Jacob (LR) veut interdire le port du voile lors des sorties scolaires
Le tout fraîchement élu président des Républicains Christian Jacob a réclamé lundi l'interdiction du port du voile lors des...

Jacob (LR) veut interdire le port du voile lors des sorties scolaires

Le tout fraîchement élu président des Républicains Christian Jacob a réclamé lundi l'interdiction du port du voile lors des...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le tout fraîchement élu président des Républicains Christian Jacob a réclamé lundi l'interdiction du port du voile lors des sorties scolaires, en réponse au débat relancé par un élu RN qui a pris à partie une mère voilée lors d'une séance du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté vendredi.

"Ça me choque qu'on accepte qu'une personne voilée puisse accompagner des enfants en déplacements scolaires parce que, comment expliquer que c'est interdit dans l'enceinte de l'établissement, mais que si on est au contact des enfants en dehors, et toujours dans le cadre scolaire, on l'autorise ?", a expliqué M. Jacob sur France Inter, appelant à renouer avec la directive prise par Luc Chatel, ministre de l'Education sous Nicolas Sarkozy (2009-2012).

Cette circulaire de mars 2012 demandait aux accompagnateurs de ne pas porter de signes religieux ostentatoires. Mais une étude du Conseil d'Etat de décembre 2013 relève que les parents accompagnant des sorties scolaires ne peuvent être considérés comme des agents auxiliaires du service public et qu'ils ne sont donc pas soumis à la neutralité religieuse.

Interrogé pour savoir s'il demandait clairement au gouvernement d'interdire le port du voile lors des sorties, M. Jacob a répondu par l'affirmative, jugeant qu'"à partir du moment où on l'interdit à l'école" cela vaut "pour tout le temps scolaire".

"Si on n'est pas clair sur ce sujet du voile, l'ambiguïté fait qu'on se trouve dans ces situations conflictuelles", a-t-il ajouté.

"On peut le faire sans agresser les gens", a-t-il toutefois ajouté à l'adresse de Julien Odoul, membre du bureau national du RN, qui avait demandé vendredi à ce qu'une femme voilée présente dans le public lors d'une assemblée plénière du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, en tant qu'accompagnatrice d'un groupe d'enfants venu de Belfort y assister, retire son voile.

Plusieurs membres du gouvernement dont la porte-parole Sibeth Ndiaye, le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer et la secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa sont montés au créneau ce week-end pour condamner l'attitude de l'élu RN.

"La loi n'interdit pas aux femmes voilées d'accompagner les enfants mais nous ne souhaitons pas encourager le phénomène", a toutefois redit le ministre de l'Education, qui avait condamné en septembre une affiche de la fédération de parents d'élèves FCPE qui défend le droit des mères voilées de faire des sorties scolaires.

Le Sénat va s'emparer du sujet dès la semaine prochaine, avec l'examen en commission d'une proposition de loi LR "tendant à assurer la neutralité religieuse des personnes concourant au service public de l'éducation". Présenté par la sénatrice du Val-d'Oise Jacqueline Eustache-Brinio, le texte sera examiné en séance publique le 29 octobre.

Lors de l'examen du projet de loi "pour une école de la confiance", le Sénat à majorité de droite avait déjà adopté un amendement LR visant à interdire les signes religieux ostentatoires lors des sorties scolaires. La disposition n'avait pas été retenue dans le texte finalement adopté par le Parlement.

Le député LR Eric Ciotti a de son côté demandé sur LCI "que la loi interdise" le port du voile lors des sorties scolaires, en indiquant qu'il allait "à nouveau déposer" ce lundi une proposition de loi en ce sens.

Partager cet article

Dans la même thématique

Marseille: Marine Le Pen and Franck Allisio at the end of their meeting for the municipal elections
9min

Politique

Municipales 2026 : le Rassemblement national joue sa carte présidentielle

Le parti à la flamme va devoir montrer qu'il est bien implanté localement et qu'il n'a pas perdu sa dynamique avant la présidentielle de 2027. Dans ce cadre, les enjeux des élections municipales jouent un rôle décisif, car actuellement peu ancré localement, chaque mairie gagnée devient pour le Rassemblement national un marchepied stratégique pour le national.

Le

Paris: Olivier Faure convention municipales 2026
10min

Politique

Municipales : le PS fait du scrutin un « enjeu majeur » dans la bataille du leadership face à LFI

Le Parti socialiste, qui détient plusieurs grandes villes, à commencer par Paris, où « ça va être chaud », présente 2500 listes pour les élections municipales. Uni avec les Ecologistes dans plusieurs communes, le parti fait face aux listes LFI, qui attaquent les socialistes sans hésiter. Au-delà de l’enjeu de conserver ses villes et quelques gains possibles, à Saint-Etienne ou Amiens, le numéro 2 du PS, Pierre Jouvet, espère montrer avec le scrutin « la possibilité de construire l’alternative politique dans le pays ».

Le

Rachida Dati, at the Mutualite, 2026 municipal elections. Paris.
9min

Politique

Municipales 2026 : les LR visent la stabilité, tout en rêvant d’un exploit à Paris

En tenailles entre l’érosion du vote LR dans les grandes villes et le spectre d’une « union des droites » portée par le RN, le parti de Bruno Retaileau mise sur son solide maillage territorial pour résister lors du scrutin des 15 et 22 mars prochains. LR pourrait toutefois créer la surprise à Nantes et Besançon. Surtout, la droite caresse l’espoir d’un basculement historique à Paris avec Rachida Dati.

Le