Le Drian pas favorable à un référendum le jour des européennes
Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian s'est dit défavorable lundi à l'organisation d'un référendum pour sortir...

Le Drian pas favorable à un référendum le jour des européennes

Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian s'est dit défavorable lundi à l'organisation d'un référendum pour sortir...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian s'est dit défavorable lundi à l'organisation d'un référendum pour sortir de la crise des "gilets jaunes" le même jour que les élections européennes le 26 mai.

"L'enjeu européen est suffisamment fort pour en faire un enjeu européen. Le référendum c'est autre chose, c'est un enjeu national. Je ne pense pas qu'il faille mélanger les deux (...) ce n'est pas souhaitable", a-t-il dit sur France Inter.

Selon le Journal du dimanche, le président Emmanuel Macron serait tenté de convoquer un tel référendum dès le 26 mai, jour des élections européennes.

La ou les questions proposées aux Français lors de cette consultation pourraient notamment porter sur des sujets institutionnels, comme la réduction du nombre de parlementaires, la reconnaissance du vote blanc ou la limitation du cumul de mandats dans le temps.

"Tout est sur la table, mais rien n'est décidé", a réagi dimanche l'entourage du président auprès de l'AFP.

La ministre des Affaires européennes Nathalie Loiseau s'est aussi montrée très réservée dimanche sur une telle concomitance de calendriers électoraux. "Je souhaite qu'on parle d'Europe le 26 mai", a-t-elle insisté.

Sur LCI lundi, le député LREM Aurélien Taché a abondé en considérant qu'il y avait "un risque" de tout mélanger. "Je suis un petit peu sceptique sur la date", a-t-il dit.

"Idéalement il aurait fallu que ce soit avant (cette date) pour qu'on puisse terminer sur le grand débat et vraiment avancer et aller vers les élections européennes qui sont très importantes (...) Après, s'il n'y a pas d'autre solution pour des raisons techniques, on fera toute la pédagogie nécessaire pour expliquer qu'il y a bien d'un côté les questions issues du grand débat et de l'autre une élection pour choisir l'avenir de l'Europe", a-t-il concédé.

Il s'est dit "pas favorable" à ce que ce référendum comporte des questions économiques et sociales: les citoyens peuvent se prononcer sur des questions institutionnelles, mais "sur la fiscalité et le consentement à l'impôt, c'est la raison même d'être des parlementaires et du parlement" et "les sujets sociaux doivent être discutés avec les partenaires sociaux".

Jean-Yves Le Drian s'est de son côté dit favorable à l'instauration de modes de consultation intermédiaires entre les élections mais s'est montré très réservé sur le référendum d'initiative populaire (RIC) réclamé par les gilets jaunes.

"Cette forme-là (de consultation) doit être étudiée pour qu'elle n'amène pas toutes sortes de dérives et de remises en cause permanentes et du coup un non-fonctionnement de l'État et des collectivités", a-t-il dit.

"Le temps de l'élection représentative est trop long, les cinq ans. Il faut qu'entre temps, il puisse y avoir des consultations sous différentes formes. Le référendum fait partie des réponses possibles mais ce n'est pas la seule option", a-t-il ajouté.

M. Le Drian a par ailleurs de nouveau exclu d'être tête de liste de La République en marche (LREM), élargie à la droite modérée pro-européenne, aux élections européennes, soulignant avoir "la volonté de poursuivre le travail qui (lui) a été confié", tout en assurant qu'il s'investirait "totalement" dans la campagne.

Partager cet article

Dans la même thématique

Déclaration de politique générale et avenir de la Nouvelle Calédonie en séance au Sénat ce 15 octobre
8min

Politique

« Ça fait 135 ans qu’on résiste ! » : pour les sénatoriales, le groupe RDSE vise « la stabilité, voire gagner un petit peu »

Plus vieux groupe de l’histoire du Parlement, le RDSE voit la moitié de ses 16 sièges remis en jeu lors du scrutin de septembre. Mais sa présidente, la sénatrice PRG Maryse Carrère, est confiante. Fort de « ce poids de l’histoire », le groupe, qui mêle radicaux de gauche et de droite, espère la stabilité voire quelques bonnes surprises.

Le

Marseille: Ilustration of a lawyer and judge
5min

Politique

Affaire Lyhanna : face aux critiques des politiques, avocats et magistrats élargissent la thématique de la journée « Justice morte » au manque de moyens

Le pré-rapport de l'inspection générale de la justice et de la gendarmerie sur les failles dans une enquête pour viols visant Jérôme Barella, le principal suspect du meurtre de la jeune Lyhanna, a conduit à une première sanction visant une magistrate d'Auch. Alors que se prépare « une journée Justice morte » lundi 29 juin, le président du Sénat, Gérard Larcher, s'est dit « choqué » par une « réponse » de l'institution judiciaire qu'il juge « corporatiste ». Cette journée n'avait pourtant, à l'origine, rien à voir avec l'affaire Lyhanna.

Le

Info Public Sénat. Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat
5min

Politique

[Info Public Sénat] Face à la fronde, le projet de loi « État local » est retiré de l’ordre du jour du Sénat

Selon nos informations, le gouvernement va retirer le projet de loi « État local » de l’ordre du jour du Sénat. Ces dernières heures, plusieurs groupes du Sénat et les élus locaux, dont l’influente association des maires de France (AMF), dénonçaient les dispositions recentralisatrices de ce texte. Par ricochet, le gouvernement avance l’examen du projet de loi logement.

Le

Elections Municipales depouillement bureau de vote a Nice
8min

Politique

Explosion des micro-partis, formations dans le rouge, aides publiques et surprises… Ce que révèle le rapport de la commission des comptes de campagne

Le rapport 2025 de la CNCCFP, qui porte sur l’année 2024, montre une inflation du nombre de partis, avec 635 mouvements recensés, en vue des municipales et de la présidentielle. Le total des aides publiques s’élève à 66 millions d’euros cette année-là. Le niveau de richesse d’un parti à l’autre varie, avec quelques surprises…

Le