« Ce n’est pas notre projet de loi de financement de la Sécurité sociale. On aurait voulu des réformes structurelles du gouvernement. Alors, en responsabilité, on fait des propositions pour tenir le solde de déficit de 12,7 milliards d’euros (contre 21,8 milliards d’euros prévus en 2026, NDLR). Et pour qu’il y ait un projet de loi de financement de la Sécu à la fin puisqu’il n’y en a pas à l’Assemblée, il faut bien qu’il y en ait un au Sénat. »
Voilà, en quelques mots, selon le rapporteur centriste du budget de la Sécu, Olivier Henno, l’objectif que s’est fixé la majorité sénatoriale pour les prochains jours. Après son rejet par les députés, l’examen du texte par les sénateurs est prévu du lundi 9 au mercredi 18 novembre et sera marqué par un vote solennel sur l’ensemble du texte.
Pour la majorité sénatoriale de la droite et du centre, le chemin vers le retour à l’équilibre des comptes sociaux passe, comme l’avait déjà demandé le candidat LR à la présidentielle, Bruno Retailleau, par le retour de la réforme des retraites de 2023, suspendue l’année dernière dans le cadre d’un accord entre le gouvernement et les socialistes.
Opposée à cette suspension, la majorité sénatoriale déposera un amendement pour rétablir la réforme de 2023, de quoi soulager les finances sociales de 600 millions d’euros l’an prochain. « La suppression de la réforme des retraites entre 2026 et 2032 coûtera 10 milliards d’euros en tout. Nous ne pourrons pas continuer à avancer vers le mur, comme c’était lancé », a considéré, hier, la sénatrice LR Marie-Do Aeschlimann (lire notre article).
« Nous devons travailler plus parce que nous vivons plus longtemps et puis aussi parce qu’il y a moins d’actifs pour payer nos retraites. C’est une évidence. Ne pas accepter cette évidence économique, c’est un renoncement qui risque de se traduire par une conséquence concrète : c’est la paupérisation des retraités », a appuyé Olivier Henno au micro de Public Sénat.
La mesure, même adoptée au Sénat, ne devrait pas aller au bout de l’examen du budget, puisque, dépourvu de majorité, le gouvernement devra très probablement avoir recours au 49.3 ou aux ordonnances pour faire passer son budget, dans lequel ne figure pas ce retour de la réforme de 2023. « On ne va tout de même pas voter conforme le projet de loi de financement de la Sécurité sociale qui est proposé par le gouvernement. On va voter un texte qui correspond à nos convictions, à une ligne politique », a-t-il rappelé.