« Il pose sur la table quelque chose qui ressemble moins à un budget qu’à une provocation », commente le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Boris Vallaud après les annonces du Premier ministre. Dans un entretien accordé au Figaro le 17 septembre, Sébastien Lecornu a annoncé « un effort de 54 milliards d’euros » pour ramener le déficit public à 5 % pour 2027.
Boris Vallaud ne mâche pas ses mots contre le gouvernement estimant qu’avec ce budget qui « abîme le pays » le Premier ministre nous propose de « nous enfoncer dans la crise ». En réalisant 54 milliards d’économies, le budget risque de faire perdre jusqu’à un point de croissance et faire basculer la France en récession affirme le chef de file des députés socialistes.
« Avant de demander des efforts sur la classe moyenne, faisons participer ceux pour qui la vie est beaucoup plus facile »
« Il a encore dix jours pour examiner les propositions que nous formulons », affirme Boris Vallaud qui ne brandit pas encore la menace de la censure. Comme pour le précédent budget où ils avaient obtenu la suspension de la réforme des retraites, les socialistes pourraient être tentés d’orienter la copie du gouvernement. En effet, le 16 septembre, les députés socialistes ont présenté un projet de contre-budget prévoyant une réduction du déficit de 24 milliards d’euros. « Avant de demander des efforts sur la classe moyenne, faisons participer ceux pour qui la vie est beaucoup plus facile », juge Boris Vallaud qui souhaite un budget plus juste et diriger vers le soutien du pouvoir d’achat. Pour rappel, le projet du gouvernement prévoit pour le moment un gel du point d’indice des fonctionnaires, une désindexation de certaines retraites ainsi que la fin de l’abattement fiscal de 10 % pour certains retraités.
Le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale défend une augmentation des recettes de 39,5 milliards d’euros avec la mise en place de la taxe Zucman, la création d’une CSG sur les héritages de plus de 500 000 euros par héritier. Par ailleurs, le député socialiste fait du prix du carburant une priorité en proposant « de taxer les grands pétroliers, d’encadrer les marges de l’ensemble des distributeurs » et « augmenter substantiellement le chèque énergie ». Des positions, pour l’instant, relativement éloignées de celles du gouvernement.