Guadeloupe: l’ex-ministre Lucette Michaux-Chevry jugée en juin pour favoritisme
Lucette Michaux-Chevry, ex-ministre sous Jacques Chirac et actuelle présidente de la Communauté d'agglomération du Sud Basse...

Guadeloupe: l’ex-ministre Lucette Michaux-Chevry jugée en juin pour favoritisme

Lucette Michaux-Chevry, ex-ministre sous Jacques Chirac et actuelle présidente de la Communauté d'agglomération du Sud Basse...
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Lucette Michaux-Chevry, ex-ministre sous Jacques Chirac et actuelle présidente de la Communauté d'agglomération du Sud Basse-Terre en Guadeloupe, sera jugée le 14 juin en correctionnelle, notamment pour favoritisme en matière de transports publics, a-t-on appris mercredi de source proche du dossier.

L'information a été révélée mercredi par le journal France-Antilles.

Lucette Michaux-Chevry, 89 ans, a par ailleurs été placée mardi en garde à vue dans une affaire de détournement de fonds présumés, en compagnie de sa fille et son petit-fils.

Contactée, elle n'a pas répondu aux sollicitations de l'AFP.

Les délits pour lesquels elle comparaîtra devant le tribunal correctionnel de Basse-Terre concernent trois domaines d'action de la communauté d'agglomération.

En juillet dernier, le procureur de la République avait constaté l'existence d'un captage d'eau illégal sur la commune de Gourbeyre (sud de Basse-terre), servant à alimenter les robinets de la commune. Mais par manque de surveillance, l'eau a été polluée à la chlordécone, un pesticide largement répandu sur les bananeraies de Guadeloupe dans les années 1990. Lucette Michaux-Chevry est à la fois poursuivie pour pollution de l'eau, défaut de surveillance et défaut d'information aux consommateurs.

Le second délit concerne la pollution de la mer : depuis plusieurs mois, des pompes de relevage censées faciliter l'assainissement des eaux usées de la commune de Basse-Terre ne fonctionnent plus. Conséquence: les eaux sales de 8.000 équivalents habitants (unité de mesure pour quantifier la pollution, ndlr) se répandent dans la mer des Caraïbes, provoquant une dégradation du milieu.

Enfin, elle est accusée de favoritisme en matière de transports publics. La communauté d'agglomération n'a pas organisé de délégation de service public (DSP) pour le transport de passagers mais des séries de conventions de continuité provisoire de service public - récemment annulées par le tribunal administratif de Basse-Terre -, conclues et renouvelées en 2016. Le marché a été réparti entre plusieurs compagnies sans appel d'offres ni mise en concurrence.

Déjà mise en examen en juin 2017, notamment pour "escroquerie en bande organisée, association de malfaiteurs, faux, usage, recel d'abus de biens sociaux, prise illégale d'intérêt" dans une enquête sur des détournement présumés de fonds publics, Mme Michaux-Chevry encourt dans cette nouvelle affaire une peine d'emprisonnement et d'inéligibilité.

Grande figure politique guadeloupéenne, Mme Michaux-Chevry est passée par tous les mandats locaux, et a aussi été élue députée et sénatrice. Elle a également été secrétaire d'Etat chargée de la Francophonie (1986-1988) et ministre déléguée chargée de l'Action humanitaire et des droits de l'Homme (1993-1995).

Visées par plusieurs enquêtes judiciaires dans le passé, elle a notamment été condamnée en 2002 à 20.000 euros d'amende pour une affaire de surfacturation à hauteur de 60 millions de francs (environ 9.147.000 euros) pour l'agrandissement de lycées.

Elle a annoncé en octobre qu'elle se retirerait de la politique à l'issue de son mandat à la tête de la communauté d'agglomération.

Elue maire de Basse-Terre en 2014, elle avait ensuite démissionné au profit de sa fille Marie-Luce Penchard.

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