Grand débat: les modalités dévoilées par l’exécutif
Le Premier ministre Edouard Philippe et Matignon ont précisé lundi soir les modalités d'organisation du grand débat, notamment la...

Grand débat: les modalités dévoilées par l’exécutif

Le Premier ministre Edouard Philippe et Matignon ont précisé lundi soir les modalités d'organisation du grand débat, notamment la...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le Premier ministre Edouard Philippe et Matignon ont précisé lundi soir les modalités d'organisation du grand débat, notamment la désignation de cinq "garants" devant assurer son indépendance.

Deux mois de débats locaux et sur Internet

Le débat, qui doit être formellement lancé par Emmanuel Macron mardi dans l'Eure, durera deux mois, jusqu'au 15 mars. Première forme: des "réunions d'initiatives locales", qui seront organisées "partout en France, à l'initiative de maires ou de citoyens", a confirmé le Premier ministre.

A compter du 21 janvier, les contributions des Français pourront être déposées sur le site www.granddebat.fr ou envoyées par courrier postal à la Mission Grand Débat (244, boulevard Saint-Germain, Paris VIIe). La liste des débats organisés dans chaque région figurera sur le site Internet, où les organisateurs pourront déclarer la tenue d'un débat.

Des "kits méthodologiques" et des fiches thématiques sur les thèmes débattus (fiscalité et dépenses publiques, organisation des services publics, transition écologique, démocratie et citoyenneté, déclinés en 35 questions), seront distribués aux organisateurs pour faciliter la tenue de débats.

Des stands de proximité seront installés "dans des lieux de passages du quotidien".

Enfin, dans la phase finale du débat, à partir du 1er mars, des "conférences citoyennes régionales" seront comme prévu organisées. Réunissant dans chaque région un groupe représentatif d'une centaine de personnes tirées au sort, ils "pourront participer à l’élaboration de pistes concrètes, donner leur avis sur ce qui ressort des premières semaines du Grand Débat National et nourriront ainsi la réflexion sur les suites à donner", selon Matignon.

Deux ministres et cinq garants

Pour "piloter l'animation" du débat, deux ministres ont été désignés par le Premier ministre: Sébastien Lecornu et Emmanuelle Wargon "se chargeront de faire vivre le débat, en suivre l’évolution et d’organiser la mobilisation de tous pour faire de ce grand débat un succès démocratique", selon Matignon.

Edouard Philippe a défendu ces nominations, qui suscitent des inquiétudes sur une possible reprise en main de l'exécutif sur le débat, après la fin de mission de la Commission nationale du débat public et de sa présidente Chantal Jouanno.

M. Lecornu sera plus particulièrement chargé du lien avec les élus locaux, quand Mme Wargon aura davantage la main sur la logistique complexe de ce "grand débat" inédit.

Un collège de cinq "garants" va par ailleurs être nommé pour "garantir l'indépendance" de l'exercice, mais ces nominations devront encore attendre vendredi, alors que la naissance de ce grand débat se fait dans la douleur.

Deux de ces cinq personnes seront désignées par le gouvernement, tandis que les trois autres seront nommés respectivement par les présidents de l'Assemblée nationale, du Sénat et du Conseil économique, social environnemental.

Le gouvernement va également proposer "à toutes les formations politiques représentées à l’Assemblée nationale ou au Sénat" de participer à un "comité de suivi, chargé de veiller au plein respect du principe de pluralisme".

La mission du Grand Débat National et les ministres en charge réuniront également "régulièrement" les partenaires sociaux, acteurs associatifs, et les associations d'élus.

Quelles remontées?

Dans sa lettre aux Français diffusée dimanche soir, le président Macron a assuré que les propositions serviraient à l'élaboration d'un "nouveau contrat pour la Nation", dont il rendra compte "dans le mois qui suivra la fin du débat".

Le gouvernement rendra publiques toutes les contributions et "prendra en compte tous les avis et propositions", "selon les principes de transparence, de pluralisme et d’inclusion, de neutralité, d’égalité, de respect de la parole de chacun".

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Deputes dans la salle des quatre colonnes
7min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : dénonçant sa place sur la liste de Renaud Muselier, Valérie Boyer se lance de son côté

La sénatrice LR sortante, qui avait obtenu l’investiture à la troisième place d’une liste d’union UDI-Renaissance-LR, demandait la première place. Après avoir dénoncé un accord déséquilibré et se sentant « en décalage politique », Valérie Boyer décide de lancer sa liste dissidente. Renaud Muselier « regrette qu’elle ait cassé l’accord ». De quoi amener une dose d’incertitude de plus dans le scrutin.

Le

Tribute to Edgar Morin
7min

Politique

Présidentielle 2027 : « La candidature de Bernard Cazeneuve traduit la difficulté de notre personnel politique à se renouveler », selon Bruno Cautrès

Bernard Cazeneuve s'avance un peu plus sur le chemin déjà bien embouteillé de la présidentielle. Sans se déclarer officiellement candidat, l'ancien Premier ministre vient de publier une « Lettre aux Français » aux allures de programme, couplée à une interview dans Le Parisien dans laquelle il réaffirme son positionnement social-démocrate. Un espace déjà convoité par François Hollande et Raphaël Glucksmann.

Le

Montrouge: Entretiens politiques sur l energie avec Terra Nova
9min

Politique

Présidentielle : devant ses amis réunis à la questure du Sénat, François Hollande se prépare et met en garde contre les « candidatures de témoignage »

L’ancien chef de l’Etat, qui aspire à la redevenir, a réuni ses fidèles mercredi soir à la questure du Sénat. François Hollande, qui sortira un livre début septembre, planche sur « quelques grandes idées ». S’il n’est pas encore déclaré, il espère être en situation pour pouvoir se lancer. Mais pour lui, l’éventuel retour à l’Elysée ne passera pas par la case primaire.

Le

Paris: Questions au Gouvernement Assemblee nationale
8min

Politique

Interdiction du voile : en envisageant la piste d'un référendum, Marine Le Pen met la pression sur le Conseil constitutionnel

Mesure phare du programme de Marine Le Pen depuis de nombreuses années, l'interdiction du voile dans l'espace public nourrit quelques divisions au sein du RN. Selon les informations du Monde, la candidate à la présidentielle privilégierait désormais la piste du référendum pour faire passer cette réforme qui, sur le principe, serait contraire à la Constitution. Une voie qui permettrait d'éviter une censure a posteriori du Conseil constitutionnel. Le rôle des Sages serait toutefois déterminant en amont de la consultation des citoyens. Explications

Le