Politique
Le chef de l’Etat, en déplacement aux côtés des forces de sécurité et des élus locaux dans la cité phocéenne, a admis un défaut d’anticipation dans la journée du 17 octobre, marquée par des violences urbaines.
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Par François Vignal
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Après sa large victoire à la primaire de la gauche sociale-démocrate, le 11 octobre dernier, l’organigramme de campagne de Raphaël Glucksmann est toujours en gestation. S’il faudra attendre pour les détails, le nom du nouveau directeur de campagne va être dévoilé. Selon les informations de publicsenat.fr, il s’agit d’Alexandre Ouizille, sénateur PS de l’Oise.
« C’est Alexandre Ouizille qui sera directeur de campagne », confie un cadre de la campagne du candidat, ce que confirment plusieurs sources parlementaires socialistes. L’officialisation doit venir d’ici quelques jours.
A 38 ans, le jeune sénateur de l’Oise était déjà directeur de la communication du leader de Place Publique pour la campagne de la primaire. Avec cette nouvelle fonction clef, Alexandre Ouizille va ainsi occuper un rôle central dans le dispositif de campagne du candidat de gauche. « C’est un gros travailleur, qui a le sens de l’organisation et qui a les codes de la jeunesse. C’est un garçon de talent », salue l’un de ses amis socialistes, qui ajoute qu’« il a l’avantage d’être sénateur, qui n’est pas renouvelable », à la différence d’un député. Autrement dit, il saura se rendre « disponible ».
Un autre « camarade » y voit un bon signe. « Il faut des nouvelles têtes, qui soient en confiance avec le candidat, et de nouvelle génération. Il a la tête bien faite », salue ce socialiste. « C’est bien que ce soit lui. C’est quelqu’un qui sait où il est politiquement. Et que ce soit un socialiste, ça permet de lutter contre certaines images caricaturales qu’on voudrait faire du candidat », relève un autre de ses amis politiques. Comprendre, il s’agit d’ancrer le candidat à gauche, au moment où les insoumis cherchent à la renvoyer vers le macronisme déclinant.
Ancien conseiller régional PS des Hauts-de-France, Alexandre Ouizille a été élu sénateur de l’Oise en 2023. A l’époque soutien du premier secrétaire, Olivier Faure, il avait remporté la désignation interne face à la sénatrice sortante de l’Oise, Laurence Rossignol, finalement réélue dans le Val-de-Marne. Les deux sont aujourd’hui côte à côte pour soutenir Raphaël Glucksmann. Au Sénat, il s’est fait remarquer en tant que rapporteur de la commission d’enquête sur les eaux en bouteille, à la suite du scandale Nestlé Waters.
Alexandre Ouizille est aujourd’hui un très proche de Boris Vallaud, président du groupe PS de l’Assemblée nationale, dont il avait été directeur de campagne, lors du dernier congrès. Il est son mandataire au sein de son « TO », son texte d’orientation, soit le courant du député des Landes. Lors du dernier congrès, c’est lui qui bataillait dans les réunions internes. Celui qui a relancé le Nouveau Populaire, le journal du Parti socialiste, connaît bien les arcanes du PS, atout qui a pu être utile pour la primaire.
C’est maintenant une campagne présidentielle, qu’il va diriger. Il devrait être épaulé par des directeurs adjoints de campagne. Pour espérer créer la dynamique, le candidat visera d’abord à sa gauche, avec l’électorat écologiste, qu’il peut espérer attirer par des mesures fortes – « il ne voulait pas non plus griller toutes ses cartouches durant la primaire », confie un proche – pour se rapprocher de Jean-Luc Mélenchon.
Puis l’enjeu sera d’apparaître comme le plus à même de battre l’extrême droite. « Il faudra expliquer que Jean-Luc Mélenchon, ce n’est pas le vote utile, que c’est une élection à deux tours. Et que pour battre Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon est le pire des candidats », avance un stratège socialiste.
Mais avant, il faudra déjà boucler l’organisation, en y intégrant toute la famille socialiste, y compris des amis d’Olivier Faure. « Il y a un travail de constitution de l’équipe. Ce n’est pas une petite affaire que d’intégrer des gens qui vous ont combattu durement », confie un chapeau à plumes, qui assure qu’« il peut y avoir des fauristes. Beaucoup ont fait des offres de service ».
Après la bataille de la primaire, ce ne sera pas de trop d’avoir un PS si possible rassemblé et mobilisé, que ce soit financièrement et sur le plan militant, pour espérer faire décoller le candidat Glucksmann. Un camarade socialiste lui souhaite bien du courage : « Maintenant, c’est le grand bain… »
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