À quelques semaines de la reprise des travaux parlementaires, sénateurs et députés socialistes, réunis à Rennes pendant deux jours, s’interrogent sur la manière de reprendre l’ascendant au sein de la Nupes. Malgré l’hégémonie de LFI et les dissensions internes, le PS estime incarner une position d’équilibre, la seule capable de ramener la gauche au pouvoir.
Pour sa rentrée parlementaire, le PS déterminé à peser davantage au sein de la Nupes
À quelques semaines de la reprise des travaux parlementaires, sénateurs et députés socialistes, réunis à Rennes pendant deux jours, s’interrogent sur la manière de reprendre l’ascendant au sein de la Nupes. Malgré l’hégémonie de LFI et les dissensions internes, le PS estime incarner une position d’équilibre, la seule capable de ramener la gauche au pouvoir.
Les poutres blanchies et les voûtes du couvent des Jacobins à Rennes, transformé depuis peu en centre des congrès, invitent à la contemplation. Dans la salle du grand auditorium, les lamelles dorées des stores font danser la lumière sur les hauts murs de pierre. C’est dans cette pièce que les fiançailles d’Anne de Bretagne et de Charles VIII ont été célébrées en 1491, scellant du même coup le rattachement du duché de Bretagne au royaume de France. Il fallait bien un cadre au passé historique aussi prestigieux pour sceller une autre forme de rapprochement, celui des parlementaires socialistes, qui s’étaient quittés quelque peu divisés après la dernière séquence électorale. « Comme quoi, l’unité des socialistes, c’est simple. On les plante dans un beau lieu, ils lèvent les yeux au ciel et ils prennent du recul », sourit Nathalie Appéré la maire de Rennes, qui accueille les journées parlementaires du PS jusqu’à mardi soir. « Nous sommes dans un écrin, mais il faut un bijou et aujourd’hui, le bijou c’est nous ! », renchérit Patrick Kanner, le président du groupe PS au Sénat.
Sous un grand ciel bleu - qui a dit qu’il ne faisait jamais beau en Bretagne ? – les frictions qui ont agité les élections législatives dans le cadre de la nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes) semblent oubliées, et la rentrée politique devient l’occasion d’un nouveau départ. Pour mémoire, l’alliance conclue entre les principales forces de gauche au printemps a réveillé des fractures mal refermées au sein du parti à la rose. Avec d’un côté les défenseurs d’une gauche sociale-démocrate, persuadés que la reconquête du pouvoir ne se fera pas sans le centre gauche et le retour des électeurs partis chez Emmanuel Macron et, de l’autre, les tenants d’une vision plus radicale, reprochant au PS de s’être coupé des classes populaires, et donc favorables au rapprochement orchestré par La France insoumise. Une ligne de fracture qui a également épousé les contours de la géographie parlementaire : une large partie du groupe socialiste au Sénat - qui compte 65 élus - s’était montrée relativement critique durant les négociations avec LFI.
Face à LFI, « nous étions pieds et poings liés »
Trois mois plus tard, les voilà devant le fait accompli : la dynamique enclenchée par Jean-Luc Mélenchon a profité au PS, qui a pu former au sein de la Nupes un groupe de 31 députés (en comptant les apparentés), malgré une candidate sous les 2 % à la présidentielle. Par ailleurs, l’union, dont certains prédisaient une rapide dislocation, a résisté aux remous de la fin de session parlementaire, avec un texte sur le pouvoir d’achat et un budget rectificatif. « On partait de loin. Avec la Nupes on a quand même gagné un certificat de conformité ‘de gauche’ », reconnaît le sénateur Rémi Cardon. « L’accord politique était indispensable d’un point de vue électoral, mais aussi pour manifester une forme de convergence à gauche face à la montée de l’extrême droite et aux forces dominantes de la macronie », explique Vincent Eblé, ancien président de la commission des finances. Il ajoute : « Et puis, avec 1,75 % au sortir de la présidentielle, nous étions pieds et poings liés. »
Il n’en reste pas moins que certains ne décolèrent pas et espèrent reprendre la main sur les destinées socialistes. À l’image de Bernard Cazeneuve qui a publié le 3 septembre, dans les colonnes du Journal du Dimanche, un manifeste « pour une gauche sociale-démocrate, républicaine, humaniste et écologique », entraînant dans son sillage plusieurs figures du quinquennat de François Hollande, tels que Stéphane Le Foll (maire du Mans), Jean-Christophe Cambadélis (ancien premier secrétaire du Parti socialiste), ou encore Carole Delga (présidente du conseil régional d’Occitanie). L’ancien Premier ministre appelle à « démontrer jour après jour qu’une autre gauche est possible, qui rompe avec l’outrance et le sectarisme », et accuse la direction du PS de s’être laissée « toutouisée » par Jean-Luc Mélenchon. Vendredi, il a fait part sur France 2 de sa volonté de « structurer cette initiative ». Des déclarations qui nourrissent l’agacement : « Ce texte aurait pu être écrit il y a quinze ans. Les statuts du PS sont d’une autre facture… », tacle l’un des principaux députés socialistes. « Il fait preuve dans ses interviews des mêmes outrances que celles qu’il prétend dénoncer. »
La bataille du congrès en ligne de mire
Alors qu’un congrès PS doit se tenir cet hiver, les intentions de Bernard Cazeneuve restent floues. Son manifeste semble poser un premier jalon vers ce qui pourrait devenir une motion d’opposition à la direction d’Olivier Faure. Mais sur France 2, l’ancien chef de gouvernement de François Hollande a également esquissé la possibilité d’une initiative en dehors du parti, dont il a d’ailleurs claqué la porte avec fracas en mai dernier. La maire de Vaulx-en-Velin, Hélène Geoffroy, cheffe de file des opposants en interne au Premier secrétaire, a signé son texte mais beaucoup estiment qu’elle apportera sa propre contribution pour le congrès, comme elle l’avait fait à Villeurbanne en 2021. Par ailleurs, une troisième motion serait d’ores et déjà en cours de préparation, indique un poids lourd de la gauche sénatoriale. Rédigé à l’initiative de parlementaires socialistes inquiets d’un risque d’éclatement inhérent à une bataille entre les partisans d’Olivier Faure et ses opposants, ce texte baptisé « refondation » aura le souci de proposer « une troisième voie ».
Car au-delà de la ligne politique se pose la question de la stratégie à déployer après avoir pactisé avec une France insoumise hégémonique : comment résister à l’engloutissement ? Si le pari d’Olivier Faure d’accepter la main tendue de Jean-Luc Mélenchon pour redonner une visibilité aux socialistes semble avoir plutôt bien fonctionné, le premier secrétaire doit désormais montrer que le PS est capable d’être une force d’entraînement à gauche malgré la position ultra-dominante de LFI. Le député de Seine-et-Marne n’a pas ménagé ses efforts ces dernières semaines pour donner de la voix et rester présent dans l’espace médiatique. On l’a vu particulièrement remonté à la tribune au début de l’été pour dénoncer le rôle de la majorité dans la répartition des postes clefs à l’Assemblée nationale. Une séquence remarquée, et dont l’élu était jusqu’à présent assez peu coutumier. Fin août, il a proposé l’organisation d’un référendum d’initiative partagée sur la taxation des superprofits, une proposition de loi en ce sens doit être déposée dans les prochains jours au Parlement.
« Nous ne sommes pas dans une logique politicienne où l’on chercherait des combats pour se réunir les uns avec les autres », se défend Olivier Faure, assurant vouloir se concentrer sur « les préoccupations du quotidien ». « Il y avait une aspiration du peuple de gauche à cette union. Chacun y est allé de ce qu'il avait à apporter. Mais je ne renonce pas à notre travail, à notre détermination à convaincre », souligne Boris Vallaud, le chef de file des députés PS.
« Nous ne reviendrons pas au pouvoir si le centre de gravité de la gauche reste là où il est aujourd’hui »
De son côté, Patrick Kanner appelle les parlementaires à se faire entendre, et à multiplier les prises de position. Surtout, il n’a cessé de rappeler lundi que, bout à bout, les deux groupes socialistes, au Sénat et à l’Assemblée nationale, « forment le premier groupe d’opposition à gauche avec 95 élus devant la France insoumise ». Raison de plus pour se coordonner : « Ayez des rencontres en commun ! Produisez en commun ! C’est comme ça que nous existerons. Personne ne nous fera de cadeaux, y compris chez nos partenaires de gauche. Nous sommes dans le rapport de force, et parce que nous sommes dans le rapport de force, il faut être à l’initiative », a-t-il martelé.
Un discours qui fait résonner de vieux rêves dans l’auditoire. Dans le cloître du couvent des Jacobins, entre deux tables rondes, beaucoup l’admettent : la gauche avait besoin de se parler, de créer « un espace de dialogue » pour peser à nouveau dans le débat politique, mais elle n’ira pas plus loin si le PS ne reprend pas le leadership. « Il faut arrêter d’avoir la nostalgie d’une gauche molle et modérée », explique le sénateur de Paris David Assouline, qui fait valoir « la nécessité d’une certaine radicalité face à l’urgence écologique et la situation internationale », mais de préciser également : « On peut faire des accords électoraux pour passer un premier tour. Mais je pense que nous incarnons une orientation politique qui peut rassembler plus largement à un second tour. Nous ne reviendrons pas au pouvoir si le centre de gravité de la gauche reste là où il est aujourd’hui. » Un ancien ministre de François Hollande abonde : « Nous devons travailler à montrer que l’avenir de la gauche au pouvoir ce n’est pas LFI. Sinon, je ne serai pas socialiste ! »
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