Banque d’images du Sénat – Wlad Simitch Capa Pictures
Banque d'images du Sénat - Wlad Simitch Capa Pictures

Sénatoriales 2026 : la candidature dissidente de l’écologiste Bruno Bernard va-t-elle changer la donne dans le Rhône ?

Bruno Bernard, ancien président de la métropole de Lyon, a finalement décidé de déposer sa propre liste aux sénatoriales dans le Rhône, faisant ainsi concurrence à la liste d'union de la gauche (écologistes, PS, PCF) menée par le sénateur sortant, Thomas Dossus. En 2020, la liste de Thomas Dossus avait fait élire trois sénateurs sur les sept que compte le département.
Simon Barbarit

Temps de lecture :

5 min

Publié le

Mis à jour le

Voilà un rebondissement directement lié aux dernières élections municipales. Vendredi, l’ancien président de la métropole de Lyon, l’écologiste Bruno Bernard, a créé la surprise en annonçant sa candidature aux sénatoriales, alors qu’il y a déjà une liste à gauche menée par le sénateur écologiste Thomas Dossus.

« De nombreux grands électeurs de gauche et écologistes refusent de voter pour des listes intégrant des candidats qui ont entravé l’union à gauche lors des dernières élections municipales et métropolitaines », a justifié l’ancien patron de la métropole de Lyon dans un communiqué commun avec sa colistière, Lucie Vacher.

Dans sa démarche solitaire, Bruno Bernard vise Hélène Geoffroy, ancienne maire (PS) de Vaulx-en-Velin qui figure en deuxième position de la liste de Thomas Dossus. En mars dernier, la victoire de Grégory Doucet à Lyon avait médiatiquement éclipsé la défaite des écologistes à la Métropole sur fond de division de la gauche. Les listes de Bruno Bernard (Les Écologistes), soutenue par le PS et le PCF, et de Florestan Groult (LFI) n’avaient pas fusionné suite au refus d’Hélène Geoffroy (PS) et Michèle Picard (PCF) de faire liste commune avec les Insoumis. Les négociations avaient aussi buté sur l’intransigeance du député LFI Gabriel Amard, qui mène une liste insoumise pour les sénatoriales.

« La division ne prépare pas la victoire de la gauche et de l’écologie. Elle prépare celle de la droite », fustige Thomas Dossus

LFI avait tout de même retiré unilatéralement sa candidate de la circonscription métropolitaine Lyon Ouest pour laisser une chance à la liste d’union de la gauche. Ce retrait n’avait pas empêché la large défaite de Bruno Bernard et la victoire de la liste menée par Véronique Sarselli, maire (LR) de Sainte-Foy-lès-Lyon.

Dans un communiqué publié sur X, Thomas Dossus rappelle qu’en 2020, sa liste d’union de la gauche avait fait élire trois sénateurs sur les sept que compte le département : Gilbert-Luc Devinaz, qui a quitté le PS cet été, et l’écologiste Raymonde Poncet-Monge. Ces deux sénateurs ne se représentent pas. « La division ne prépare pas la victoire de la gauche et de l’écologie. Elle prépare celle de la droite (…) Affaiblir la gauche dans le Rhône par la division, ce n’est pas envoyer un message, c’est fournir un siège de plus à ceux qui sont en train de faire basculer le pays vers le pire », fustige-t-il. Contacté par publicsenat.fr, Thomas Dossus n’a pas répondu à nos sollicitations au moment où nous publions l’article.

« Ma démarche offre simplement une troisième voie à gauche », répond Bruno Bernard

Pour Bruno Bernard, contacté par publicsenat.fr, « la liste d’union de Thomas Dossus ne donne pas satisfaction à un grand nombre de nos grands électeurs ». « Beaucoup hésitent à voter LFI, centriste, ou à s’abstenir. Pour les grands électeurs du Rhône, et c’est aussi le point de vue que je partage, Hélène Geoffroy et Gabriel Amard sont deux personnalités qui n’ont pas travaillé à l’union. Avant le dépôt de ma liste, on pronostiquait déjà la perte d’un siège à gauche dans le département. Ma démarche offre simplement une troisième voie à gauche face aux six listes de droite et une liste RN (menée par Laurent Primault, NDLR). »

« Il se passe quelque chose autour de David Lisnard dans le Rhône »

Sur le collège de 3 800 grands électeurs que compte le département, il faut environ 350 voix pour décrocher un siège. Et à droite, l’ambiance n’est pas non plus à l’unité. « La liste “La voix des territoires Rhône et Métropole Unis” menée par le président du département, Christophe Guilloteau, pourrait ne faire qu’un siège, le sien, car c’est une personnalité très contestée parmi nos maires », souffle un élu du département et bon connaisseur du dossier. « Après, vous avez la liste de Sébastien Michel (maire LR d’Écully, à la tête de la liste Union républicaine pour le Rhône et la Métropole) qui devrait faire son siège car il est soutenu par Laurent Wauquiez. Et il faudra voir ce que fait la liste de Serge Bérard, soutenue par Nouvelle Énergie. Il se passe quelque chose autour de David Lisnard dans le Rhône qui attire un grand nombre de nos élus », veut croire notre source.

Le sortant, Bernard Fialaire, membre du groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen (RDSE), devrait conserver son siège aux dires de plusieurs observateurs.

À noter, enfin, que cette journée de lundi a été marquée par un autre rebondissement. Devant le tribunal administratif de Lyon, la rapporteure publique a préconisé l’annulation des dernières élections municipales à Vénissieux et Vaulx-en-Velin, deux villes remportées par LFI, mais dont les scrutins seraient entachés d’irrégularités sur les listes des candidats adverses.

Le tribunal administratif de Lyon a mis sa décision en délibéré à une date non précisée.

 

Partager cet article

Pour aller plus loin

Dans la même thématique

Sénatoriales 2026 : la candidature dissidente de l’écologiste Bruno Bernard va-t-elle changer la donne dans le Rhône ?
3min

Politique

« La première mesure sociale sera de garantir à tous les Français d'être prioritaires chez eux », défend Laurent Jacobelli

Lors de son meeting à Hénin-Beaumont ce dimanche, Marine Le Pen a mis l’accent sur le logement, et notamment sur sa volonté d’accorder une priorité aux citoyens français dans l’attribution des logements sociaux. « On a toujours fait de la priorité nationale une des pierres angulaires de notre politique sociale », explique le député RN Laurent Jacobelli.

Le

Ursula Von Der Leyen NATO Meeting In Brussels
5min

Politique

Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, sous pression

Après avoir reçu une lettre du président français, Emmanuel Macron, mardi 8 septembre, insistant sur la nécessité d’adopter un « texte européen » pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen reçoit aujourd’hui une nouvelle lettre ouverte de familles endeuillées demandant une meilleure mise en œuvre de la législation européenne sur les plateformes. La présidente est attendue le 16 septembre pour présenter ses annonces.

Le

Sénatoriales 2026 : la candidature dissidente de l’écologiste Bruno Bernard va-t-elle changer la donne dans le Rhône ?
4min

Politique

« Pour distribuer de la richesse, il faut la produire ! », estime le Nobel d'économie Philippe Aghion

Si Donald Trump a échoué à ravir le Nobel de la paix, lui a obtenu celui d’économie cette année, une consécration pour son modèle économique schumpétérien où la croissance est portée par l’innovation. De Nicolas Sarkozy à Emmanuel Macron en passant par François Hollande, tous ont eu droit aux conseils économiques du professeur passé notamment par Harvard. En quoi son modèle permet-il d’appréhender les révolutions technologiques actuelles ? Comment la croissance économique pourrait-elle profiter à tous ? Que retient-il du bilan des présidents de la République qu’il a conseillés ? Philippe Aghion était l’invité de Rebecca Fitoussi dans l’émission Un monde, un regard.

Le