« Les arrêts maladie, ça ne va pas. C’est 18 milliards d’euros, c’est beaucoup d’argent, un milliard d’euros de plus par an. Il y a 9 millions d’arrêts maladie, 10 % en quelques années de plus, ça ne va pas. » Auditionné au Sénat par la commission des affaires sociales, le ministre du Travail et des Solidarités est revenu sur les économies voulues par le gouvernement sur le champ des indemnités journalières.
Invité par le rapporteur général Olivier Henno (Union centristes et indépendants) à préciser le chantier à mener pour aboutir à un milliard d’euros d’économies sur ce segment, Jean-Pierre Farandou s’est livré sur le cahier des charges de la concertation proposée aux organisations syndicales et patronales pour aboutir à une réforme avant la fin de l’année. Les partenaires sociaux ont été officiellement saisis la semaine dernière.
« Quelque chose qui n’est pas sous contrôle »
« On demande une réforme aux partenaires sociaux pour moins protéger les arrêts courts, pour moins inciter aux arrêts courts, peut-être mieux protéger les arrêts longs », a détaillé l’ancien patron de la SNCF, convaincu qu’il existe des « abus », « notamment sur les arrêts courts ». « Comme ils sont courts, vous n’avez pas le temps de contrôler, le temps que la machine se mette en place en deux-trois jours, ça ne marche pas. Donc de facto, c’est quelque chose qui n’est pas sous contrôle », a-t-il déclaré.
« On voit bien que dans la vox populi, un arrêt maladie, c’est comme un congé. Je pose un arrêt maladie. Non, c’est un congé que l’on pose, un arrêt maladie, on ne pose pas », s’est étonné le ministre.
Trois millions de travailleurs « mal couverts »
Jean-Pierre Farandou veut aussi travailler sur les « réponses médicales » pour réduire le recours aux arrêts maladie. « Il y a des moyens thérapeutiques de réduire la durée des arrêts longs, notamment les troubles musculosquelettiques et sur les dépressions. »
L’un des autres axes mis en avant par la rue de Grenelle est la protection de travailleurs aujourd’hui « mal couverts ». Le ministre a évoqué la situation de trois millions de salariés, de travailleurs indépendants, ou encore d’intérimaires.
Un troisième volet concerne les prescriptions par les médecins. « Il y a des médecins qui arrêtent plus longtemps que les recommandations de la Haute Autorité de santé », a-t-il pointé du doigt.
Deux mois de travaux sont donc lancés. Citant l’accord national interprofessionnel trouvé au début de l’année sur l’évolution de la rupture conventionnelle, pour un milliard d’euros d’économies, Jean-Pierre Farandou a dit sa « confiance dans la capacité des partenaires sociaux à converger ».