Livraisons d’armes en Ukraine : « Les Occidentaux devraient être plus coordonnés et plus discrets », estime Jean-Louis Bourlanges
Invité de notre matinale, Jean-Louis Bourlanges est revenu sur la situation en Ukraine, un an après le début du conflit. Il estime que la France a tenu son rôle sur les livraisons d’armes, mais que les Occidentaux devraient arrêter les « enchères » publiques à ce sujet, et que les négociations de paix ne viendront qu’une fois qu’un rapport de force déséquilibré aura été établi.

Livraisons d’armes en Ukraine : « Les Occidentaux devraient être plus coordonnés et plus discrets », estime Jean-Louis Bourlanges

Invité de notre matinale, Jean-Louis Bourlanges est revenu sur la situation en Ukraine, un an après le début du conflit. Il estime que la France a tenu son rôle sur les livraisons d’armes, mais que les Occidentaux devraient arrêter les « enchères » publiques à ce sujet, et que les négociations de paix ne viendront qu’une fois qu’un rapport de force déséquilibré aura été établi.
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« Je n’avais absolument pas prévu le 24 février dernier que la résistance de l’Ukraine prendrait ce tour. » Jean-Louis Bourlanges est un fin connaisseur des relations internationales, mais qui aurait pu prédire, il y a tout juste un an, que l’Ukraine serait dans sa position actuelle un an plus tard ? « Il s’en est fallu de peu que le coup de main initial de Poutine fonctionne », rappelle tout de même le président de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale. « Mais depuis un an on a vu une résistance héroïque et d’une remarquable intelligence des Ukrainiens. Ce n’est pas le moment de relâcher notre effort de solidarité sous toutes ses formes. »

Livraison d’armes : « Ce qui ne m’a pas plu, c’est l’impression d’enchères publiques »

À cet égard, Jean-Louis Bourlanges ne met pas en cause l’action de la France et du monde occidental : « Je crois qu’on fait beaucoup de choses. Ce que l’on fait est très apprécié, parce que l’on transmet du matériel de grande qualité, que l’on délivre à l’heure. » En revanche, ce qui n’a « pas plu » au député MoDem, c’est « l’impression d’enchères publiques pour dire qui donne des chars, des avions » à l’Ukraine. « Les Occidentaux devraient être plus coordonnés, plus mobilisés et plus discrets. Cela devrait être quelque chose de réglé entre nous, il ne faut pas que ce soit une sorte de foire à tout. C’est ce que l’on fait, mais ça doit être fait plus rigoureusement », ajoute-t-il.

Sur la question de la livraison d’avions de combat, qui a récemment fait débat, Jean-Louis Bourlanges reste un peu dubitatif : « Je ne suis pas un spécialiste des questions militaires, mais ce que disent les spécialistes, c’est que le ciel ukrainien est contrôlé par les Ukrainiens, et les Russes n’arrivent pas à y pénétrer, que le ciel russe est contrôlé par les Russes. Le problème numéro 1 ce sont les missiles, et il faut ensuite des pilotes : la première urgence c’est de former les pilotes Ukrainiens aux Mirages. »

« L’avenir de la paix en Ukraine dépend du rapport de force militaire »

Un an après le début du conflit, le président de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale estime que « l’avenir de la paix en Ukraine dépend du rapport de force militaire » : « Je ne vois pas du tout comment on peut avoir la paix à l’heure actuelle : ni les Ukrainiens, ni les Russes ne peuvent trouver un terrain d’entente. Il faut aider les Ukrainiens à gagner leur guerre, c’est-à-dire libérer leur territoire. La modification d’un rapport de force en faveur de l’Ukraine, c’est la condition d’une négociation. »

Une fois le rapport de force militaire établi, d’un côté ou de l’autre, viendra donc la négociation. « À partir du moment où l’on ne veut pas porter la guerre en Russie, on n’a pas le choix de l’interlocuteur que l’on aura demain. On a en face de nous quelqu’un, qu’il nous plaise ou pas, avec lequel il faudra causer. Mais pour l’instant, il n’y a rien à lui dire. Ce moment viendra si nous obtenons un rapport de force favorable, ou si nous sommes acculés dans un rapport de force défavorable, mais ça, nous n’en prenons pas le chemin. »

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