Corruption: Léon Bertrand, ex-ministre de Chirac, incarcéré en Guyane
L'ancien secrétaire d'État puis ministre délégué au tourisme de Jacques Chirac, Léon Bertrand, 67 ans, condamné pour "corruption...

Corruption: Léon Bertrand, ex-ministre de Chirac, incarcéré en Guyane

L'ancien secrétaire d'État puis ministre délégué au tourisme de Jacques Chirac, Léon Bertrand, 67 ans, condamné pour "corruption...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

L'ancien secrétaire d'État puis ministre délégué au tourisme de Jacques Chirac, Léon Bertrand, 67 ans, condamné pour "corruption passive", a été incarcéré lundi au centre pénitentiaire de Rémire-Montjoly en Guyane, a confirmé à l'AFP le procureur de Cayenne.

Mercredi, la Cour de cassation avait confirmé sa condamnation à trois ans d'emprisonnement, 80.000 euros d'amende ainsi qu'à une peine complémentaire de trois ans de privation de droits civiques, civils et de famille.

Elle avait été prononcée par la Cour d'appel de Basse-Terre (Guadeloupe) le 7 mars 2017 dans une affaire de pots de vin liés à des marchés publics de la Communauté de communes de l'Ouest guyanais, dont il avait pris la présidence en avril 2001.

Les faits ont été commis en 2003 et 2004, lorsque M. Bertrand étaient membre des gouvernements Raffarin, sous la présidence de Jacques Chirac.

Les 3 mois et 13 jours de détention provisoire déjà effectués par M. Bertrand, ajoutés aux réductions automatiques de peine, peuvent lui permettre de demander un aménagement de peine d'ici deux mois.

La culpabilité de Léon Bertrand pour "favoritisme" et "corruption passive" avait déjà été jugée définitive, le 12 juillet 2016, par la Cour de cassation.

La juridiction suprême avait toutefois partiellement cassé la décision de la Cour d'appel de Fort-de-France, faute de motivation suffisante, et renvoyé l'affaire devant la Cour d'appel de Basse-Terre.

Léon Bertrand s'était ensuite une nouvelle fois pourvu en cassation.

"J'ai toujours clamé mon innocence, j'ai toujours dit que la justice était injuste à mon égard (...). Lorsqu'on regarde mon dossier, on ne peut pas dire qu'il y ait enrichissement personnel. Aucune preuve n'est apportée, aucune somme n'est avancée", avait déclaré jeudi l'ancien ministre de 67 ans au cours d'une conférence de presse à la mairie de Saint-Laurent-du-Maroni, un fauteuil qu'il occupait depuis plus de 35 ans.

"Je respecte la décision de justice mais je ne l'approuve pas", avait poursuivi M. Bertrand, qui a annoncé son intention de saisir la Cour européenne des droits de l'homme, une action non-suspensive.

- Financement de campagnes -

L'enquête avait mis au jour un système dans lequel plusieurs proches de Bertrand récupéraient des enveloppes d'argent liquide auprès de chefs d'entreprise de Guyane, notamment pour le financement de ses campagnes électorales.

"Les entreprises concernées se sont trouvées en situation de vulnérabilité à l'égard des exigences des décideurs", avaient noté les magistrats de Basse-Terre, en soulignant que Léon Bertrand avait "failli à son devoir de probité".

L'intéressé, également député de 1987 à 2002, avait déclaré jeudi que cette conférence de presse marquait "la fin de sa vie d'homme politique".

"Je ne vais pas faire des campagnes à 70 ans", avait-il expliqué en référence à ses trois ans d'inéligibilité.

Huit personnes ont été condamnées dans ce dossier, dont son ex-chef de cabinet au ministère du Tourisme et cinq chefs d'entreprise.

Le procureur général de la Cour d'appel de Cayenne, Jean-Frédéric Lamouroux, avait indiqué en fin de semaine dernière que M. Bertrand occupera "une cellule individuelle" au centre pénitentiaire.

Partager cet article

Dans la même thématique

francois-patriat-en-septembre-dernier-photo-sipa-jeanne-accorsini-1680805422
6min

Politique

« Adieu Fanfan » : le sénateur François Patriat, ancien socialiste, fidèle d'Emmanuel Macron est mort à l'âge de 83 ans 

Le sénateur de Côte-d’Or est décédé à l’âge de 83 ans. En 2016, François Patriat avait été parmi les premiers soutiens d’Emmanuel Macron, au moment où il se lançait dans la campagne présidentielle. Jusqu’en 2026, le Bourguignon restera l’un des plus proches soutiens du président de la République. Le dernier acte d’une très longue carrière de parlementaire entamée dans les années 80.

Le

Macron Sénat 3 ok
14min

Politique

[Série 3/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : lors du second quinquennat, « le Sénat est un peu le roi du pétrole »

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffements, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Après sa réélection historique en 2022, Emmanuel Macron n’a qu’une majorité relative, l’obligeant à composer avec les LR pour obtenir des majorités. Le Sénat y trouvera son intérêt et un pouvoir d’influence. Après la dissolution manquée en 2024, la droite entre au gouvernement et fait partie de la majorité. L’opposant d’hier se retrouve aux côtés des macronistes, tout en gardant ses distances.

Le

France Politics
9min

Politique

[Série 2/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : avec l’affaire Benalla, le temps du contre-pouvoir

Le Sénat et Emmanuel Macron. 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Avec l’affaire Benalla, le Sénat s’érige en contre-pouvoir du macronisme triomphant. Une forme de revanche, qui va créer des moments de fortes tensions entre l’exécutif et la majorité sénatoriale. Le Sénat va jouer à fond son rôle de contrôle, avec une conception plus anglo-saxonne des commissions d’enquête.

Le

Heat wave at Ehpad in Bordeaux
3min

Politique

Ehpad : « Ça s’est un peu amélioré, mais on est loin du compte. » alerte la sénatrice Anne Souryis

Le placement de personnes âgées en Ephad est toujours une étape redoutée par les familles. Les principaux intéressés ne veulent pas quitter leur domicile et l’entourage craint toujours une mauvaise prise en charge. Des craintes amplifiées depuis l’enquête de Victor Castanet dans son livre « Les Fossoyeurs » en 2022 qui a révélé un système privilégiant le rendement au détriment du bien être des patients. Depuis, les politiques se sont emparés du sujet, mais les moyens déployés sont-ils suffisants ? La prise en charge s’est-elle améliorée ? Et quelles sont les alternatives ? La sénatrice écologiste Anne Souyris et le gériatre Jean-Pierre Aquino en débattent dans l’émission Et la santé, ça va ? présentée par Axel de Tarlé.

Le