Plus des deux tiers des enfants âgés de 10 à 14 ans sont favorables à une interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, selon une étude de l’Arcom, régulateur de l’audiovisuel et du numérique. Réalisée début juin, l’étude a interrogé 1 012 enfants sur le sujet, avant l’adoption par le Parlement de la loi sur l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans. La mesure sera applicable à partir de septembre.
Les enfants « sont demandeurs d’une protection qui vient de l’extérieur […] même s’ils ont quelques doutes sur l’efficacité immédiate » de l’interdiction, a déclaré auprès de l’AFP le président de l’Arcom, Martin Ajdari. 67 % des enfants sondés affirment qu’ils respecteront la loi.
Le risque des contournements
Si une majorité des enfants interrogés disent vouloir respecter l’interdiction des réseaux sociaux, 33 % indiquent qu’ils trouveront des moyens de contournement.
Le texte voté par l’Assemblée nationale et le Sénat ne détaille pas les mesures de contrôle de l’âge qui pourraient être utilisées. L’Australie, qui a adopté une loi semblable pour les moins de 16 ans depuis décembre 2025, fait face à ces problèmes de contournements. Les méthodes sont nombreuses : l’utilisation d’un VPN pour se localiser dans un autre pays, création d’un faux compte ou encore renseigner une fausse date de naissance. 64 % des mineurs interrogés par l’étude précisent qu’ils utiliseront cette dernière méthode. 27 % d’entre eux assurent qu’ils se feront même aider par leurs parents.
Aucune sanction pour non-respect de l’interdiction n’est prévue dans la loi française. Elle ne peut également pas imposer aux plateformes une vérification d’âge, compétence réservée à l’Union européenne. À voir comment le gouvernement transformera cette loi inédite en Europe en mesure réellement efficace.
Bahia Bricaud