Suppression de l’ISF: le Sénat mène sa propre évaluation, parallèlement à celle de l’exécutif
Attaché à son indépendance, mise en avant dans l'affaire Benalla, le Sénat a entrepris de réaliser sa propre évaluation de...

Suppression de l’ISF: le Sénat mène sa propre évaluation, parallèlement à celle de l’exécutif

Attaché à son indépendance, mise en avant dans l'affaire Benalla, le Sénat a entrepris de réaliser sa propre évaluation de...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Attaché à son indépendance, mise en avant dans l'affaire Benalla, le Sénat a entrepris de réaliser sa propre évaluation de réformes fiscales du gouvernement dont la suppression de l'ISF, totem que certains "gilets jaunes" veulent rétablir.

Lancée en début d'année, cette mission sénatoriale doit rendre ses conclusions à l'automne pour pouvoir proposer des amendements à la loi de finance, explique le sénateur LR Albéric de Montgolfier, rapporteur général du budget, confirmant une information de France Info.

Sauf surprise, le retour de l'Impôt de solidarité sur la fortune (ISF), remplacé par l'impôt sur la fortune immobilière (IFI) pour favoriser l'investissement dans l'économie française, ne devrait pas faire partie jeudi des annonces d'Emmanuel Macron.

"Sortir du grand débat par un grand débat sur la fiscalité du capital n'est pas la bonne réponse", a expliqué mi-mars le chef de l'Etat, se disant toutefois prêt à "reconditionner d'avantage la part de l'ISF supprimée (...) si l'objectif du retour ou du maintien du capital productif" n'était pas atteint.

Pour évaluer l'impact du dispositif, un comité d'évaluation a d'ailleurs été mis en place. Parmi ses quatorze membres figurent des économistes, personnalités qualifiées, représentants de l'administration et une député, Nadia Hai (LREM), mais aucun sénateur.

Sollicité par le gouvernement, le président du Sénat, Gérard Larcher, a préféré lancer sa propre mission d'évaluation avec le président de la commission des Finances du Sénat, Vincent Eblé (PS) et le rapporteur général du budget.

"Il n'y avait que deux parlementaires invités et nous n'avons pas vocation à nous intégrer à des groupes d'experts. Nous sommes là pour arbitrer, contrôler et trancher. Le parlement est pleinement dans sa vocation en menant une mission d'évaluation", défend Vincent Eblé, contestant toute provocation vis-à-vis de l'exécutif après la polémique sur l'affaire Benalla.

"Nous avons jugé préférable qu'il y ait une évaluation indépendante", confirme Albéric de Montgolfier soulignant que le groupe de travail de l'exécutif "est largement piloté" par Matignon et Bercy.

Disposant de pouvoirs d'investigation étendus qui les exonèrent du secret fiscal, les deux sénateurs ont déjà auditionné des experts, chefs d'entreprises, avocats fiscalistes. Des questionnaires ont été adressés à l'administration fiscale et une "enquête spécialisée" confiée à des organismes sélectionnés après un appel d'offre.

Sans préjuger des conclusions, Vincent Eblé rappelle que le 6e baromètre du don ISF-IFI, publié jeudi par Ipsos pour les Apprentis d'Auteuil, a mis en lumière que seuls 29% des bénéficiaires de la suppression de l'ISF ont orienté en 2018 l'argent économisé vers les entreprises.

"La détention d'actif improductifs comme les lingots d'or, les obligations d'un Etat étranger, est aujourd'hui exonérée alors que l'investissement dans de l'immobilier d'entreprise est taxée", pointe également le sénateur pour qui l'effet économique escompté par la réforme de l'ISF sera faible, voire inexistant.

Partager cet article

Dans la même thématique

France Paris Emmanuel Macron Leads National Tribute Ceremony for Lionel Jospin at Les Invalides
3min

Politique

Sondage : Emmanuel Macron toujours aussi impopulaire, Sébastien Lecornu fléchit légèrement

À un an de la fin de son deuxième mandat, le chef de l’État est encore considéré comme un mauvais président par 74% des Français, selon le dernier baromètre Odoxa pour Public Sénat. Une impopularité chronique depuis la dissolution de 2024. Plus à son avantage, à 33% de popularité, Sébastien Lecornu voit sa cote légèrement baisser par rapport au mois dernier.

Le

Paris: Conseil des Ministres Elysee
3min

Politique

Sondage : la présidentielle a déjà commencé pour une majorité de Français, qui approuvent l’organisation de primaires pour désigner les candidats

70% des Français estiment que la campagne en vue de la présidentielle 2027 est déjà lancée, d’après le baromètre Odoxa réalisé avec Mascaret pour Public Sénat. Une large majorité, tous bords politiques confondus, juge aussi positivement l’organisation de primaires pour départager les concurrents d’un même camp, tandis que leur choix se fera en « priorité » sur la base du programme et de la personnalité des candidats.

Le

FRA – RN – LEGISLATIVES – CONF DE PRESSE BARDELLA
4min

Politique

Popularité : Jordan Bardella en baisse, mais toujours en tête, Bally Bagayoko fait jeu égal avec Jean-Luc Mélenchon, selon notre sondage Odoxa

La patron du Rassemblement national perd trois points dans le dernier baromètre d’Odoxa pour Public Sénat, mais domine toujours le classement de popularité des personnalités politiques devant Marine le Pen. Un palmarès au sein duquel le nouveau maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko fait une entrée remarquée, à égalité avec Jean-Luc Mélenchon. De leur côté, Gabriel Attal et Bruno Retailleau enregistrent la meilleure percée du mois d’avril et se rapprochent d’Édouard Philippe.

Le