Contre les géants du numérique, la France « ira jusqu’au bout » affirme Mahjoubi
Le secrétaire d’État au numérique Mounir Mahjoubi a assuré samedi que le gouvernement irait "jusqu'au bout" dans son offensive...

Contre les géants du numérique, la France « ira jusqu’au bout » affirme Mahjoubi

Le secrétaire d’État au numérique Mounir Mahjoubi a assuré samedi que le gouvernement irait "jusqu'au bout" dans son offensive...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Le secrétaire d’État au numérique Mounir Mahjoubi a assuré samedi que le gouvernement irait "jusqu'au bout" dans son offensive contre les géants du numérique, critiquées pour leurs pratiques d'optimisation fiscale agressive et leur politique commerciale jugée "abusive".

La France "est particulièrement engagée" sur ce dossier, a souligné sur France Inter M. Mahjoubi, pour qui les "Gafa" -- acronyme désignant les mastodontes américains Google, Amazon, Facebook et Apple -- ont "une responsabilité" en raison de leur "rôle extrêmement important dans l'économie et la société".

"On ira jusqu'au bout", a ajouté le secrétaire d’État, jugeant nécessaire de faire évoluer les "pratiques fiscales" de ces multinationales, mais aussi leur attitude vis-à-vis de la concurrence, notamment les PME, au sein de l'Union européenne.

Ces propos interviennent alors que la Commission européenne doit dévoiler mercredi ses propositions pour mieux taxer les géants du numérique, en l'absence de consensus international constaté vendredi par l'OCDE peu avant l'ouverture du G20 Finances.

Selon un document consulté par l'AFP, l'exécutif européen préconiserait de taxer entre 2% et 5% les revenus de ces entreprises dans l'Union européenne.

Cette proposition, qui s'appliquerait aux groupes dont le chiffre d'affaires annuel est supérieur à 750 millions d'euros, pourrait toutefois se heurter à l'opposition de l'Irlande ou ses Pays-Bas, connus pour leur fiscalité avantageuse vis-à-vis de ces sociétés.

"Il commence à y avoir une discussion très franche avec les pays européens qui ont profité pendant longtemps d'un décalage très fort de niveau d'imposition et qui ont permis l'évitement fiscal de ces grands acteurs internationaux", a souligné M. Mahjoubi, se disant optimiste sur ce point.

Les propos du secrétaire d’État interviennent par ailleurs quelques jours après l'annonce d'une procédure judiciaire contre Google et Apple, que l’État français accuse de "pratiques commerciales abusives" vis-à-vis des start-ups tricolores, via leurs magasins d'applications Google Play et App Store.

"Aujourd'hui, une PME qui travaille avec Google, elle ne peut rien lui dire. Elle ne peut pas lui écrire, il n'y pas de téléphone où elle peut dire +je ne suis pas d'accord+, il n'y a rien. Donc soit elle paye, soit elle ne paye pas, elle n'a pas le choix", a détaillé M. Mahjoubi.

Le secrétaire d’État a par ailleurs dit attendre "avec impatience" une "communication" de la Commission européenne sur ce sujet, prévue "dans les prochaines semaines. Elle va préciser ce que l'UE souhaite "imposer aux plateformes dans le cadre de leurs relations avec les PME".

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Olivier Faure convention municipales 2026
10min

Politique

Municipales : le PS fait du scrutin un « enjeu majeur » dans la bataille du leadership face à LFI

Le Parti socialiste, qui détient plusieurs grandes villes, à commencer par Paris, où « ça va être chaud », présente 2500 listes pour les élections municipales. Uni avec les Ecologistes dans plusieurs communes, le parti fait face aux listes LFI, qui attaquent les socialistes sans hésiter. Au-delà de l’enjeu de conserver ses villes et quelques gains possibles, à Saint-Etienne ou Amiens, le numéro 2 du PS, Pierre Jouvet, espère montrer avec le scrutin « la possibilité de construire l’alternative politique dans le pays ».

Le

Rachida Dati, at the Mutualite, 2026 municipal elections. Paris.
9min

Politique

Municipales 2026 : les LR visent la stabilité, tout en rêvant d’un exploit à Paris

En tenailles entre l’érosion du vote LR dans les grandes villes et le spectre d’une « union des droites » portée par le RN, le parti de Bruno Retaileau mise sur son solide maillage territorial pour résister lors du scrutin des 15 et 22 mars prochains. LR pourrait toutefois créer la surprise à Nantes et Besançon. Surtout, la droite caresse l’espoir d’un basculement historique à Paris avec Rachida Dati.

Le

BORDEAUX : second round of mayoral elections
17min

Politique

Municipales : les enjeux détaillés, parti par parti

Pour les élections municipales, les enjeux sont multiples. Les LR et le PS tentent de conserver leurs nombreuses villes moyennes, pour la droite, ou grandes, pour la gauche et les écolos, avec une élection cruciale à Paris, que vise Rachida Dati. Pour le RN et LFI, qui partent de loin, il s’agit de renforcer l’implantation locale. Le parti d’extrême droite vise Toulon et rêve de gagner Marseille. Horizons essaie de garder ses grands maires. Et pour Renaissance, ce sera à nouveau un scrutin difficile. Le scrutin du 15 et 22 mars devrait réserver quelques surprises.

Le

« Le gouvernement est à l’action », tient à rassurer Sébastien Martin.
4min

Politique

Prix des carburants : « Il n’y a pas de risque de pénurie », déclare Sébastien Martin

En réaction aux bombardements israélo-américains, l’Iran a bloqué le détroit très stratégique d'Ormuz. Plus de 20 % des stocks de pétrole mondiaux y transitent par bateaux, entraînant une flambée du prix des carburants à travers le monde. Invité dans l’émission Bonjour chez vous, le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin, a tenu à balayer les inquiétudes des particuliers et des professionnels.

Le