« Plus j’aurai de projets, plus je serai heureux », résume Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l’Industrie. Alors que l’industrie européenne continue de subir les conséquences de la guerre commerciale lancée par Donald Trump depuis son retour au pouvoir, l’exécutif multiplie les initiatives pour soutenir l’industrie française. Après une dynamique positive entre 2018 et 2024, les derniers mois ont été plus contrastés avec plus de 411 plans sociaux concernant des sites industriels depuis septembre 2023 selon la CGT.
« Il s’agit de mobiliser l’ensemble des services de l’Etat »
Sébastien Martin souligne d’ailleurs les avancées des 150 projets bénéficiant de la méthode Notre-Dame. Le ministre a d’ailleurs annoncé la nomination d’Olivier Tainturier comme coordonnateur de ces projets. Ancien sous-préfet de Chalon, Olivier Tainturier aura notamment pour charge de « jouer un rôle de décodeur entre le monde de l’entreprise et l’administration », explique Sébastien Martin. Ces « projets Notre-Dame » doivent notamment permettre d’accélérer le développement des projets industriels en favorisant une « forte mobilisation ». « Il s’agit de mobiliser l’ensemble des services de l’Etat », explique Sébastien Martin.
Pour faciliter le développement rapide des projets, le gouvernement a également publié un décret, applicable depuis le 1er juillet, réformant la procédure de contestation relative à des grands projets industriels. Le décret limite la procédure à dix mois et donne directement compétence à la cour administrative d’appel. « Il y a une priorité dans ce pays qui est la réindustrialisation », résume Sébastien Martin qui veut lutter contre les « recours abusifs ».
Vers une forme de protectionnisme européen ?
En parallèle, la France milite également au niveau européen pour un assouplissement du cadre juridique en matière de protection des industries. Avec le texte sur le « Made in Europe », porté par le commissaire chargé de l’industrie, Stéphane Séjourné, la Commission européenne a proposé des mesures visant à protéger les industries européennes contre la concurrence.
« La France a poussé au niveau européen. Depuis le 1er juillet, il y a des mesures de protection sur l’acier », explique Sébastien Martin qui se dit favorable à des mesures sur « l’automobile, l’acier, le ciment, la chimie et l’industrie verte ». Concrètement, le texte introduit une forme de préférence européenne par plusieurs voies, notamment pour les marchés publics concernant certains produits.