Repas du CFCM: pas de discours d’Edouard Philippe, « incompréhension » de responsables musulmans
Des responsables du Conseil français du culte musulman (CFCM), qui tient mardi soir à Paris son repas annuel de rupture du jeûne...

Repas du CFCM: pas de discours d’Edouard Philippe, « incompréhension » de responsables musulmans

Des responsables du Conseil français du culte musulman (CFCM), qui tient mardi soir à Paris son repas annuel de rupture du jeûne...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Des responsables du Conseil français du culte musulman (CFCM), qui tient mardi soir à Paris son repas annuel de rupture du jeûne du ramadan, ont dit leur "incompréhension" après avoir appris que le Premier ministre Edouard Philippe ne s'y exprimerait pas.

C'est le ministre de l'Intérieur - chargé des relations avec les cultes -, Gérard Collomb, qui prononcera un discours à cette occasion, a indiqué à l'AFP son cabinet.

Matignon a confirmé à l'AFP qu'Edouard Philippe ne s'exprimerait pas. Il pourrait toutefois "passer prendre le thé" brièvement à l'issue de cet événement organisé au Pavillon Dauphine (XVIe arrondissement), a indiqué le président du CFCM, Ahmet Ogras.

Un an après avoir reçu à sa table le président Emmanuel Macron, premier chef de l'Etat à participer à cette rupture du jeûne ou "iftar" depuis dix ans, l'institution représentative du deuxième culte de France avait renouvelé pour 2018 son invitation auprès du président de la République. Le rendez-vous devait avoir lieu entre le 31 mai et le 5 juin.

Mais l'Elysée, invoquant les contraintes de l'agenda présidentiel, avait fait savoir que c'est en fait le Premier ministre qui représenterait le chef de l'Etat, selon le CFCM, qui s'était alors entendu avec Matignon sur la date du 12 juin.

Samedi dernier, le CFCM annonçait encore dans un courriel à ses invités que son "iftar sera(it) honoré par la participation du Premier ministre".

"Il avait confirmé sa présence. Mais nous avons été informés lundi matin qu'il ne s'exprimerait pas", a indiqué Ahmet Ogras, confiant à l'AFP son "incompréhension".

Le président du CFCM fait l'hypothèse que le Premier ministre ne souhaitait pas évoquer la réorganisation de l'islam en France, chantier directement piloté par Emmanuel Macron, qui a repoussé sa prise de parole sur ce dossier épineux.

"Ils croyaient le sujet facile et sont pris au piège", analyse Ahmet Ogras, qui temporise en estimant que l'absence de discours du Premier ministre "n'est pas la fin du monde".

Interrogé à l'issue du Conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a évoqué "un sujet extrêmement difficile, délicat et sensible", auquel le président de la République "consacre du temps".

"On s'y est attelé une dizaine d'années et ça a échoué. Il faut prendre le temps d'entendre l'ensemble des parties prenantes (...) afin de pouvoir bâtir un islam qui aura sa place dans la République et de traiter des questions aussi diverses que le financement, la formation des imams, la langue des prêches", a fait valoir ce proche d'Emmanuel Macron.

A l'Elysée, où on refuse de dire si le chef de l'Etat présentera ses orientations sur l'islam d'ici à la fin 2018, on explique que "la réflexion n'est pas encore aboutie". "Le président s'exprimera lorsque les choses seront prêtes", s'est borné à indiquer l'Elysée.

Très remonté, le délégué général du CFCM, Abdallah Zekri, s'est dit auprès de l'AFP "blessé" et "outré" par le "revirement" d'Edouard Philippe, qualifiant d'"attitude désinvolte" son absence d'allocution lors de l'iftar. "Pourquoi offrir un iftar à la République si elle se montre méprisante à notre égard?", s'est interrogé ce responsable lié à la grande mosquée de Paris, qui fait état de plusieurs désistements d'invités et d'appels de responsables de mosquées mécontents.

bfa-kap-jmt-jri/blb/cam

Partager cet article

Dans la même thématique

Repas du CFCM: pas de discours d’Edouard Philippe, « incompréhension » de responsables musulmans
6min

Politique

Breturn : « La porte est ouverte, ils n'ont qu'à revenir ! » lance cet eurodéputé espagnol

Alors que la présidente de la Commission a annoncé vouloir faire du Canada le premier « membre associé » de l’UE, les 27 s’interrogent : faut-il créer un nouveau statut ? Cette piste est aussi explorée dans le cas de la Grande-Bretagne qui exprime ses regrets et son envie de se rapprocher de l’Union, dix ans après le référendum sur le Brexit. Alors faut-il que l’Europe s’ouvre et jusqu’où ? On en débat dans Ici l’Europe avec les eurodéputés Nicolas Bay (France, ECR) et Javier Moreno Sanchez (Espagne, S&D).

Le

FRA – VOEUX DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL
11min

Politique

Marine Le Pen demande la démission de Richard Ferrand : le président du Conseil constitutionnel est-il vraiment sorti de sa réserve ?

Les parlementaires du RN et de l’UDR ont saisi le Conseil constitutionnel pour demander la « démission d'office » de son président, Richard Ferrand. Celui-ci a estimé publiquement que la révision de la Constitution proposée par Marine Le Pen n’était pas faisable. Interrogés par Public Sénat, plusieurs constitutionnalistes considèrent qu’il a pris parti sur une question de droit toujours en suspens depuis plus de soixante ans. D’autres, comme Dominique Rousseau et Benjamin Morel, dénoncent une tentative de déstabilisation de la part de l’extrême droite, contre une institution susceptible de jouer les garde-fous face à l’application du programme du RN.

Le

France, Perpignan, October 13, 2026: High school and university students demonstrate with trade union support
7min

Politique

Vote à 16 ans : la jeunesse doit-elle avoir son mot à dire dans les urnes ?

Comme d’autres avant lui, Jean-Luc Mélenchon veut ouvrir les urnes aux lycéens, alors que les mobilisations de la jeunesse se multiplient. Raphaël Glucksmann et Marine Tondelier défendent aussi la mesure. Pourtant, malgré des retours réguliers dans le débat présidentiel, le vote à 16 ans reste lettre morte. Plusieurs universitaires analysent les résistances à cette réforme et ses effets possibles sur la participation politique.

Le