L’organigramme de campagne de Raphaël Glucksmann se dévoile petit à petit. Après le nom du directeur de campagne, le sénateur PS Alexandre Ouizille, comme publicsenat.fr le révélait hier, avec nos confrères du Nouvel Obs, on connaît maintenant quelle sera l’organisation d’une autre facette essentielle de la campagne : les finances.
C’est la sénatrice PS du Val-de-Marne, Laurence Rossignol, qui est nommée présidente de l’association de financement de Raphaël Glucksmann, selon les informations de publicsenat.fr. Ce qui revient au rôle de mandataire financier pour la campagne. Concrètement, elle sera chargée de recevoir les recettes, notamment les dons de particulier (dans la limite de 4.600 euros par personne) et d’ordonner les dépenses, de gérer le budget de la campagne.
Travail en équipe et en confiance
Dans cette fonction, que les candidats confient à des personnes de confiance, l’ex-ministre des Familles et aux Droits des femmes de François Hollande ne sera pas seule. Elle travaillera en équipe, accompagnée d’un secrétaire général, Frédéric Massot, conseiller municipal PS de Villiers-sur-Marne, et d’une trésorière, avec une autre sénatrice PS, Marie-Pierre de la Gontrie. La sénatrice de Paris avait déjà été présidente de l’association de financement d’Anne Hidalgo pour la présidentielle de 2022 et pourra apporter son expérience.
Avec Alexandre Ouizille et Laurence Rossignol, ce sont donc des sénateurs qui occupent plusieurs postes clefs de la campagne du leader de Place Publique. « Le Sénat est à la manœuvre », sourit un membre de la Haute assemblée. Si le rôle de Laurence Rossignol sera évidemment financier, il sera aussi politique, pour celle qui était déjà membre de l’équipe de campagne du candidat pour la primaire.
« L’enjeu, c’est que l’argent rentre »
L’un des enjeux sera aussi la bonne entente, sur le plan financier, entre le PS et le candidat. Après la cuisante défaite du premier secrétaire, Olivier Faure, à la primaire, le parti va-t-il jouer le jeu et soutenir à plein Raphaël Glucksmann ? Lors de la campagne d’Anne Hidalgo, les choses avaient été compliquées.
« L’enjeu, c’est que l’argent rentre », commente un socialiste. Mais comparé à la campagne de la maire de Paris, qui dévissait dans les sondages, « ce n’est pas la même histoire ». Autrement dit, avec un possible score à deux chiffres et une meilleure dynamique, les chances de dépasser les 5 %, synonyme de remboursement des dépenses de campagne par l’Etat, semble beaucoup plus forte pour Raphaël Glucksmann. Ce qui pourrait faciliter l’entrée de recettes, d’où qu’elles viennent. Les équipes de campagne espèrent qu’après la primaire, la collecte populaire va monter en intensité. « Le meilleur est à venir », veut-on croire.
Plafond de 16,8 millions d’euros au premier tour
Quant au niveau de dépense de campagne qui est projeté, pour l’heure, l’information reste confidentielle. Mais si la dynamique se crée, les candidats sont généralement plus à même de dépenser, non pas sans compter, mais en lâchant un peu plus les chevaux. Pour rappel, la loi fixe un plafond de 16,851 millions d’euros de dépenses maximales pour le premier tour de la présidentielle, et 22,509 millions d’euros pour les candidats qualifiés au second tour.
En 2017, le candidat du PS, Benoît Hamon, n’avait pas mis la bride à ses dépenses, en s’approchant du plafond, avec 15 millions d’euros de budget. Avec un succès pour le coup limité, finissant à 6,36 % des voix. En 2022, Jean-Luc Mélenchon avait lui dépensé 13,7 millions d’euros, avec un score de 21,95 %. Plus prudente, Anne Hidalgo arrivait à 3,7 millions d’euros de dépenses. Elle n’avait pas été remboursée, avec son score de 1,75 %, tout comme la candidate LR, Valérie Pécresse, qui n’avait pas freiné les dépenses, avec 14,3 millions d’euros. A croire que l’argent ne fait pas le bonheur, ni n’assure la victoire en politique.