L’expérimentation du cannabis thérapeutique proposée au budget de la Sécu
Le député LREM Olivier Veran a annoncé mercredi qu'il défendrait un amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS)...

L’expérimentation du cannabis thérapeutique proposée au budget de la Sécu

Le député LREM Olivier Veran a annoncé mercredi qu'il défendrait un amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS)...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le député LREM Olivier Veran a annoncé mercredi qu'il défendrait un amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) autorisant une expérimentation pour deux ans de l'usage médical du cannabis à partir de janvier prochain.

"Parce qu'il y a des malades qui en ont besoin et parce que la France est l'un des derniers pays de l'Union européenne à ne pas l'avoir autorisé", a justifié mercredi sur RTL ce médecin neurologue, évoquant la situation de "milliers de malades" souffrant de "maladies graves", pour lesquels "les dérivés du cannabis peuvent constituer un apport thérapeutique supplémentaire".

L'Agence du médicament (ANSM) a donné son feu vert en juillet à cette expérimentation, selon le cadre proposé par un groupe d'experts, mais on ne savait pas encore quel véhicule serait utilisé pour son lancement.

L'expérimentation se déroulera dès "début 2020" et "sur deux ans", "avec des médecins formés à la prescription" et un "vrai suivi scientifique", a rappelé le député de l'Isère, rapporteur général du PLFSS, dont l'amendement a de grandes chances d'être adopté.

Elle devrait concerner "environ 3.000 malades", a-t-il précisé.

Le fait que cette expérimentation soit probablement incluse dans le budget de la sécurité sociale est un "symbole fort", a commenté le collectif Alternative pour le cannabis à visé thérapeutique (ACT), qui rassemble plusieurs associations de patients.

Des plants de cannabis sur le nouveau site européen de production de Tilray, start-up canadienne spécialisée dans le cannabis thérapeutique, inauguré à Cantanhede au Portugal en 2018
Des plants de cannabis sur le nouveau site européen de production de Tilray, start-up canadienne spécialisée dans le cannabis thérapeutique, inauguré à Cantanhede au Portugal en 2018
AFP/Archives

Il y voit en effet la garantie qu'il y aura "les crédits nécessaires à la mise en place de la future expérimentation" et "l'assurance que les patients seront entièrement pris en charge".

Au terme des deux ans d'expérimentation, une évaluation sera menée, qui servira de base pour juger de la pertinence d'une légalisation du cannabis à visée médicale.

Début avril, le Premier ministre Edouard Philippe avait estimé qu'il serait "absurde" de s'interdire d'étudier les possibilités du cannabis thérapeutique. Mais "il ne s'agit en aucun cas d'une légalisation de la vente de cannabis" à usage récréatif, avait précisé Matignon.

Les produits "pourront être délivrés en pharmacie hospitalière, puis en pharmacie de ville" sous forme "d'huiles, de tisanes, également des fleurs séchées de cannabis que les malades ne fumeront pas" mais ils "pourront être équipés d'un vaporisateur pour vaporiser le cannabis", rappelle aussi Olivier Véran dans un communiqué, évoquant une prise en charge par la Sécurité sociale.

"L'Organisation mondiale de la Santé vient de déclassifier le cannabis qui ne faisait plus partie de la pharmacopée mondiale et vient de reconnaître l'utilité thérapeutique potentielle de cette molécule", a souligné l'élu, établissant un distingo avec le "cannabis récréatif".

"On n'est pas en train de s'adresser à un ado de 16 ans qui part en soirée avec de la résine de cannabis, va fumer et flinguer son système de mémoire et prendre le risque de présenter des troubles psychiques", a-t-il lancé.

"On est en train de parler d'un malade qui a un cancer ou une douleur neuropathique, qui est en impasse thérapeutique, ne vit plus, ne mange plus, ne dort plus, ne s'occupe plus de ses enfants, n'a plus de qualité de vie et vous dit: ça fait un an que je m'automédique comme ça et que je vais mieux. Accompagnez-moi, plutôt que de me laisser dans l'illégalité", a plaidé M. Véran.

Partager cet article

Dans la même thématique

L’expérimentation du cannabis thérapeutique proposée au budget de la Sécu
3min

Politique

« La température est montée jusqu’à 50 degrés sur la façade de l’immeuble » rappelle cette jeune mère de famille de Pantin.

Confiné pour cause de canicule dans un appartement du centre de Pantin en Seine-Saint-Denis, épuisé par les vagues de chaleur à répétition, soucieux de l’état de santé d’un jeune bébé, Marion raconte, dans ce nouvel épisode de Dialogue Citoyen, comment elle et sa famille ont décidé de quitter la région parisienne quelques jours pour s’extraire de la fournaise dans laquelle ils vivaient depuis des semaines.

Le

L’expérimentation du cannabis thérapeutique proposée au budget de la Sécu
3min

Politique

L’impatience des sinistrés des incendies de l’été « Il faut accélérer les procédures » de reconstruction

L’été caniculaire a été, à bien des égards, particulièrement violent. Cinquante-trois jours de vagues de chaleur ont entraîné sécheresses, incendies et températures insupportables. Florence Van Overmeire a perdu sa maison lors des terribles incendies qui ont frappé la Gironde. Sur le plateau de Dialogue citoyen, face aux sénateurs, cette habitante de la commune du Porge a accepté de revenir sur cette épreuve et appelle à l’accélération des procédures de reconstruction.

Le

France Protests
4min

Politique

Mobilisation du 31 octobre : à quoi faut-il s’attendre ?

Le samedi 31 octobre s’annonce comme une journée sous haute tension en France. Après la mobilisation du 24 octobre qui s’est déroulée relativement dans le calme, la coordination des gilets jaunes et les organisations syndicales des lycéens et des étudiants ont appelé à « un acte III », une nouvelle journée de mobilisation sociale contre la vie chère. Face au risque « très élevé » de débordements, le ministre de l’intérieur Laurent Nuñez prévoit de mobiliser 70 000 forces de l’ordre.

Le

Paris. french socialist parti national council.
15min

Politique

« Je ne veux pas devenir un vieux con » : du mouvement lycéen à Raphaël Glucksmann, David Assouline, l’ancien trotskiste toujours dans les coulisses

Ancienne figure du mouvement étudiant contre la loi Devaquet, en 1986, David Assouline fait aujourd’hui partie de ceux qui œuvrent au succès de la campagne de Raphaël Glucksmann. Formé à l’école trotskiste, cet ancien de la LCR a rejoint le PS dans les années 90, avant de passer 19 ans comme sénateur. « Tacticien et stratège », ce natif d’une famille juive marocaine, naturalisé à l’âge de 13 ans, sait ferrailler dans l’appareil socialiste. Il met aujourd’hui son expérience au profit de Raphaël Glucksmann, prédisant une « recomposition » et « un moment de dépassement » pour le PS.

Le