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Budget : Bruno Retailleau demande au gouvernement le retour de la réforme des retraites

Sur franceinfo, le candidat LR à la présidentielle, Bruno Retailleau a développé un peu plus la ligne de responsabilité qu'il entend incarner en indiquant que sa famille politique allait demander le retour de la réforme des retraites dans le prochain budget. Une réforme que le gouvernement avait suspendue l'année dernière, dans le cadre d'un compromis avec les socialistes.
Simon Barbarit

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Le sort des retraités va être au cœur du budget 2027. En quête de 30 milliards d’économies, le gouvernement entend mettre à contribution les retraités à hauteur de 6 milliards d’euros. Deux pistes sont étudiées en priorité : la désindexation des pensions les plus élevées par rapport à l’inflation ou la suppression partielle, voire totale, de l’abattement de 10 % sur les pensions dont bénéficient les retraités. Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a évoqué une troisième voie. Celle de l’augmentation du taux de CSG sur les pensions, pour qu’il se rapproche de celui payé par les salariés.

« Un quart de la dépense publique ce sont les retraites. Qu’est-ce qu’on fait ? On fait comme le gouvernement. On veut taper les retraités tout en s’exonérant de la moindre responsabilité ? », a fustigé Bruno Retailleau sur franceinfo, ce matin.

Le patron de LR et candidat à la présidentielle a annoncé, ensuite, que son parti demanderait le retour dans le texte de la réforme des retraites. « Ce sont des milliards et des milliards ». « Il est hors de question de voter un appauvrissement des retraités si le gouvernement n’est pas à l’heure et au rendez-vous de sa propre responsabilité », a-t-il appuyé.

Pour mémoire, la suspension de la réforme des retraites de 2023 était au cœur du compromis trouvé l’année dernière entre le gouvernement Lecornu et les socialistes. Pour éviter le vote d’une motion de censure spontanée en octobre, le Premier ministre s’était engagé à proposer dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, une suspension du report de l’âge légal de départ à 64 ans.

Un coût complet de 13 milliards d’euros sur les finances publiques pour l’exercice 2035

Dans un rapport de la Cour des comptes sur la situation financière et les perspectives du système de retraites, remis en février 2025, la vigie financière avait calculé un coût complet de 13 milliards d’euros sur les finances publiques pour l’exercice 2035. L’âge légal était relevé depuis le 1er septembre 2023, à raison de 3 mois par année de naissance pour atteindre la cible de 64 ans en 2030. Un arrêt de la réforme à l’âge de 63 ans pouvait occasionner une double dégradation, selon la Cour des comptes : sur le régime des retraites à hauteur de 5,8 milliards d’euros, et d’une perte additionnelle sur les recettes publiques, de 7,2 milliards d’euros, en raison de carrières plus courtes.

Les députés LR étaient divisés sur la suspension de la réforme

Bruno Retailleau touche, néanmoins, un point sensible au sein de sa propre famille politique. Si au Sénat, la majorité sénatoriale de la droite et du centre avait rejeté, d’un bloc, la suspension de la réforme des retraites, le sujet avait divisé les députés LR. Les députés du groupe La Droite Républicaine, présidé par Laurent Wauquiez, n’avaient, en effet, pas tous respecté la consigne du parti. 25 députés de droite avaient voté contre la suspension de la réforme, huit députés avaient, au contraire, voté en faveur de la suspension et neuf députés s’étaient abstenus.

A quelques mois de l’élection présidentielle, cette question pourrait aussi diviser la majorité sénatoriale. « Je ne suis pas contre l’idée de suspendre la suspension de la réforme des retraites. D’un point de vue de la stricte logique financière, pour sauver le régime par répartition. Ce serait nécessaire. Mais est-ce que cela favoriserait l’adoption d’un projet de loi de finances et d’un projet de loi de financement de la sécurité sociale ? Je ne crois pas. Et la priorité c’est d’avoir un budget », insiste le sénateur centriste, Olivier Henno.

 

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