La réunion aura duré un peu plus d’une heure. A quatre mois des élections sénatoriales, la commission d’investiture (CNI) des Républicains a investi ses candidats aux sénatoriales dans quarante départements sur les 63 renouvelables en 2026. En Vendée, le département du patron du parti Bruno Retailleau, dans le Doubs, les Deux-Sèvres, en Gironde, en Seine-Maritime, Haute-Garonne, Haute-Vienne ou encore le Vaucluse, les sortants sont tous reconduit. « C’est pareil pour chaque élection, c’est une première CNI où on traite les départements qui ne posent pas de problème », explique l’un des membres de la commission.
Parmi les cas particuliers, en Gironde, LR devrait faire liste commune avec la sortante Nathalie Delattre, présidente du parti radical. En Seine Maritime, les Républicains ont investi la sortante Agnès Canayer, proche d’Edouard Philippe, mais rattachée au groupe LR.
« Il suffit d’une liste dissidente pour que ça change »
Aux élections sénatoriales qui se tiendront le 27 septembre prochain les grands électeurs, composés à environ 95 % des conseillers municipaux, constituent le corps électoral. Sur le papier, les LR craignent de perdre quelques sièges même si des terres de conquête se dessinent en Haute-Vienne avec la prise de Limoges et dans le Doubs avec celle de Besançon. « Il faudra attendre le dépôt de listes. C’est une élection qui se joue à quelques voix et il suffit d’une liste dissidente pour que ça change. Heureusement, ça existe à droite comme à gauche », rappelle l’élu cité plus haut.
Dans le département des Alpes-Maritimes, il ne devrait, par contre, pas avoir de surprise. La droite devrait perdre un ou deux sièges sur les cinq qu’elle détient. La faute aux avancées du RN et de son allié de l’UDR, avec Éric Ciotti qui a remporté Nice et qui devraient constituer un groupe parlementaire RN-UDR cet automne. Une première à la chambre haute. Dans ce département, RN et UDR « travaillent main dans la main » a indiqué, la semaine dernière le directeur de campagne du RN pour les sénatoriales Ludovic Pajot qui précisé que la tête de liste sera membre du parti d’Éric Ciotti. « Il y aura d’autres départements ou l’UDR aura la tête de liste », a-t-il ajouté.
Dans les Bouches-du-Rhône, Marie-Pierre Callet, ancienne vice-présidente de la LR Martine Vassal au département, sera tête de liste RN. Une prise de guerre à droite qui pourrait compliquer le jeu pour Les Républicains et la liste que compte mener le président de la région PACA, Renaud Muselier, ancien LR, encarté chez Renaissance. D’autant que la sortante, Valérie Boyer (LR), se verrait, elle aussi bien conduire la liste. Les investitures de ces deux départements seront tranchées dans quelques semaines.
« Les sénatoriales sont les seules élections ou les électeurs mentent plus que les candidats »
Une autre inconnue du scrutin réside dans la désignation des délégués dans les communes de moins de 9000 habitants où seule une partie des conseillers municipaux vote. Cette désignation se tiendra dans les communes concernées, ce vendredi 5 juin. « C’est une fois que vous connaissez le corps des grands électeurs que vous avez une vision de l’élection. Et vous pouvez avoir des manœuvres de certains, par exemple un élu proche du RN, qui dirait pour faire partie des délégués : moi, ça m’intéresserait de voter. Je ne l’ai jamais fait. Vous savez ce qu’on dit ? Les sénatoriales sont les seules élections ou les électeurs mentent plus que les candidats », rapporte le parlementaire cité plus haut.
La semaine dernière, Christopher Szczurek, sénateur RN du Pas-de-Calais a évoqué des « contacts » avec des sénateurs LR et centristes tentés pour rejoindre un nouveau groupe RN et UDR ? Une projection à laquelle ne croit pas notre parlementaire. « Ceux qui voulait partir sont déjà partis. Quand vous êtes dans un groupe minoritaire, vous regardez passer les trains. Même quand En Marche avait la majorité à l’Assemblée, son groupe au Sénat n’a jamais été mais été la charpente du palais du Luxembourg ».