De La Courneuve à l'Ile-Saint-Denis en passant par Sarcelle et Villiers-le-Bel, Benoît Hamon a sillonné mercredi la banlieue parisienne, recevant un accueil chaleureux et s'efforçant de marquer sa différence sur le sujet avec Emmanuel Macron, également parti à la conquête de cet électorat.
"A gauche comme à droite, il y a des gens qui instrumentalisent les quartiers. Moi, je n'instrumentalise pas", a déclaré le candidat socialiste, après la visite d'une pépinière d'entreprises à La Courneuve, là même où François Hollande avait été sifflé en 2015.
"Je ne me contente pas simplement d'aller faire des jolies formules en citant IAM ou deux trois rappeurs", a-t-il ironisé, visant Emmanuel Macron, qui avait cité à sa façon le 1er avril en meeting à Marseille la chanson d'IAM, "Nés sous la même étoile".
Le député des Yvelines a également raillé la visite de Nicolas Sarkozy dix ans plus tôt, qui promettait de nettoyer la cité des 4.000 "au Kärcher". "Je ne me contente pas de venir faire ici un numéro sur le Kärcher comme d'autres l'ont fait", a-t-il dit, après avoir distribué des poignées de main et entendu quelques "Hamon, président !".
Benoît Hamon à Sarcelles, le 12 avril 2017
AFP
"A la différence de tout le monde, je la connais la banlieue. (...). Moi je suis élu de Trappes dans les Yvelines (...) Je me sens légitime à parler au nom de ceux qui appartiennent à ces quartiers populaires", a-t-il souligné.
Comme la veille à Vaulx-en-Velin et Villeurbanne, dans la banlieue lyonnaise, M. Hamon a mis en exergue la nécessité d'une égalité des droits en banlieue "réelle" sur l'éducation, les transports, la santé, l'emploi.
"J'ai choisi de revenir dans les quartiers à quinze jours de l'élection présidentielle pour dire et redire que l'avenir des enfants de territoires comme celui-là est absolument décisif, si on ne veut pas se retrouver devant des désordres beaucoup plus graves demain", a-t-il expliqué.
- 'Barbecue solidaire' à l'Elysée -
"C'est parce que la République est parfois défaillante, qu'elle n'honore pas sa promesse d'égalité, qu'on en arrive à des situations où des familles, des jeunes, des adultes, des citoyens se mettent à l'écart", a-t-il ajouté.
M. Hamon a poursuivi son périple à Villiers-le-Bel (Val-d'Oise), ville marquée il y a dix ans par de violentes émeutes. Déambulant dans le quartier de La Cerisaie, au côté du secrétaire national du PS Rachid Temal, il a enchaîné dans une ambiance souriante des selfies avec des habitants et distillé quelques mesures phares de son programme, dont la promesse d'embaucher 40.000 enseignants.
A Sarcelles, M. Hamon s'est notamment entretenu avec les animateurs du "Grand Défi", un collectif qui a organisé des distributions solidaires pour les migrants. Le candidat s'est engagé à les aider à organiser à Paris un "barbecue solidaire", comme ils le souhaitent. "On va le faire à l'Elysée !", se sont-ils promis.
Fin de la journée à l'Isle-Saint-Denis, où M. Hamon a discuté avec des membres de la coordination "Pas sans nous", qui se propose d'aider les habitants de banlieue à "développer leur pouvoir d'agir".
M. Hamon a fini sa journée sur TF1 au journal télévisé, où il a été de nouveau interrogé sur ses différences avec Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron.
Le candidat d'En Marche! "recycle de vieilles idées de gauche et de vieilles idées de droite", a lancé le socialiste. Il a redit que l'Europe était "son vrai désaccord" avec Jean-Luc Mélenchon, "rejetant un chemin qui nous mène à la sortie de l'Europe et de l'euro".
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Dans l’Aveyron, loin des ors parisiens, l’ancien premier ministre doit officialiser vendredi sa candidature à l’Élysée. Une entrée en campagne pensée comme un antidote au procès en déconnexion qui colle au macronisme et comme un adversaire à Édouard Philippe pour le leadership du bloc central.
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