Dans la cour du Dôme des Invalides, devant un cercueil drapé d’un drapeau tricolore sur lequel était posé le célèbre chapeau d’Edgar Morin. Emmanuel Macron a célébré « un destin exceptionnel dans le siècle », « un humaniste planétaire certes, mais irréductiblement français toujours, pour ses combats de liberté (..) d’égalité, d’émancipation, de fraternité aussi avec tous les peuples privés de leurs droits ».
Le sociologue et philosophe Edgar Morin, décédé le 29 mai à l’âge de 104 ans. De son vrai nom Edgar Nahoum, il est né dans une famille juive originaire de Salonique en Grèce, émigrée à Paris. En 1941, il rejoint le Parti communiste et entre dans la Résistance sous le pseudonyme de Morin. Malgré son grand âge, Edgar Morin était toujours présent et écouté dans le débat intellectuel, et les médias étaient friands de sa parole. Figure majeure de la vie intellectuelle et médiatique française et voix respectée à gauche, Edgar Morin a écrit une quarantaine d’ouvrages, largement traduits. Parmi eux, « Autocritique » (1959), qui relate son exclusion du PCF et ses propres aveuglements face au stalinisme, « La Rumeur d’Orléans » (1969), sur une rumeur antisémite, « La méthode » (1977-2004), son œuvre majeure en six volumes, et plusieurs livres sur l’écologie, thème qui lui tenait à cœur. À la fois historien, philosophe et scientifique, il a tenté de briser les frontières entre les disciplines, refusant la parcellisation de la connaissance, au profit d’une vision culturelle et scientifique pluridisciplinaire.
« Pour lui, la vérité ne résultait jamais d’un seul camp, d’un seul dogme. L’engagement ne pouvait être l’embrigadement et l’avenir était promis au chaos si l’on cédait à l’accablement ou à l’inaction. Pour Edgar Morin, cette pensée complexe fut toujours le prélude à l’action juste. Pensée complexe, le mot intimide, Edgar Morin, pourtant, l’avait illustré par sa vie […] Cette énergie française, généreuse, ambitieuse, universelle, va continuer de renaître », a assuré le chef de l’Etat.