« C’est un échec collectif » : revivez les temps forts de l’audition d’ Anne Hidalgo devant la commission d’enquête sur les violences sexuelles dans le périscolaire

L'ex-maire PS de Paris Anne Hidalgo a été auditionnée ce mardi 15 septembre pendant plus de deux heures par la commission d'enquête sénatoriale sur le périscolaire en France. Elle a notamment été interrogée sur les suites données à un rapport de l'inspection générale de la mairie de Paris, qui avait dressé dès 2015 un diagnostic sur les risques d'infractions sexuelles commises par des agents municipaux et formulé une série de recommandations pour les prévenir.
Emma Bador-Fritche

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Dans le dossier des violences survenues dans le périscolaire parisien, les animateurs ne sont désormais plus les seuls visés. Les 24 et 25 août, trois familles ont porté plainte contre l’ex-maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, ainsi que contre son ancien premier adjoint Patrick Bloche en charge de l’éducation, de la petite enfance et des familles d’octobre 2017 à mars 2026 pour non-assistance à personne en danger, notamment à l’égard de mineurs de moins de 15 ans. La plainte met en cause plusieurs cadres, actuels et anciens, de la mairie de Paris, mais également Anne Hidalgo, Patrick Bloche et l’actuel maire Emmanuel Grégoire (qui fut adjoint aux ressources humaines de 2014 à 2017 puis premier adjoint de 2018 à 2024). Les chefs d’accusation retenus sont la mise en danger délibérée de la vie d’autrui, la non-dénonciation d’agression ou d’atteinte à des personnes mineures, et la non-assistance à personne en danger.

L’audition sera à suivre dès 9h30, en direct sur Public Sénat ainsi que sur ses réseaux sociaux.

11h35

« Je n’ai pas toujours trouvé vos réponses précises » : Anne Hidalgo accusée par le sénateur (LR) Max Brisson de dévier de sujet

« Je vous ai surtout entendu essayer de contextualiser et d’élargir le périmètre parisien à un sujet national, mais qui est aussi parisien. Et je n’ai pas, en la matière, toujours trouvé vos réponses précises, mais votre souci de contextualisation et d’élargissement particulièrement adroit », a épinglé, en fin d’audition, le sénateur LR Max Brisson. « J’ai été choqué que lorsqu’on vous a interrogé sur les mesures prises vis-à-vis de la hiérarchie, vous avez répondu que s’il y a bien eu des mutations et des mobilités ce n’était pas sur ce sujet. Est-ce que les 235 plaintes au pénal ne devaient pas enclencher un certain nombre de sanctions, de mobilités et de modifications d’organigramme ? », a-t-il épinglé.

« Je n’ai pas cherché à dire ‘ce n’est pas moi, c’est les autres’. Collectivement, nous avons failli », s’est encore défendue Anne Hidalgo. « Il y a eu des procédures administratives qui ont été disciplinaires, et des enquêtes qui ont été lancées pour voir quelle est la chaîne de responsabilité », a-t-elle rappelé, renvoyant également les membres de la commission d’enquête à son successeur, Emmanuel Grégoire, quant aux mesures qui ont été prises ces derniers mois.

11h13

Anne Hidalgo favorable à la mise en place d’un « fichier national » pour les agents ayant fait l’objet d’un signalement

A la fin de l’audition, Anne Hidalgo s’est prononcée sur des problématiques plus générales sur le sujet du périscolaire. Elle s’est, notamment, montrée favorable à la mise en place d’un fichier nationale regroupant le nom des personnels ayant été visés par des signalements, afin de lutter contre « le nomadisme des prédateurs ». Une mesure qui figure dans le projet de loi de la protection de l’enfance, dont l’examen aura lieu au Sénat en octobre. « Les prédateurs ne vont pas se faire embaucher dans des endroits où il n’y a pas d’enfants. Il n’y a pas de profil type, mais ils vont être extrêmement habiles, souvent extrêmement populaires, extrêmement attractifs, rayonnants pour que tout le monde, les enfants, les parents… », a-t-elle exposé.

11h00

« Ce qui a été fait n’est pas suffisant, c’est clair » : les regrets d’Anne Hidalgo

Dernière question pour la rapporteure LR Agnès Evren : la sénatrice revient sur la salve de mesures annoncées par la municipalité en 2025-2026. « En quoi sont-elles différences des recommandations du rapport d’inspection de 2015 ? Pourquoi avoir attendu 10 ans pour les mettre en place ? », épingle-t-elle.

« Il est faux de dire qu’entre 2015 et 2026 rien n’a été fait. Ce n’est pas honnête intellectuellement », se défend Anne Hidalgo. « J’ai voulu aussi, à la fin de mon mandat, vérifier point par point ce qui avait été fait, bien fait, et ce qui restait à faire. Le plan que j’ai présenté vient compléter, corriger certains points délicats », explique l’ancienne édile. Elle évoque : « La question du recrutement, la question de la formation, la question du signalement et de l’information auprès des victimes et du soutien des victimes. »

« C’est un processus qui a failli mais qui a permis, peut-être aussi, de prévenir un certain nombre de situations même si le nombre de victimes est quelque chose d’intolérable, d’inacceptable dans une institution comme la Ville de Paris », poursuit Anne Hidalgo. Avant de concéder : « Ce qui a été fait n’est pas suffisant, c’est clair. » Elle ajoute : Les outils juridiques à la disposition des maires pour aller plus loin ne sont pas suffisants », appelant les parlementaires à porter les modifications législatives nécessaires.

10h49

« J’ai toujours rencontré les victimes,  mais là je ne l’ai pas fait et je le regrette »

La rapporteure Agnès Evren questionne Anne Hidalgo, ancienne maire de Paris, sur l’accompagnement des familles mis en place lors de signalements. Après avoir rencontré de nombreuses familles dans le cadre de cette commission, Agnès Evren pointe le fait que les parents se sont « retrouvés face à un mur institutionnel et un silence ». Aussi, « en termes d’accompagnement des victimes, qu’avez-vous fait ? Vous êtes-vous déplacé en tant que maire de Paris pour rencontrer les familles et les victimes ? » demande-t-elle à Anne Hidalgo.

Lorsqu’un nombre important d’affaires sont remontées au printemps de 2025, « j’ai directement demandé à faire des enquêtes administratives pour comprendre ce qu’il se passait », déclare l’ancienne maire de Paris. « Mais il y a un problème majeur : les maires sont soumis au secret de l’instruction, même lorsque l’on a connaissance de la personne signalée. Et on a très peu d’informations sur la procédure judiciaire car il y a le secret de l’enquête », continue-t-elle.

« Un jour, un membre de la brigade de protection des mineurs m’a contactée pour me faire un signalement tout en m’indiquant de ne pas contacter les parents parce qu’ils souhaitaient recueillir la parole de l’enfant sans que le bruit de l’affaire ne vienne transformer sa parole », raconte Anne Hidalgo. « Mais le problème est que les familles se retrouvent seules et ce sentiment de l’abandon je le comprends », témoigne-t-elle.

L’ancienne maire de Paris regrette de ne pas avoir pu rencontrer les familles et les victimes : « J’ai toujours rencontré les victimes et là je ne l’ai pas fait et je le regrette. Il y avait un contexte qui était celui de la campagne pour les élections municipales, mais ce n’est pas une excuse suffisante et je le regrette, je leur dis sincèrement ».

Toutefois, elle insiste sur le fait que les maires sont restreints dans leur pouvoir d’action et d’information des familles : « Mais l’information des parents, et de l’ensemble des parents ne peut pas être donnée par le maire ». « C’est pour cela que j’ai demandé au parquet et à toutes les institutions de venir dans les réunions publiques auxquelles mon adjoint Patrick Bloche et Dominique Versini et l’administration parisienne se sont rendues. Or une seule de ces réunions a été faite en présence d’une représentante du parquet, je crois, des mineurs », regrette-t-elle.

Anne Hidalgo met en avant les démarches qui ont été mises en place à partir de 2015, « nous prévenions les représentants des parents d’élèves et bien sûr le directeur de l’école et nous avons mis en place une ligne téléphonique, un accueil et une rencontre avec des psychologues pour recueillir la parole des enfants ». « Mais dans ce moment-là les parents se demandent comment parler à leur enfant pour savoir si lui aussi, qui est dans telle école, a été victime d’une agression sexuelle. Et là c’est extrêmement important que le parquet puisse être présent et que le secret d’instruction puisse être adapté », regrette-t-elle.

Toutefois, la rapporteure regrette que les familles soient laissées dans le silence : « On comprend la présomption d’innocence mais ça ne doit pas se traduire par un silence. Ce sont finalement des associations qui ont fait le travail des élus ». L’ancienne de Paris lui répond que les associations ont bien été reçues même « si cela n’est pas suffisant ». « Mais si on veut que l’information rétablisse la confiance avec les familles, l’information doit faire l’objet d’un traitement très particulier parce qu’elle est au cœur des difficultés que nous rencontrons en tant que maire », conclut-elle.

10h40

Anne Hidalgo demande « une situation juridique qui permette d’extraire une personne qui a été signalée »

Agnès Evren cite le rapport de l’inspection générale, page 36 : « Il ne peut être reproché à la Ville de compter en son sein des agents pédophiles. Mais il est de la responsabilité de la Ville de les sanctionner. » La rapporteure demande à Anne Hidalgo si une instruction claire a été donnée pour sanctionner non seulement les agents prédateurs, mais aussi les cadres qui couvriraient les affaires en interne.
Anne Hidalgo répond : « Les consignes étaient claires. » Elle détaille sa doctrine, reconnaissant toutefois qu’elle « n’a pas été appliquée jusqu’au bout » : « À tout signalement, un article 40, suspension immédiate de l’agent quel que soit son statut, engagement d’une procédure disciplinaire, et la procédure du parquet. » Elle annonce être allée plus loin que la loi : « J’ai demandé qu’il puisse y avoir un fichier national, une mémoire de tous les signalements. » Avec l’objectif que : « plus aucun agent, quand bien même il y aurait eu une procédure classée sans suite, ne puisse être remis en contact avec des enfants. »
Agnès Evren interroge Anne Hidalgo sur la pratique du déplacement des agents signalés, plutôt que leur sanction. Anne Hidalgo réplique : « Je ne valide pas cette pratique et je ne l’ai jamais validée. » Elle précise qu’à sa connaissance, les déplacements ont concerné des agents signalés pour des violences verbales ou physiques, non pour des agressions sexuelles, et affirme avoir découvert certains cas a posteriori, dans certains arrondissements. Elle interpelle les sénateurs : « Il faut créer une situation juridique qui permette d’extraire une personne qui a été signalée » dénonçant un droit de la fonction publique qui oblige aujourd’hui les collectivités à réintégrer un agent en cas de classement sans suite.
10h25

« Il y a eu des failles et des dysfonctionnements », reconnaît Anne Hidalgo

Les échanges se sont quelque peu tendus entre Anne Hidalgo et Agnès Evren, cette dernière reprochant à l’ancienne maire de Paris « un pilotage intermittent » de l’administration de la ville des recommandations du rapport de l’inspection générale.

« Avant 2020, votre cabinet participait au comité de suivi. il semble, et c’est écrit là aussi dans le rapport de l’inspection générale qu’il y a eu une rupture en 2020. Et donc ma question est la suivante pour clarifier les choses. Pourquoi y a-t-il eu cette rupture ? », a interrogé la sénatrice.

En 2020, après ma réélection, je nomme Dominique Versini adjointe en charge de la protection de l’enfance et des droits des enfants. Et donc c’est Dominique Versini qui va porter, sous mon impulsion, le suivi permanent de tout cela. J’ai une grande confiance en Dominique Versini qui a fait progresser la mission des droits de l’enfant », a répondu Anne Hidalgo.

Agnès Evren revient néanmoins à la charge. « D’après, ces rapports que j’ai consultés, seuls quatre comités de suivi des recommandations se sont réunis entre 2023 et 2026. Pourquoi Mme Hidalgo a un tel espacement alors qu’on est pile au moment où les affaires médiatiques sortent et que l’attente et l’angoisse des parents sont immenses ? »

Anne Hildago indique qu’à partir de 2020, elle dispose d’une adjointe en charge de la protection de l’enfance et des droits de l’enfant « qui pilote ce secteur, qui travaille étroitement avec moi-même, bien sûr, avec mon adjoint en charge des affaires scolaires, mon premier adjoint, avec l’administration de la ville… » « Et donc il y a un pilotage permanent intégré au service de la ville et non plus extérieur. »

Néanmoins, l’ancienne élue confirme le chiffre du dernier rapport d’inspection général selon lequel seul 50 % des recommandations émises en 2015 ont été mises en œuvre. « Ce rapport de l’inspection générale que j’ai demandé, pour que nous ayons connaissance précise de la pratique, de la mise en œuvre des recommandations positives, négatives, les failles est un rapport qui est extrêmement important et à aucun moment dans ma vie de maire, je n’interviens lorsque je demande une enquête administrative et donc ce rapport il est là, il s’impose à nous, il y a eu des failles et des dysfonctionnements », a reconnu l’ancienne édile.

Sur le sujet précis, de l’effectivité d’une formation obligatoire pour les agents et les vacataires recommandées dès 2015, Anne Hidalgo renvoie à son administration. « Est-ce que sur la formation, les recommandations qui avaient été données ont été suivies de façon persistante, constante ? A ma connaissance dans les informations dont je dispose, la mise en place de l’école de la formation en 2018 est un outil majeur qui nous permet d’avoir un lieu pour professionnaliser les agents et pour travailler à cela, à ma connaissance, mais vous poserez la question à l’administration parisienne puisque c’est elle qui est en charge de gestion directe du DRH, c’est elle qui pourra vous dire quels sont les contenus de formation et c’est elle qui pourra vous dire si c’était demandé à tous les agents, destiné à tous les agents ou pas, c’est elle qui pourra vous dire aussi si le guide des vacataires était suffisant ou pas », a-t-elle répondu

10h15

Anne Hidalgo assure avoir « mis en place les garde-fous pour empêcher que des prédateurs ne viennent attaquer des enfants » 

La rapporteure LR Agnès Evren évoque désormais les lourdeurs administratives et le manque de clarté des procédures à suivre en cas d’agression, tels que pointés par le rapport remis par l’inspection générale en 2015.

Anne Hidalgo se défend en évoquant d’abord « la complexité » de l’organisation de la Ville de Paris. « C’est 17 arrondissements (les arrondissements centraux ont été administrativement fusionnés, ndlr), 17 caisses des écoles et 10 circonscriptions scolaires, c’est une décentralisation importante. Forcément, comme dans toutes les institutions, notamment sur des sujets délicats et complexes, il y a eu des dysfonctionnements, des chaînes d’informations qui n’ont pas fonctionné », explique l’ex-édile.

Elle assure toutefois avoir systématiquement procédé aux « corrections » nécessaires dès qu’un problème de procédure était porté à sa connaissance. « Plusieurs comités de pilotage ont lieu. Tous les lundis matins je réunissais ma secrétaire générale, mon directeur de cabinet, les principaux adjoints concernés pour faire le point de cela. Ce sont mes adjoints qui, en chargent de ces questions, ont suivi ces comités de pilotage, mais il y a eu plusieurs comités de pilotage avec des décisions prises à la suite de chacun de ces comités », a-t-elle assuré. « Mon travail a été constamment, dans le cadre du droit existant, d’aller mettre en place les garde-fous pour empêcher que des prédateurs ne viennent attaquer des enfants », a-t-elle martelé.

À nouveau, Anne Hidalgo a voulu dénoncer une défaillance institutionnelle face au nombre « extrêmement important de victimes » : « À l’aune de toutes ces corrections, il y a un manque évident dans l’interaction entre les institutions. Il y a un sujet sur les violences sexuelles commises contre les enfants. Les institutions doivent travailler ensemble ».

10h07

Baisse des signalements : « Mon administration n’a pas suivi ma consigne et c’est plus que fâcheux » affirme Anne Hidalgo

La rapporteure de cette Commission, Agnès Evren, questionne l’ancienne maire de Paris, Anne Hidalgo, sur la baisse des remontées des signalements entre 2021 et 2025 : « Vous avez découvert en préparant cette audition qu’une consigne, qui concerne la sécurité des enfants, avait été modifiée pendant quatre ans. Entre 2021 et 2025, sans que vous-même, maire de Paris, n’ait été informée, la remontée des signalements n’était pas systématique. »

En effet, la direction des affaires juridiques a décidé que lorsque des enquêtes étaient en cours, un signalement supplémentaire par l’article 40 n’était pas nécessaire. L’ancienne maire de Paris se défend : « Ma consigne a toujours été de systématiser les signalements entre 2021 et 2025 mais l’administration a considéré que cela faisait doublon. Je n’en étais pas informée », déclare-t-elle. « Mon administration n’a pas suivi ma consigne et c’est plus que fâcheux », continue Anne Hidalgo.

10h02

Anne Hidalgo assure avoir « toujours eu conscience de l’importance et de la gravité de la situation »

Les échanges se tendent. Agnès Evren demande à Anne Hidalgo : « À quel moment avez-vous compris que ces violences périscolaires n’étaient plus quelques cas isolés, mais concernaient un grand nombre d’écoles à Paris ? »
Anne Hidalgo indique : « En 2014, je décide de lancer cette inspection générale car je comprends qu’il y a un sujet et qu’il doit être traité. » Elle assure avoir « toujours eu conscience de l’importance et de la gravité de la situation ». Elle reconnaît toutefois les failles du dispositif : « Il y a un échec collectif. » La rapporteure réagit immédiatement : « C’est systémique ! » Puis elle affirme : « Une maternelle sur trois est concernée par une affaire judiciaire. »
09h52

« En 2014, quand je deviens maire, je suis informée d’un certain nombre de cas de violence », indique Anne Hidalgo

Agnès Evren la rapporteure rappelle que « cette commission d’enquête n’est pas partisane » et que « la protection de l’enfance dépasse les clivages droite gauche ». Elle précise : « Je ne suis ni magistrate ni juge » et explique vouloir identifier « les dysfonctionnements dans la chaîne de protection ». Elle souligne que Paris est « un cas exceptionnel par l’ampleur des affaires » et indique avoir demandé « l’ensemble des rapports de l’inspection de la Ville » sur le périscolaire depuis 2016.
« Quand avez-vous été personnellement informée des violences sexuelles dans le périscolaire ? », interroge-t-elle.
Anne Hidalgo répond. « En 2014, quand je deviens maire, je suis informée d’un certain nombre de cas de violence », précise-t-elle, tout en ajoutant : « pas dans le périscolaire, mais dans des conservatoires ».
Face à la gravité des faits, elle explique : « Je décide de lancer cette mission. » Selon elle, le rapport met en évidence « des chaînes d’information qui doivent mieux fonctionner ». Elle indique avoir alors sollicité François Molins, procureur de Paris de l’époque, pour améliorer « le recrutement et l’accès à l’information dont les maires ne disposent pas ».
Agnès Evren insiste sur les chiffres. Elle rappelle qu’en 2014-2015, « 18 cas de suspicion d’agression sexuelle » ont été recensés, avec « 12 signalements » en 2014 et autant en 2015.
09h45

Anne Hidalgo défend « l’affirmation d’un principe de précaution stricte » après le premier signalement

Devant les sénateurs, l’ancienne maire de Paris a rappelé la chronologie après les premiers signalements dans des écoles du Xième, XIIe et XVe arrondissements de Paris. Un plan a été présenté à la presse en novembre 2025. Un plan guidé par « un principe de précaution stricte à la suite d’un signalement, quelle que soit l’issue de l’enquête de police et de la procédure judiciaire, quand bien même il y aurait eu un classement sans suite. « Il a été décidé que la ville de Paris n’emploierait pas un agent vacataire ayant fait l’objet d’un signalement », a-t-elle détaillé.

Anne Hidalgo a alors déclaré « assumer » le fait que ces « deux dispositifs soient totalement dérogatoires au principe de présomption d’innocence et aux droits des agents de la fonction publique territoriale ».

Un autre volet du plan a consisté à renforcer la formation et le recrutement des agents du périscolaire, avec la création d’une académie des vacataires mise en place en février 2026. « Nous avons revu tout le processus de recrutement des vacataires pour le rendre homogène, c’était un point de faiblesse, homogène dans tous les arrondissements, car vous le savez peut-être ou pas. Mais à Paris, les recrutements des agents du périscolaire, cela se fait à l’échelle des circonscriptions », a-t-elle précisé.

En 2015, un rapport de l’inspection générale de la mairie de Paris avait dressé un diagnostic sur les risques d’infractions sexuelles commises par des agents municipaux et a formulé des recommandations de prévention. Au début de l’année 2026, Anne Hidalgo avait demandé à l’inspection générale de la ville de réaliser une mission flash pour savoir si toutes les recommandations du rapport avaient été mises en œuvre.

« Je crois qu’une des difficultés essentielles concerne la circulation de l’information », a-t-elle relevé « C’est à la demande des autorités judiciaires et policières que nous n’informions pas les familles de l’école, c’est vrai pour tous les maires de France puisque l’enquête est couverte par le secret de l’instruction. J’ai demandé à faire évoluer cette doctrine à l’automne 2025, dès l’automne 2025. Nous avons décidé d’informer les familles systématiquement », a-t-elle indiqué.

09h34

Violences sexuelles dans le périscolaire à Paris : « Nos institutions ont failli et c’est un échec collectif »

L’ancienne maire de Paris a débuté son propos liminaire par une pensée « pour toutes les petites parisiennes et les petits parisiens victimes de prédateurs sexuels dans l’enceinte de l’école et dans le cadre du périscolaire ». « Pour moi c’est une douleur et une blessure de voir que des enfants ont été victimes de prédateurs sexuels alors que leurs parents nous les avaient confiés », a-t-elle déclaré. Elle a toutefois évoqué un « échec collectif » : « Malgré les actes posés et la conscience réelle des abus sexuel dont sont victimes les enfants de notre pays, nos institutions ont failli », a-t-elle déclaré. « Ma main n’a pas tremblé », a assuré Anne Hidalgo, indiquant avoir systématiquement démis les accusés de leurs fonctions et procédé à des signalements auprès de la justice dès qu’un cas supposé d’agression était porté à sa connaissance.

Entre novembre 2025 et fin aout 2026 : 235 enquêtes ont été ouvertes pour des violences faites aux mineurs dans le périscolaire parisien. Comme l’a rappelé le président centriste Laurent Lafon en début d’audition, « la réforme des rythmes scolaires de 2013 a eu des effets importants sur l’organisation, le développement et la fréquentation du périscolaire parisien. En 5 ans, les effectifs ont augmenté de 50% ». En 2025, ce sont 10 259 personnes donc 4 290 vacataires qui ont travaillé pour le périscolaire parisien.

Anne Hidalgo a pris un long moment pour rappeler les jalons de sa politique municipale en faveur de l’enfance. « Dès novembre 2014, c’est-à-dire six mois après mon élection, je me suis attelée à prévenir les risques d’infractions sexuelles commis par des agents publics sur des enfants. Et j’ai demandé à l’inspection générale de travailler sur une évaluation des propositions parce que des cas d’agressions sexuelles avaient été signalés dans les conservatoires parisiens », a-t-elle indiqué. Elle assure que l’ensemble des recommandations émises dans ce rapport ont été mises en œuvre.

« Compte tenu des risques existants, notamment au moment du recrutement, puisque c’était des recrutements massifs, j’ai signé avec François Molins, alors procureur de la République, le 5 octobre 2015, un protocole entre la Ville de Paris et le parquet afin d’organiser la transmission des informations et la réponse aux signalement adressés par la ville », a-t-elle encore précisé. En 2020, une mission dédiée aux droits de l’enfant composée de 15 agents a été mise en place.

 

09h32

Anne Hidalgo : « Je suis et j’ai été du côté des victimes »

09h30

L’audition d’Anne Hidalgo débute

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