« La première politique que l’on peut mener pour la jeunesse, c’est de ne pas augmenter la dette », assure le député LR de Paris Michel Barnier. Pour l’ancien Premier ministre, qui avait fait de la réduction du déficit public son objectif principal durant son passage à Matignon, il y a urgence à ramener le déficit public autour de 5 %. La charge de la dette devrait augmenter, en 2027, de 10 milliards d’euros par rapport à 2026 pour atteindre 72,9 milliards.
« Le pays va mal, il est en crise morale, financière, économique », martèle l’ancien premier ministre. Malgré ce constat, les solutions et les orientations budgétaires divergent largement dans une Assemblée nationale fracturée. Ainsi, le projet de loi de finances défendu par le gouvernement, qui prévoit près de 54 milliards d’euros d’économies peine à convaincre à l’Assemblée nationale.
« On veut ramener le déficit à 5 %, c’est exactement l’objectif que j’avais et sur lequel j’ai trouvé en face de moi des partis irresponsables »
Pour enjamber les divergences, Michel Barnier plaide pour une adoption sans vote des textes budgétaires. « On peut prendre le risque du 49.3 ou alors tenter les ordonnances. Je pense que l’on devrait procéder par 49.3 », affirme l’ancien locataire de Matignon. Pour rappel, en 2024, le recours à l’article 49 alinéa 3 avait entraîné la chute du gouvernement de Michel Barnier. « On veut ramener le déficit à 5 %, c’est exactement l’objectif que j’avais et sur lequel j’ai trouvé en face de moi des partis irresponsables », continue le député.
Néanmoins, Michel Barnier doute de la possibilité de trouver un accord avec « un parti socialiste qui n’était pas à la hauteur [en 2024] et qui risque de ne pas l’être ». C’est pourtant un accord avec le groupe PS qui avait permis au gouvernement de Sébastien Lecornu de faire adopter le budget 2026 par 49.3. Si l’ancien Premier ministre espère que l’élection présidentielle permettra de restaurer la capacité d’action de l’exécutif en matière budgétaire, ce dernier estime qu’il faudra, à défaut, « assumer le fait que les retraites ne soient pas payées dans quelques années ».