Ce sont des révélations qui ont percuté la rentrée parlementaire du Rassemblement national. S’appuyant sur des conversations privées qui auraient été écrites par Jordan Bardella à l’été 2013, alors qu’il avait entre 17 et 18 ans, le journal d’investigation Mediapart a publié lundi après-midi un article rapportant plusieurs propos antisémites de l’actuel président du RN.
Parmi les écrits, Jordan Bardella aurait envoyé dans une conversation : « Le juif doit dominer les autres peuples, les écraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et en profondeur ».
Face à l’onde de choc de ces révélations, Jordan Bardella s’est empressé de démentir sur CNews, lundi soir, et a annoncé le dépôt d’une plainte en diffamation. Après les bons scores réalisés par le RN aux sénatoriales dimanche, la quinzaine d’élus du nouveau groupe RN étaient conviés ce matin à l’Assemblée pour une réunion de groupe avec leurs collègues députés avant de se rendre à la chambre haute cet après-midi.
Malgré la polémique, ce programme ne changera pas, comme nous l’ont confirmé plusieurs sources. À son arrivée à l’Assemblée, Jordan Bardella a néanmoins pris soin de démentir une nouvelle fois, devant les caméras, les informations de Mediapart. « Je conteste formellement ces accusations […]. Soit Mediapart a monté cette manipulation et à ce moment-là, c’est très grave. Soit Mediapart s’est fait enfumer par des gens assez puissants qui ont intérêt à déstabiliser cette campagne présidentielle », a-t-il déclaré.
Devant les élus de son parti, l’eurodéputé a annoncé qu’il « livrerait une bataille judiciaire ». « Cette opération a très certainement été préparée dans le scénario où j’aurais été candidat à l’élection présidentielle […] », a-t-il esquissé, avant de prévenir : « Il est évident que nous sommes confrontés à un feuilleton […]. D’autres articles sortiront sur ce sujet comme sur d’autres sujets. S’il y a des éléments écrits, je vous annonce que je déposerai une plainte pour faux et usage de faux ». Il a martelé : « L’objectif, c’est de tuer ma carrière politique. »
Jordan Bardella s’en est aussi longuement pris au journal Mediapart, qualifié « d’extrême gauche » et composé, selon lui, « de fanatiques qui useront de tous les moyens, y compris les plus déloyaux, pour nous empêcher de gagner l’élection présidentielle. Ils sont dans une guerre qui est une guerre totale ».
A ses côtés, Marine Le Pen lui a apporté son soutien. « Nous n’allons pas nous laisser faire ». « Nous allons démonter cette manipulation », a-t-elle annoncé, promettant « de démontrer la véritable nature de Mediapart ».