FRA – ELECTIONS MUNICIPALES – LR RETAILLEAU
Crédit : NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Présidentielle : les adhérents LR désignent Bruno Retailleau comme candidat

Le président des Républicains a été investi par son parti pour l’élection présidentielle ce dimanche, à la suite d’un vote en ligne des adhérents. La confirmation de la candidature de Bruno Retailleau était une étape nécessaire, mais n’épuise pas les questions sur la suite de la campagne présidentielle à droite. 
Louis Mollier-Sabet

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Les adhérents ont tranché : Bruno Retailleau sera le candidat des Républicains à l’élection présidentielle 2027. Une désignation qui faisait peu de doutes, alors que le président des Républicains avait déjà déclaré sa candidature en février dernier. Cette consultation en ligne des militants vient donc entériner la stratégie présidentielle de l’ancien ministre de l’Intérieur, et éliminer l’hypothèse d’une primaire – restreinte aux seuls adhérents LR ou ouverte aux sympathisants – qui étaient les deux autres choix laissés par la consultation de ce week-end.

Alors que près de 100 000 militants avaient élu Bruno Retailleau en mai dernier face à Laurent Wauquiez, ce sont seulement 76 653 adhérents à jour de cotisation qui étaient autorisés à voter ce week-end – pour environ 46 000 (60 % de participation) qui ont finalement pris part au vote. Parmi ces 46 000 votants, 73,8 % se sont exprimés en faveur « de la désignation du président [du] mouvement, Bruno Retailleau, comme candidat des Républicains. » Respectivement 14 % et 12,2 % des militants LR ont voté pour l’organisation d’une primaire soit ouverte, soit réservée aux candidats et adhérents des LR.

« Une fusée à deux étages »

« L’ensemble des cadres et des militants des Républicains sont désormais pleinement engagés pour faire gagner le projet porté par Bruno Retailleau », affirme le communiqué du parti annonçant les résultats de la consultation. Mais, si la désignation du président du mouvement comme candidat n’est pas une surprise, la suite des opérations soulève tout de même de nombreuses interrogations. Comment s’articulera la candidature de Bruno Retailleau avec les autres candidatures de l’ex socle commun, qu’elles soient déjà officielles (Edouard Philippe), ou putatives (Gabriel Attal) ? « C’est une fusée à deux étages », décode la sénatrice LR, Agnès Evren. « C’est normal que les militants choisissent leur champion et que toutes les personnalités de valeurs tracent leur sillon. Ensuite il faudra choisir un candidat commun de la droite et du centre », détaille l’élue parisienne.

Certains proches de Bruno Retailleau se sont montrés moins optimistes récemment. Quelques heures avant la publication des résultats, François-Xavier Bellamy, numéro 2 du parti, déplore ainsi dans La Tribune Dimanche un manque de « sens du collectif » au sein de LR, alors qu’un « parfum de schisme » plane d’après lui sur le parti. « Nous avons un candidat désigné, légitime. Les choses sont claires : ceux qui ne veulent pas suivre ne suivront pas, mais on va pouvoir passer au projet et faire de la politique », se félicite Max Brisson, sénateur LR proche de Bruno Retailleau. Ce spécialiste de l’enseignement compte bien faire des propositions « disruptives » et susciter le débat : « Si Bruno Retailleau reprend les propositions que je vais lui faire, tout l’establishment de l’Education nationale sera vent debout. Mais au moins on parlera du fond, pas de la façon de désigner un candidat unique. »

« On verra comment évoluent les courbes à l’hiver prochain »

L’ancien concurrent de Bruno Retailleau à la présidence du mouvement, Laurent Wauquiez, a en effet confié sur France Inter cette semaine qu’il voterait blanc à la consultation organisée ce week-end par LR. Le président du groupe à l’Assemblée nationale plaide de son côté pour l’organisation d’une primaire « allant d’Edouard Philippe à Sarah Knafo » – une option qui ne figurait pas dans les choix offerts aux militants. « La seule question qui n’est pas posée aux militants, c’est la plus importante », a attaqué Laurent Wauquiez sur France Inter cette semaine. « Est-ce qu’on veut un candidat LR, quoi qu’il arrive, au risque de perdre la présidentielle […] ou un rassemblement de la droite ? »

Bruno Retailleau est donc maintenant officiellement investi par son parti, la question est donc : l’ancien ministre de l’Intérieur ira-t-il jusqu’au bout ? « Les choses vont se décanter début 2027. On verra comment évoluent les courbes à l’hiver prochain, si la campagne ne prend pas, on en tirera les conclusions », temporise Max Brisson, qui espère surtout « qu’on aura une vraie campagne, pas comme en 2022. » Agnès Evren estime, elle aussi, que si Bruno Retailleau « est déterminé à aller jusqu’au bout », les LR « restent lucides » : « On risque tous d’avoir la gueule de bois dans un an si on ne prend pas nos responsabilités. »

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