entre avril et juillet à l'école (contre 1.000 un an plus tôt), qui ont conduit à 250 interventions d'équipes du rectorat.

Dans le détail, c'est au collège que les tensions restent les plus nombreuses, avec 44% des signalements. Le lycée est moins concerné, avec 19% des cas. On note en revanche une augmentation dans les écoles primaires (37% des cas).

Partager cet article

Dans la même thématique

EU Summit, Europa-Gebäude, Br%FCssel, Belgium – 15 Oct 2026
7min

Politique

Union européenne : comment est abondé le budget et que finance-t-il ?

Les dirigeants européens ont entamé jeudi à Bruxelles les négociations autour du prochain budget de l’UE sur la période 2028-2034. La Commission aimerait trouver un accord d’ici la fin de l’année, avant la tenue des élections dans plusieurs États membres, dont la France. La favorite des sondages, Marine Le Pen, plaide pour une baisse de la contribution française au budget de l’Union. Comment fonctionne le budget de l’Union européenne ? Explications.

Le

Blanquer critique la FCPE après la diffusion d’une affiche avec une mère voilée
5min

Politique

Désindexation des retraites au-delà de 1260 euros : « Il faut que tout le monde contribue », insiste le ministre Jean-Pierre Farandou

Comme ses collègues de Bercy, le ministre du Travail et des Solidarités a défendu la proposition initiale du budget de la Sécurité sociale de n’indexer sur l’inflation que les petites pensions allant jusqu’à 1260 euros. Il s’agit d’une dérogation à la règle habituelle. Il suggère à l’avenir d’aborder cette question de l’évolution annuelle des retraites, sur le modèle des complémentaires de l’Agirc-Arrco.

Le

Illustrations – SUPERMARCHE – CARREFOUR EXPRESS
7min

Politique

Des produits sains vendus sans marge en grande surface : Que contient la proposition de loi de la sénatrice écologiste Antoinette Guhl ?

Face à la hausse du carburant et de l’inflation, les Français font des économies. Mais « la seule variable d’ajustement est aujourd’hui l’alimentation », alerte la directrice de Famille Rurale, Nadia Ziane. Pour lutter contre la précarité alimentaire, la sénatrice écologiste Antoinette Guhl propose une loi visant à garantir l’accès de denrées alimentaires saines à prix coutant, soit sans marge des distributeurs.

Le

Paris : French far-right Rassemblement National (RN) parliamentary session
3min

Politique

Sondage : Marine Le Pen creuse l'écart et s'installe en grande favorite à quelques mois de la présidentielle

Selon le dernier baromètre Odoxa-Backbone et Public Sénat, la candidate du Rassemblement national recueille 37 % des intentions de vote au premier tour, soit près de deux fois plus que ses deux poursuivants, Jean-Luc Mélenchon et Édouard Philippe. Au second tour, elle l’emporterait largement face au leader insoumis (68 %) et plus modestement face à Édouard Philippe (53 %).

Le