Alors que le débat enfle sur la taxation des superprofits et que le gouvernement songe à revoir sa copie sur le sujet, le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, menace de mettre fin au plafonnement des prix à la pompe, en vigueur depuis le début de la crise au Moyen-Orient. « En cas de surtaxe sur nos raffineries, qui sont par ailleurs souvent déficitaires, dans ce cas nous ne pourrons pas maintenir le plafonnement [des prix] dans nos stations en France », a notamment déclaré le patron du groupe dans une interview accordée au journal Sud-Ouest.
« Patrick Pouyanné dans cette interview ce matin est tout bonnement irresponsable »
Une menace qui ne passe pas auprès du Parti socialiste qui défend son projet de taxation des superprofits. « Patrick Pouyanné dans cette interview ce matin est tout bonnement irresponsable », estime Pierre Jouvet qui qualifie les propos du PDG de Total « d’antipatriotes ». Le député européen déplore une augmentation record des profits du groupe alors que « dans le même temps les prix à la pompe ont augmenté de 41 % ». La semaine dernière les députés socialistes ont déposé une proposition de loi pour taxer ce type de superprofits, visant les entreprises réalisant plus de 750 millions d’euros de chiffre d’affaires. Sur BFM TV, le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a demandé au gouvernement de ne pas céder « au chantage » de Total.
Alors que les socialistes ont présenté, le 22 avril, un document programmatique de 144 pages proposant notamment de porter le Smic à 1 690 euros, la taxation des superprofits s’inscrit dans cette logique de redistribution en faveur du pouvoir d’achat des ménages. « Total dans un moment de crise a pu augmenter ses marges et ses superprofits. Aujourd’hui quand on est dans un moment de grande difficulté pour les Français, on doit être en capacité quand on est une grande entreprise comme Total, de redistribuer et d’en donner plus », affirme le secrétaire général du PS. « Il est de la grande obligation des grands patrons de ce pays de faire preuve de patriotisme », conclut Pierre Jouvet.