illustration: petite Mairie et son drapeau francais.
La mairie de Manvieux, dans le Calvados. Crédit : SICCOLI PATRICK/SIPA

Une tribune signée Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christine Taubira appelle les femmes à « prendre le pouvoir » dans les intercommunalités

Avec seulement 12 % de femmes à la tête d’une intercommunalité, ces dernières restent exclues de ces postes clefs, en dépit de la parité. Une tribune, signée par Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Sandrine Rousseau et Christiane Taubira, dénonce la situation et appelle à changer la donne.
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Les élections municipales passées, une autre élection, moins médiatique, a lieu : celle pour les intercommunales. Entre présidences d’agglomérations, de métropoles, de communautés de communes, qu’on surnomme « com’ com’ », ce sont de nombreux postes importants, qui sont pour l’essentiel occupés par… des hommes.

Une tribune, publié ce vendredi dans Libération et intitulée « Intercommunalités : aux femmes de prendre le pouvoir ! », vient dénoncer cette situation. « Malgré des années de lois, de combats et de discours sur l’égalité, le pouvoir reste massivement masculin. Les chiffres sont là, implacables : en France, les femmes représentent plus de 40 % des élu·es municipaux, mais elles ne sont que 20 % des maires et à peine 12 % des présidentes d’intercommunalités. Autrement dit : plus on monte dans la hiérarchie, plus les femmes disparaissent », pointent les auteures de cette tribune, exclusivement des femmes.

« Ce n’est pas un hasard, c’est un système »

Le texte est signé par Sofia Boutrih, adjointe PCF à la ville de Saint-Denis-Pierrefitte, Cécile Duflot, directrice générale d’Oxfam France, la sénatrice PS et ex-ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes, Laurence Rossignol, l’ex-garde des Sceaux, Christiane Taubira, Clémentine Autain, députée L’Après de Seine-Saint-Denis, la députée Les Ecologistes Sandrine Rousseau, Eva Joly, Marie-George Buffet, ou encore Lilianne Assassi et Laurence Cohen, deux ex-sénatrices communistes.

Pour les auteures de la tribune, cette situation « n’est pas un hasard, c’est un système. Oxfam le dit clairement : seulement 24,7 % des postes clés de pouvoir local sont occupés par des femmes, et à l’échelle de tout le pays, elles ne représentent que 28 % des positions de pouvoir ». Or être à la tête d’une intercommunalité est important. Car « c’est là que se décident les grandes orientations : logement, transports, aménagement, développement économique, et c’est là que se concentre une part essentielle du pouvoir local ».

« La parité existe, mais elle s’arrête là où commence le pouvoir »

« La parité existe, mais elle s’arrête là où commence le pouvoir », ajoute le texte, « car pendant que les listes se féminisent, les postes stratégiques, eux, restent verrouillés : 72 % des délégations aux finances sont détenues par des hommes, et à l’inverse, 72 % des délégations sociales et 94 % de celles liées à la petite enfance sont confiées à des femmes. Aux hommes, le budget, et aux femmes, le social. Autrement dit, aux hommes, la décision, et aux femmes, l’exécution », dénonce la tribune. Si des femmes sont élues, « au moment de désigner celles et ceux qui dirigent vraiment, elles doivent encore trop souvent s’effacer, pour « l’équilibre », pour « l’unité », pour « laisser passer ».

Pour les auteures de la tribune, « ce troisième tour » de l’interco’ « ne peut pas être un nouveau recul. Nous appelons les femmes élues à se présenter, à briguer les présidences d’intercommunalités, à revendiquer les vice-présidences stratégiques, à refuser de se mettre en retrait pour préserver des équilibres qui se font presque toujours à leurs dépens ».

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