Emmanuel Macron a lancé mercredi la deuxième phase de la vaste réforme du marché du travail en parlant formation et apprentissage avec de futurs professionnels des travaux publics à Egletons (Corrèze), où des salariés de GM&S venus manifester se sont heurtés aux forces de l'ordre.
"Les filières d'apprentissage et d'alternance sont des filières d'excellence", a affirmé le président de la République en visitant l’Ecole d'application aux métiers des travaux publics (EATP) à Egletons (Corrèze).
Cette petite ville rurale de 5.000 habitants abrite le principal campus français de formation aux métiers du BTP, dont la rénovation pour 37 millions d'euros a été inaugurée par M. Macron.
Pour le président, cette visite marquait la première étape du processus visant à réformer dans les prochains mois la formation professionnelle, l’apprentissage et l’assurance chômage.
Un employé de la GM&S de La Souterraine à Egletons, le 4 octobre 2017
AFP
Elle a été perturbée par un rassemblement de quelque 150 salariés et ex-employés licenciés de l'équipementier automobile GM&S de La Souterraine, distant de près de 150 km, qui se sont heurtés aux forces de l'ordre en tentant de s'approcher du campus. Les gendarmes mobiles ont fait usage de gaz lacrymogène pour les repousser.
Les représentants de la CGT et les élus locaux les accompagnant ont regretté le refus de M. Macron de les rencontrer, comme il l'avait fait mardi avec les employés de Whirlpool dans la Somme.
L'Elysée a précisé avoir proposé un entretien avec Benjamin Griveaux, secrétaire d'Etat chargé du dossier au ministère de l'Economie, et le préfet de la Creuse, mais les manifestants ont refusé.
- "bordel" -
Bousculade entre des salariés de l'équipementier automobile creusois GM&S et les forces de l'ordre à Egletons, le 4 octobre 2017
AFP
Au cours d'un aparté avec le président de la région Nouvelle Aquitaine Alain Rousset, qui évoquait les difficultés à recruter d'une entreprise de fonderie d'Ussel (Corrèze), M. Macron a estimé que "certains, au lieu de foutre le bordel, feraient mieux d'aller regarder s'ils ne peuvent pas avoir des postes là-bas, parce qu'il y en a qui ont les qualifications pour le faire et ce n’est pas loin de chez eux".
La réforme de la formation va nécessiter "plein de petites révolutions" dans le pays, "culturelles et organisationnelles", a prévenu M. Macron, accompagné des ministres du Travail et de l'Education nationale, Muriel Pénicaud et Jean-Michel Blanquer, et du président de la Fédération nationale des travaux publics, Bruno Cavagné.
"Il faut que commence ici une bataille, il faut qu’on arrête avec le défaitisme français", a-t-il lancé.
Interpellé par un jeune qui a témoigné avoir été encouragé au collège à abandonner son désir d'être conducteur d'engins de chantier, M. Macron a regretté les "a priori" sur ces métiers que beaucoup considèrent comme "des sous-métiers".
"Il y a des tas de métiers dans lesquels on entre avec un CAP et qui donnent de meilleurs salaires" que de longues études, a-t-il expliqué. "On a mis dans l'idée de tout le monde qu'il faut un bac général" suivi par des "études universitaires", ce qui provoque un "véritable gâchis collectif", a-t-il regretté.
- "simplifier" la formation -
Travaillant sur un simulateur de camion-benne, Kilian, 15 ans, en 1ere année de CAP conducteurs d’engins, lui a affirmé "connaître déjà" la société de BTP dans laquelle il travaillera à la sortie de l'école d'Egletons.
"Ces jeunes sont extrêmement motivés, d'autant plus qu’ils savent qu’ils auront un job à la fin", témoigne Pierre Massy, le directeur de l'EATP. A sa sortie, chaque diplômé a le choix entre 2,6 offres d'emploi en moyenne, a-t-il précisé.
M. Macron a par ailleurs répété qu'il fallait "simplifier" le secteur de la formation professionnelle, qui compte, selon lui, "beaucoup trop d'acteurs - 75.000 en France -, ce qui est ridicule".
Le chantier de la formation professionnelle, de l’apprentissage et de l’assurance chômage sera formellement lancé par des rencontres avec les organisations syndicales et patronales le 12 octobre à l’Elysée.
Cette réforme fait suite à celle du droit du travail récemment adoptée par ordonnances.
Mme Pénicaud a indiqué que la concertation devrait "déboucher au début de l'année 2018 sur un projet de loi, qui sera débattu au printemps au Parlement".
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