Le groupe de dialogue mis en place par Edouard Philippe pour préparer le référendum du 4 novembre sur l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie dresse dans un document le bilan politique des accords de Matignon et de Nouméa, entre satisfaction et constat d'insuffisance.
Les membres du groupe représentaient les principales tendances indépendantistes et non-indépendantistes du territoire.
Avec les accords de Matignon-Oudinot des 26 juin et 19 août 1988 et de Nouméa du 5 mai 1998, la Nouvelle-Calédonie s'est en effet engagée dans un processus d'autodétermination et de décolonisation progressif, dont le référendum est une étape essentielle.
Quatre grands thèmes sont abordés dans le document transmis ce week-end à la presse. Le premier concerne le bilan "sur l'émancipation, la décolonisation et le droit à l'autodétermination".
"Le droit à l’autodétermination de +la population intéressée+ continuera à s’exercer jusqu’à ce qu'il soit opté de manière définitive pour l'une des voies prévues par l'ONU dans ses résolutions relatives au droit des peuples à disposer d'eux-mêmes", note le groupe. "Le retrait de la Nouvelle-Calédonie de la liste des territoires à décoloniser relève de l’ONU", rappelle-t-il.
Fiche et chronologie sur la Nouvelle-Calédonie
AFP
Également évoquée : la "gouvernance" du territoire. "Malgré les difficultés, les profondes divergences et les rivalités inhérentes à la vie démocratique, les responsables politiques calédoniens ont su trouver les consensus ou les compromis nécessaires sur les sujets essentiels", se félicite le groupe.
"Le gouvernement collégial a dû faire face à plusieurs crises mais a finalement toujours assuré son rôle d’exécutif, transcendant souvent le clivage indépendantistes/non indépendantistes", note-t-il.
- Critères de citoyenneté bientôt redéfinis -
Concernant le "vivre-ensemble", il souligne par ailleurs que "la citoyenneté calédonienne fonde les restrictions apportées au corps électoral et la priorité d’accès à l’emploi. Elle a contribué à l’émergence d’une identité calédonienne. Ses conditions d’accès, qui font débat, sont par définition transitoires et devront être redéfinies dans le cadre de la sortie de l’Accord de Nouméa".
"Les actions conduites durant la période de mise en œuvre de l’Accord de Nouméa ont été particulièrement volontaristes dans la prise en compte de l’identité kanak", note également le groupe. Cette démarche "doit être poursuivie pour permettre aux institutions coutumières de jouer pleinement leur rôle".
Pour affirmer une identité commune aux différentes communautés, "le 26 juin, date de la signature des Accords de Matignon, pourrait être retenue comme date anniversaire de cette nouvelle étape de l’histoire calédonienne contemporaine".
Fiche de localisation des lieux des évènements d'Ouvéa en 1988
AFP
A propos du rééquilibrage entre les trois provinces (Sud et Nord de la Grande Terre et îles Loyauté) qui constituent le pays, les responsables reconnaissent que le travail n'est pas encore terminé.
Si "le niveau d’éducation de la population s’est considérablement amélioré (parcours adaptés en primaire et secondaire, forte progression de la réussite au bac, montée en puissance des formations supérieures, partenariats pour favoriser l’accès à la haute fonction publique), de fortes inégalités territoriales demeurent et l’insertion économique des jeunes générations doit être mieux préparée".
L’autonomie économique est considérée en progression, soutenue par d’importants investissements extérieurs.
"A ce titre l’usine de KNS (traitement du nickel) a constitué le fer de lance du rééquilibrage et a permis le développement d’un véritable pôle urbain en province Nord. Pour autant, hors financement des compétences régaliennes, les dotations de l’Etat représentent encore 30% des dépenses publiques, notamment en matière de logement social et d’éducation", écrivent les responsables.
Le groupe était composé des indépendantistes Paul Néaoutyine (Palika), Victor Tutugoro (UPM), Daniel Goa et Roch Wamytan (UC) et des non-indépendantistes Philippe Gomès et Philippe Michel de Calédonie ensemble (centre droit) et Gaël Yanno (SE).
S'il a fait consensus parmi le groupe de travail, le texte, qui sera remis au Premier ministre, a déjà été critiqué par la branche droitière des loyalistes - Le Rassemblement-LR et les Républicains Calédoniens - qui avaient claqué la porte du groupe en juin.
Le candidat Horizons, favori du bloc central, Édouard Philippe a lancé un appel à ses concurrents du centre et de la droite, les invitant à se rassembler dans la perspective de la présidentielle et des législatives. Mais Bruno Retailleau et Gabriel Attal ne comptent pas, à ce stade, se retirer au profit d'une candidature unique du maire du Havre. De quoi relancer l'idée d'une primaire.
Sébastien Lecornu envisage de réduire l’indemnité mensuelle des membres du gouvernement, à titre d’exemplarité, dans une période où le budget 2027 va nécessiter des ajustements budgétaires forcément impopulaires. On fait le point sur les règles actuelles qui déterminent les montants perçus par les ministres.
Le premier ministre souffle en toute discrétion sa première bougie à Matignon. Après un faux-départ, il a réussi à faire adopter le budget 2026, ce qui était loin d’être acquis. Mais impossible de lancer de grandes réformes, à l’exception de l’adoption, malgré l’absence de majorité absolue, du texte sur la fin de vie. Quant à l’idée d’être le recours de son camp pour 2027, il l’écarte. S’il passe l’écueil du dernier budget, il pourrait aller au bout du quinquennat.
Avec 20 sénateurs, dont 11 Horizons, le groupe des Indépendants espère « gagner des sièges » lors des sénatoriales, avance son président, Claude Malhuret. Avant de faire partie intégrante de la majorité sénatoriale ? Les choses dépendront des rapports de force au Sénat et de la présidentielle. Mais en Seine-Maritime, département d’Edouard Philippe, comme en Vendée, où Bruno Retailleau est candidat, Horizons et LR font déjà l’union.