Pour son premier discours de campagne, Marine Le Pen a choisi d’axer ses propos sur l’une des difficultés croissantes dans le quotidien des Français : le logement. Depuis son fief d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) pour sa traditionnelle rentrée politique, la candidate du Rassemblement national a détaillé ses propositions sur cette thématique ce dimanche 13 septembre.
La France compte un peu plus de 2,9 millions de ménages en attente d’un logement social, et moins d’une demande sur dix reçoit une réponse positive. Dans ce contexte de pénurie de l’offre, la solution de la candidate est la suivante : réserver prioritairement ces logements aux citoyens de nationalité française. « La première mesure sociale sera de garantir à tous les Français d’être prioritaires chez eux », a mis en avant le député RN Laurent Jacobelli ce 14 septembre dans la matinale de Public Sénat. « On a toujours fait de la priorité nationale une des pierres angulaires de notre politique sociale », s’est-il défendu, questionné sur ce qui semble être un retour aux fondamentaux idéologiques du parti. Concrètement, dans le cas où « il y a un candidat présenté par une famille française et un autre dossier présenté par une famille étrangère, la famille française passe avant », a-t-il exposé.
« Ce n’est pas anticonstitutionnel »
Le porte-parole de Marine Le Pen balaye pour autant les risques élevés de conformité du dispositif vis-à-vis des principes constitutionnels. « Ce n’est pas anticonstitutionnel, nous mettrons simplement une condition supplémentaire sur la nationalité. L’idée n’est pas d’interdire le logement social à d’autres que les citoyens français », a-t-il rétorqué.
Le député de Moselle ajoute que son parti, en cas de victoire en 2027, s’engagera à « desserrer l’étau » au niveau de la réglementation, pour relancer la construction et l’accession à la propriété. Plusieurs dispositions sont dans le viseur du RN : les normes environnementales RE 2020, le zéro artificialisation net (ZAN), ou encore la loi SRU sur les quotas de logements sociaux, qu’ils qualifie d’ « erreurs ». « Il faut garder quelques normes, évidemment, celles qui sont utiles. Tout ce qui est accessoire, il faut arrêter. »
Le programme du parti à la flamme prévoit aussi de faciliter les conversions de bureaux en logement, par une modification du régime fiscal, d’instaurer une portabilité du taux d’emprunt immobilier en cas de changement de logement, ou encore de durcir l’arsenal en matière d’expulsion d’occupants illégaux. « Aujourd’hui, vous avez tout un tas de recours, tout un tas d’astuces, que les squatteurs connaissent très bien d’ailleurs pour qu’ils ne quittent pas leur logement. »