Hommage de Jean Castex aux Français morts au Niger : « La France toute entière porte le deuil de vos enfants »
Le Premier ministre, Jean Castex, s’est rendu ce vendredi à l’aéroport d’Orly pour rendre hommage aux six Français tués au Niger.

Hommage de Jean Castex aux Français morts au Niger : « La France toute entière porte le deuil de vos enfants »

Le Premier ministre, Jean Castex, s’est rendu ce vendredi à l’aéroport d’Orly pour rendre hommage aux six Français tués au Niger.
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 « Chacun de nos compatriotes, où qu’il se soit trouvé le dimanche 9 août a ressenti au fond du cœur le coup terrible qui vous a été porté », a affirmé Jean Castex, devant les familles des six Français tués au Niger. « La France toute entière porte le deuil de vos enfants »

Les proches des victimes avaient exigé la plus grande discrétion. Le Premier ministre, arrivé à 15h30 à l’aéroport d’Orly en compagnie d’Eric Dupond-Moretti et de Jean-Baptiste Lemoine, secrétaire d'État chargé des Français de l'étranger, s’était donc éclipsé durant une heure pour accorder un temps de recueillement aux familles des défunts avant de prendre la parole.

« Les victimes de cet attentat étaient venues au Niger pour y faire le bien et elles y ont rencontré le mal », a déclaré le chef du gouvernement avant de se lancer dans une anaphore : « Seul le mal peut tendre un guet-apens à des innocents. Seul le mal peut tirer de sang-froid et à bout portant sur des femmes et des hommes qui étaient venus au Niger pour venir en aide à des populations en détresse. »

Une attaque toujours pas revendiquée

Les six Français, employés par l’ONG Acted, ainsi que leurs deux accompagnateurs nigériens, ont été tués, ce dimanche, par un groupe d'hommes armés à moto, dans la réserve de Kouré, à une heure de route de la capitale, Niamey. Ils effectuaient une mission humanitaire dans le pays.

« Cette incarnation du mal, malheureusement, la France ne la connaît que trop car elle l’a déjà vu de près », a ajouté le Premier ministre, estimant que « c’est très vraisemblablement la même haine, la même lâcheté, la même inhumanité qui était à l’œuvre au Niger et au Bataclan ».

Aucune organisation terroriste n’a encore revendiqué l’attaque, a-t-il précisé, avant d’estimé qu’il était « peu probable que nous ayons ici affaire à autre chose » qu’une action terroriste.

La protection des humanitaires en question

Le parquet national antiterroriste français a ouvert, dès lundi 10 août, une enquête pour « assassinats en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs terroriste criminelle », en lien avec les autorités nigériennes. « Nous y consacrerons le temps et les moyens qu’il faudra mais tous ceux qui, directement ou indirectement, sont à l’origine du drame […] seront traqués sans répit », a promis Jean Castex.

L'ONG Acted avait annoncé son intention de porter plainte. L’avocat de l’association, Joseph Breham, avait dénoncé sur BFMTV le manque de protection des humanitaires lorsqu’ils opèrent sur des terrains dangereux comme la bande sahélo-saharienne : « Les diplomates, sont extrêmement bien protégés, et les humanitaires ne sont pas protégés du tout et pour autant, on va leur demander d’aller faire le plus sale boulot et le plus dangereux ».

« Consacrer sa vie aux autres, ce n’est pas en faire le sacrifice »

Le Premier ministre a tenté de répondre aux critiques en annonçant que « la France poursuivra son action pour le renforcement de la protection des organisations humanitaires partout dans le monde et pour la consolidation du droit international humanitaire ».

Les employés des ONG sont depuis plusieurs années devenues des cibles pour les groupes rebelles ou terroristes. Forcés d’adopter une posture de neutralité, les humanitaires ne sont pas escortés par des armées régulières et n’ont pas recours à des milices privées. Elles se retrouvent donc bien souvent sans défense.

Emmanuel Macron avait annoncé avoir « décidé de renforcer les mesures de sécurité pour nos ressortissants » au Sahel, à la suite de l'attaque qui a visé les six membres d'Acted.

« Consacrer sa vie aux autres, ce n’est pas en faire le sacrifice », a quant à lui déclaré Jean Castex, assurant qu’il n’était « pas question de céder un pouce de terrain au fanatisme criminel et aux ennemis de la liberté ».

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